La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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samedi 21 avril 2018

Blonde de Joyce Carol Oates - Chronique n°410

Titre : Blonde
Auteure : Joyce Carol Oates
Genre : Biographie (mais c'est plus compliqué que ça) | Contemporaine
Lu en : anglais
Editions : HarperCollins
Résum
é : In this ambitious book, Joyce Carol Oates boldly reimagines the inner, poetic, and spiritual life of Norma Jeane Baker—the child, the woman, the fated celebrity and idolized blonde the world came to know as Marilyn Monroe. In a voice startling, intimate, and rich, Norma Jeane tells her own story, that of an emblematic American artist—intensely conflicted and driven—who has lost her way. A powerful portrait of Hollywood's myth and an extraordinary woman's heartbreaking reality, Blonde is a sweeping epic that pays tribute to the elusive magic and devastation behind the creation of the great twentieth-century American star.

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Existe également en français

Titre : Blonde
Editions : Le Livre de Poche

Résumé"La Belle Princesse est condamnée à chercher dans les yeux des autres la confirmation de sa propre existence." Cette phrase résume bien la Marilyn étonnamment inédite que propose une grande dame de la littérature américaine. Il s'agit bien ici en effet de littérature : Joyce Carol Oates se glisse dans la peau de la star qu'elle interprète à sa manière, ignorant délibérément certains épisodes, en ajoutant consciemment d'autres. La star qu'on rencontre incarne avant tout une petite fille nommée Norma Jean, née de père inconnu, dans une famille frôlant la folie. Une jeune fille qui fit tout pour s'en sortir. Sans concession et admirablement raconté, le portrait fort et militant d'une grande actrice qui fut d'abord une femme victime d'un monde d'hommes. 

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Some books please us. Some books amuse us. 
And some books change us. 

And Blonde is one of the latter. 

This might be quickly described as a biography, but it is much more than that. 
If I were to put words on it, I would say it's a combination of a literary fiction, but also a game with reality, with a touch of myth deconstruction and an analysis of the limits of the human mind.
And this mixture forms an incredible, never-seen-before, unforgettable book, with surpasses even the concept of book, and becomes a true literary, human and sensorial experience. 

From the very first page and until the very last one, the reader gets lost and amazed by Oates' unique and whimsical writing. She manages to keep constant its interest towards the book during hundreds of pages, and even to increase it as the tension escalades and the ineluctable ending approaches. 

I had never seen before an author master to that level the art of shifting between different points of vue, by creating some, combining others, sometimes leaving unclear who exactly is speaking, but always managing to reach the right level of emotion, the essence of the character, the exact thing the narrator means. And that's what's most difficult in this weird job of writing fiction. Getting it. The desperation, or the hope. Anger, vertigo, disorientation, dizziness, euphoria, it's all there, in those poetic and almost magical words that might come from Norma Jeane herself, from God, from the devil, from this annoying voice in her head, from Death, from anyone. 

I had never rooted with such passion for a character before whilst knowing he's on the road to his own ruin. I had almost never felt so deep and so hard for an individual whose story took place miles and decades away from me, whom I share so little with, whom I would never have been able to meet. But still, I was with her, I followed her in health but mostly in sickness, I lamented her - multiple - poor decisions, I was under the impression that I understood her in her entirety, that I was beyond the legend that has been built around her, that I had transcended the myth to grasp the human being. 
And that's thanks to Oates' mastery. 

The book perfectly unravels Marilyn's life at both a microscopical and a macroscopical level:  her intimity, and the system around her, the machinery that will absorb her name, her past, and then her health and her individuality. It's terrifying. It's fascinating. 

I'm not afraid to say it's one of the best novels I have ever read, and I already know I will reread it in the future. Blonde was a revelation to me, both as a reader and as an aspiring writer. Never before had I experience such an immersion, such a violence withing a book also, and such involvement from an author in his own work. This book bursts with passion and sin, grandeur and dishevelment, sublime and horror. 

Blonde was a tremendous bet, and not only did it win it, but it even surpassed it. This is fiction, yes, but it sounds so right, so cleverly-crafted at all points that when closing it, one cannot but believe that's how it happened. 

Don't wait anymore. Drop everything. Read the damn book.

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Certains livres nous plaisent. Certains livres nous amusent. 
D'autres nous changent.
Et Blonde en fait partie. 

Blonde, c'est un roman imposant aussi bien par son sujet que par sa forme : une biographie romancée de l'icône qu'est devenue Marilyn Monroe, développée en près de 1000 pages dans une prose foisonnante et quasi chaotique. 

On pourrait s'arrêter au terme de biographie, mais Blonde est bien plus que cela, à la fois fiction littéraire, exploration des limites du réel, déconstruction d'un mythe et dissection minutieuse des méandres de l'esprit humain. Et tout cela forme un mélange aussi inédit que marquant, une véritable expérience littéraire, humaine et sensorielle. 

De la première à la toute dernière page, on est happé et troublé par la plume lyrique et quasi mystique d'Oates, qui parvient à maintenir une tension non seulement constante mais croissante au fur et à mesure que le dénouement inéluctable se rapproche. C'est une écrivaine au talent comme on en voit peu, notamment en ce qui concerne la maîtrise des différents points de vue, sans doute l'exercice le plus périlleux de ce drôle de métier qu'est écrire de la fiction. Elle parvient à la perfection à alterner entre différentes perspectives, à en créer, à laisser planer le doute sur l'entité qui s'exprime, mais surtout à saisir l'essence de chacune, ce qui la motive, ce qu'elle croit profondément. Elle saisit ça, ce qui compte, l'espoir ou le désemparement, l'euphorie ou les tréfonds de la dépression, l'angoisse, le vertige, elle les met dans ses mots déstabilisants mais toujours si justes, qu'ils viennent de Norma Jeane, de la petite voix dans sa tête, de Dieu, du diable, de la Mort, de n'importe qui. 

Il est également impressionnant de voir à quel point on s'attache à un personnage avec qui on ne partage rien, qui a vécu à des kilomètres et des décennies de soi, que l'on ne connaît pas et que l'on ne connaîtra jamais au-delà de la légende que les années ont forgé autour de lui. 
Et pourtant. 
Et pourtant le charme de la littérature opère, les mots font sens et donnent sens, et on est avec Marilyn - on est Marilyn ? -, on la soutient, on la supporte, on la perd, on la comprend au point de ne plus parvenir à imaginer que les événements aient pu se dérouler autrement une fois le livre refermé.  On a le sentiment de transcender la légende pour enfin atteindre l'être humain, Norma Jeane, ou Marilyn, l'actrice blonde, peu importe le nom qu'on lui donne, si fragile, si humaine, bien loin du monstre de beauté des néons et des affiches hollywoodiennes. On comprend surtout particulièrement bien son environnement, grâce au talent avec lequel Oates décortique aussi bien l'intimité de l'actrice que le système qui la surplombe et va petit à petit la vider de sa substance, en lui prenant son nom, son libre-arbitre, sa santé, sa raison de vivre. 

C'est terrifiant. C'est maîtrisé. C'est fascinant. 

Je n'ai pas peur d'affirmer qu'il s'agit de l'un des meilleurs romans que j'aie eu l'occasion de lire, et je sais déjà que je le relirai, pour sa richesse, sa complexité, l'impression qu'il a fait sur moi. Blonde agit comme une révélation, révélation du réel, révélation artistique, mystique presque, un récit débordant de passion, de pouvoir, de folie douce ou furieuse, d'une violence saisissante, de dévouement de la part de son auteure. Grandeur, décadence, beauté, perte, tout se mêle, se sublime et se dégrade. C'était un pari risqué, mais ô combien réussi, et ce d'une façon ô combien intelligente. 

Qu'est-ce que vous faites encore là ? Allez, on lâche tout, et on va lire cette merveille.


mercredi 18 avril 2018

Le Dernier Royaume acte V : L'Ouragan de Cristal de Morgan Rhodes - Chronique n°409

Titre : Le Dernier Royaume acte V - L'Ouragan de Cristal 
Auteure : Morgan Rhodes
Genre : Fantasy
Editions : Michel Lafon
Lu en : français
Nombre de pages : 421

Ce résumé déborde de périlleux spoilers, donc ne le lis pas si tu n'as pas lu les 4 tomes précédents, jeune Padawan, mais sache que ma chronique est complètement dépourvue de ces terribles divulgachâges !

Résumé : MAGNUS et CLEO devront tester la force de leur amour face au retour du terrible roi du Sang, en quête de rédemption.
LUCIA, enceinte de l'enfant d'une Sentinelle, est prête à tout pour accomplir la prophétie qui assurera la survie de son enfant, avant que la magie en elle s'éteigne définitivement.
AMARA a pris le trône de Mytica de force mais se retrouve dans l'incapacité de déchaîner la magie de l'Eau du cristal qu'elle a volé. Sans ce pouvoir, la gloire et la vengeance restent hors de portée.
JONAS, de retour à Mytica, souhaite renverser Amara, mais le destin le pousse sur le chemin de la belle princesse Lucia qui entraîne le rebelle dans une périlleuse aventure.

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Un grand merci aux éditions Michel Lafon et en particulier à Camille pour cet envoi !

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J'avais besoin d'une histoire prenante, bien ficelée, pas forcément la plus originale dans sa forme ou dans son fond, mais une véritable plongée dans un univers. Et s'il y a bien une auteure qui parvient à ce résultat, et ce depuis quatre romans, c'est Morgan Rhodes.

Son histoire n'a a priori rien de folichon, son écriture non plus, et pourtant, par une certaine constance, le charme opère. Encore une fois, il y a bien plus original, la plume est parfois un peu plate, et on peut trouver des titres qui prennent plus de risques, mais il faut reconnaître au Dernier Royaume une efficacité redoutable, un rythme parfait et surtout un travail des personnages aux petits oignons. Cette saga tient ses promesses, s'améliore même au fil des tomes en assombrissant son ton à chaque fois, et n'a jamais échoué à offrir divertissement, frissons et enthousiasme à ses lecteurs. Et c'est ce dont j'avais besoin.

Morgan Rhodes a le sens du récit, des transitions, de l'attente, et sait multiplier les points de vue en veillant à ce qu'aucune confusion ne puisse être possible pour le lecteur. Les péripéties se multiplient de façon bien dosée et toujours saisissante, les révélations et autres coups de théâtre qui font le sel de la saga ne manquent jamais de survenir lorsque l'on les attend le moins, et le résultat est pour le moins détonnant. 

Les personnages sont indéniablement la force de cette hexalogie - un sixième tome viendra en effet conclure la série - : leurs personnalités sont hautes en couleur, plutôt bien nuancées, et évoluent surtout de façon crédible et juste depuis le premier volume. La romance avait parfois eu tendance à prendre un peu trop le pas dans les tomes 3 et 4, mais ici l'action reprend bel et bien sa place, laissant la part belle aux complots politiques, et étendant toujours l'ambition du récit. 

Je parlais plus haut de constance, et c'est bien cela qui frappe le plus avec cette série dont l'avant-dernier tome est à l'image des autres : la cohérence des personages, la façon extrêmement plaisante dont les différentes intrigues se rejoignent, le sentiment de surprise mais aussi d'approbation que l'on éprouve face à la tournure des événements, tout fait preuve de cette application, non pas scolaire, mais sincère. 

Tempête de Cristal était donc une lecture profondément satisfaisante dans le sens où elle apporte toute l'immersion, les rebondissements et les intrigues politiques qu'on attend d'elle. Pas de réinvention du genre ou de prise ultime de risque, mais c'est de la high fantasy comme on l'aime, et mine de rien, on a aussi besoin de récits pleins d'aventures magiques, d'alliances machiavéliques et de trahisons assassines, surtout lorsqu'ils sont bien exécutés comme ici.

samedi 7 avril 2018

Shorba - L'Appel de la Révolte de Gaspard Flamant - Chronique n°408

Titre : Shorba - L'Appel de la Révolte
Auteur : Gaspard Flamant
Genre : YA | Contemporain
Editions : Sarbacane (collection Exprim')
Lu en : français
Nombre de pages : 215
Résumé : 
Depuis qu'on a abandonné le lycée, il nous reste pas grand- chose, à part le pied des tours. Nous, c'est mes deux potes et moi, Shorba.

Mais on a rencontré Léo, et tout a changé.
Léo, c'est un gars de trente balais, un gauchiste vraiment pas de notre monde. Il nous montre des choses qui se passent juste à côté de chez nous mais qu'on n avait jamais vues. Il nous apprend plein de trucs des trucs de militants. On danse dans des bidonvilles, on rencontre des sans-papiers. Et pour finir, on a décide d'ouvrir un squat dans une villa de bourges pour aider les migrants.
En vérité, pour Shorba, petit rebeu de Vénissieux, cette rencontre avec Léo, c'est une putain de Révolution.
 

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Un grand merci aux éditions Sarbacane et en particulier à Lucie pour cet envoi !

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Shorba et ses amis ne sont pas allés au lycée depuis des mois. Au lieu de ça, ils traînent leur ennui et leur désillusion au pied de leur immeuble, en fumant des joints, parce que ça fait passer le temps plus vite. 
Mais ça, c'était avant de rencontrer Léo. 

Léo, et sa tête de hippie et de paysan à la fois, Léo et ses projets un peu fous  mais carrément enthousiasmants, Léo qui a l'air d'en avoir bavé, Léo qui les entraîne petit à petit au-delà de leur zone de confort, dans un quasi rite d'initiation à ce que signifie être humain, et plus largement, vivre et se révolter. 

Shorba, c'est cette lente et bouleversante transition entre désoeuvrement et engagement, lassitude et conviction, sécession et communion. C'est une histoire portée par une plume brute, sans fards, qui investit à la perfection la voix de Shorba, à un rythme qui fait mouche : un peu décousu parfois comme peuvent l'être nos pensées, saccadé comme nous le sommes lorsqu'un projet nous enflamme, mélancolique comme lors de ces instants de doute ou de simple calme plat que nous connaissons tous.

C'est un roman qui réussit de façon saisissante à faire s'identifier son lecteur à un personnage avec lequel il ne partage pas forcément grand-chose. Pour en revenir de façon bien égocentrique à ma petite personne, comment faire en sorte que moi, jeune fille parisienne qui vit dans des conditions privilégiées et qui a la chance de faire les études qu'elle a choisies, je puisse m'identifier à Shorba, que je n'aurais jamais rencontré si jamais il avait réellement existé, et de qui tout me sépare ? Mission a priori impossible, non ? 


Et c'est pourtant là que le miracle opère, que le roman prend tout son sens. On n'a rien en commun, et pourtant on se comprend, on partage ces quelques 200 pages en empathie absolue avec le narrateur, dans un combat universel, celui de donner un sens à sa vie et de laisser les autres lui en donner un.
On se retrouve immergé en prison, dans des braquages, au pied d'une barre d'immeubles HLM, dans un squat où des familles de réfugiés peuvent s'abriter, dans des situations qu'on a trop souvent tendance à résumer à une ligne froide et impersonnelle dans un article de journal. Elles ne sont pas idéales, loin de là, mais elles sont humaines, et rien que pour cela et à cause de cela, on leur doit intérêt, analyse, réflexion. Et c'est ce qu'accomplit Shorba, un texte qui rend hommage non pas à la tolérance mais bien à la communion. 


Et on a besoin de romans comme Shorba, parce que c'est ce qu'un récit peut nous offrir de meilleur, l'exemple pur et parfait du grand paradoxe qu'est la littérature : il n'y a rien de tel que la fiction pour donner vie et rendre justice au réel. 

On a besoin de romans comme Shorba, parce que cette histoire vient accoler le terme "révolte" à celui "d'humanité", et vient nous extirper de cette passivité satisfaite dans laquelle il est si facile de se complaire. 

Alors lisez ce livre, bon sang de bonsoir. 



lundi 2 avril 2018

Bilan du mois [Mars 2018]

Bonjour à tous !

Mars a encore une fois été un mois très dense, avec une première quinzaine où je n'ai que très peu lu à cause de multiples événements et autres empêchements, puis une deuxième où je me suis rattrapée avec délices. Il ne me reste désormais plus qu'à plonger dans le déni du fait que je vais avoir de plus en plus de travail avec la fin du semestre, et lire de façon toujours plus déraisonnée, parce qu'il y a tant de livres que je voudrais lire et si peu de temps pour le faire

En ce qui concerne le blog, je réfléchis de plus en plus à de nouveaux formats, à des thèmes différents - la littérature est l'amour de ma vie mais elle n'est pas le seul. Je pratique la polygamie culturelle - des billets d'humeur, bref, j'aimerais que ça bouge. NOUS VERRONS BIEN.
Voici donc mes dix lectures du mois : 

Le coup de cœur du mois...
Blonde de Joyce Carol Oates : un roman assez hors-normes qui retrace la vie de Marilyn Monroe en brisant complètement les codes de la biographie, poussant l'extrapolation jusqu'aux limites de la fiction sans jamais non plus l'atteindre, le tout servi par une plume assez incroyable de maîtrise et un potentiel d'immersion inouï. Je n'ai jamais rien lu de pareil. 

J'ai adoré...
Eugenia de Lionel Duroy : un roman historique extrêmement prenant au contexte et aux problématiques originales - Roumanie, Seconde Guerre mondiale, intolérance, intégrité et engagement artistique - et traités de façon vraiment satisfaisante. Les personnages pâtissent un peu de la richesse du fond, mais bon, en toute honnêteté ce n'est pas tant un défaut du roman qu'un choix de l'auteur. 
J'ai égaré la lune d'Erwan Ji : bon, alors, pour être honnête, je l'ai lu il y a deux mois, mais comme il n'est sorti qu'en mars, je ne vous en reparle que maintenant - et puis depuis que je l'ai terminé, j'en ai déjà relu quelques passages que j'aime beaucoup, alors voilà, ça compte pour mars. ET J'ADORE CE LIVRE. Il fait fondre mon petit coeur et briller mes yeux. Je vous en reparlerai plus amplement, parce qu'il le mérite. Erwan Ji parvient à la fois à reprendre ce qui rendait J'ai avalé un arc-en-ciel savoureux, mais offre en même temps un livre vraiment différent, plein d'idées, de personnages et de décors nouveaux, et d'une multitude de surprises exquises. J'ADORE. 

J'ai beaucoup aimé...
The Song of Achilles de Madeline Miller : une réécriture de l'Iliade centrée sur la relation entre Patrocle et Achille -  la nature de cette relation était d'ailleurs l'une des obsessions majeures de ma professeure de grec ancien de première. Hommage à elle si par un hasard inexpliqué elle passe par ici -, très prenante, surtout dans sa dernière partie, qui arrive particulièrement bien à nous faire vibrer pour Patrocle, un personnage sur lequel on s'attarde généralement assez peu et qui a ici droit à un portrait tout en finesse et en aspérités.
Shorba - L'Appel de la révolte de Gaspard Flamant : encore une réussite Exprim' - y a-t-il encore besoin de le préciser ? - pour un roman puissant, concret, sensoriel, qui fait appel au coeur et au corps du lecteur, à ses instincts, à ses élans, à ses aspirations. ET ON ADORE. 
The Shape of Water de Guillermo del Toro et Daniel Kraus il s'agit bel et bien d'un roman à part entière et non pas du script du film : le projet est double, même si on a bien plus entendu parler du long-métrage que du livre... Et pourtant je dois avouer que j'ai de loin préféré le roman au film, notamment parce qu'il permet de bien mieux comprendre les personnages et leurs intentions, et qu'il offre énormément de détails essentiels pour qui cherche à vraiment plonger - sans mauvais jeux de mots - dans cette histoire onirique. Les deux sont complémentaires : le roman manque peut-être de cette capacité à créer des visuels, une imagerie iconique, le film manque d'aspérités en général et de complexité chez ses personnages. 

J'ai bien aimé...
See you in the Cosmos de Jack Cheng : un roman jeunesse très réussi, au héros atypique et touchant, dont l'auteur excelle à retranscrire le point de vue d'un petit garçon solitaire, transporté par ses propres rêves et contraint de grandir trop vite...
Sauveur et fils saison 4 de Marie-Aude Murail : la saga s'essouffle un peu mais reste délicieuse à savourer, avec des personnages auxquels on s'attache de plus en plus et un ton toujours aussi bienveillant. 
Les Prix d'Excellence de Régis Wargnier : une lecture ambitieuse et prenante dont le style un peu explicatif - l'auteur vient du cinéma, ceci explique cela - m'a parfois un peu dérangée, mais dont je ressors dans l'ensemble très satisfaite. 


Je suis mitigée...
Pourquoi y a-t-il des inégalités entre les hommes et les femmes ? de Soledad Bravi et Dorothée Wagner : soyons clairs, j'adore Soledad Bravi, je la vénère, elle m'inspire, et je ne peux que saluer la démarche de ce petit ouvrage qui propose de retracer la chronologie des inégalités entre femmes et hommes. Et le tout est en soi bien réalisé, distrayant, simplement je regrette vraiment la superficialité du propos et le manque d'approfondissement, même si je réalise bien que l'idée est plutôt d'offrir une première lecture à des "non-initié.e.s". Pourquoi pas donc si vous n'avez jamais rien lu sur le sujet, auquel cas vous serez sans aucun doute intéressé, mais si vous avez un peu plus de connaissances, vous n'apprendrez pas grand-chose.
Même si bon, les dessins de Soledad Bravi sont toujours un délice. 

Sur ce, je vous souhaite un excellent mois d'avril ! 

vendredi 30 mars 2018

Eugenia de Lionel Duroy - Chronique n°407

Titre : Eugenia
Auteur : Lionel Duroy
Editions : Julliard
Genre : Historique
Lu en : français
Nombre de pages : 504
Résumé : À la fin des années trente, parce qu’elle est tombée sous le charme d’un romancier d’origine juive, Eugenia, une jeune et brillante étudiante roumaine, prend soudain conscience de la vague de haine antisémite qui se répand dans son pays. Peu à peu, la société entière semble frappée par cette gangrène morale, y compris certains membres de sa propre famille. Comment résister, lutter, témoigner, quand tout le monde autour de soi semble hypnotisé par la tentation de la barbarie ?
Avec pour toile de fond l’ascension du fascisme européen, ce roman foisonnant revient sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, l’effroyable pogrom de Jassy. Portrait d’une femme libre, animée par le besoin insatiable de comprendre l’origine du mal, ce livre est aussi une mise en garde contre le retour des heures les plus sombres de l’Histoire.

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Ce roman est une petite prouesse à lui tout seul. Un roman historique captivant, facile d'accès, qui a le mérite d'éclairer un aspect méconnu de la Seconde Guerre mondiale tout en ouvrant des pistes de réflexion passionnantes, pour un résultat dense mais qui vaut la peine d'être découvert. 

Si vous prenez l'excellente et avisée décision de découvrir ce roman, vous ferez la connaissance d'une jeune étudiante roumaine nommée Eugenia - sans blague -, dont l'histoire commence le jour où elle rencontre l'écrivain juif Milhail Sebastian. Encore toute gauche et immature, elle va tisser une relation complexe mais incroyablement enrichissante avec cette figure torturée de la littérature roumaine - dont elle va évidemment tomber passionnément amoureuse - et aux côtés duquel elle va vivre une décennie de guerre, d'occupation, et surtout de violences physiques comme idéologiques. Le lecteur vit les désillusions d'Eugenia en même temps qu'elle, se heurte petit à petit à la réalité d'une société où la haine s'est répandue comme une pandémie, et ne peut que se passionner pour ce véritable cheminement intérieur d'une jeune femme issue d'une famille conservatrice qui va petit à petit parvenir à son émancipation intellectuelle. 

Mais Eugenia ne raconte pas vraiment l'histoire d'Eugenia. Enfin, pas que. 
Le roman veut aller au-delà. 

On a en effet vite que ces personnages ne sont que des prétextes pour cette formidable reconstitution historique, des prétextes de qualité, certes, mais des prétextes, dans le sens où l'auteur ne s'attarde guère sur leurs destins particuliers. Eugenia, Milhail et les autres ne sont jamais négligés, mais ils n'ont pas non plus la part belle du récit, et en refermant ces 504 pages, on se sent capable de faire le récit complet de la Roumanie sous la Seconde Guerre mondiale, mais beaucoup moins de dresser le portrait psychologique d'Eugenia...
Et ce n'est pas mal en soi, il y avait un choix à faire, et Duroy a fait celui du contexte. Il faut donc s'attendre à un roman plus historique qu'intimiste, à visée plus "universelle" que personnelle. Le fait que l'on connaisse dès les toutes premières pages l'issue de l'histoire entre Milhail et Eugenia y est aussi pour quelque chose : le ton est donné, l'essentiel n'est pas dans cette fiction mais bien dans le cadre dans lequel elle s'ancre, avec ses enjeux historiques et surtout moraux.  

Duroy parvient à transmettre une quantité assez monumentale de savoirs et de réflexions sur l'histoire de la Roumanie entre 1938 et 1945, et ce sans trop de lourdeurs. Certes, certains passages se retrouvent assez "désincarnés", et relèvent surtout du récit historique, mais le tout se lit avec fluidité et intérêt, d'autant plus que demeure malgré tout en arrière-plan l'intrigue plus romanesque d'Eugenia, qui vient rythmer et faire respirer le récit. 

Mais le véritable intérêt de ce roman, en plus de sa solide documentation historique, reste la façon dont il titille la réflexion du lecteur. Il y a bien sûr la double lecture évidente qu'il crée entre l'exclusion des Juifs et celles d'autres minorités d'aujourd'hui, notamment les réfugiés, mais c'est, à vrai dire, un double sens un peu galvaudé qui manque parfois de subtilité. 

L'essentiel est ailleurs, dans la façon dont l'histoire d'Eugenia nous interroge sur la diffusion épidémique de l'intolérance, du cheminement des idéologies dans l'esprit des hommes, de la mécanique de la haine. Eugenia est celle qui se dresse à sa toute petite échelle contre la barbarie, ramenant le lecteur à cette interrogation perpétuelle sur l'origine du mal, la possibilité du bien et de l'acte de révolte. Duroy incorpore par ailleurs toute une dimension assez unique sur le rôle particulier que peuvent respectivement jouer le journaliste et l'écrivain dans ce genre de crises : quel équilibre trouver entre compromission et engagement, comment s'engager sans menacer sa survie ou celle des siens, comment convaincre, comment changer le cours des choses lorsque l'on n'a que sa plume et des éditeurs frileux ? Autant de questions qui travaillent nos sociétés actuelles, et qui me donnent envie de vous pousser à découvrir les réponses que propose Eugenia



vendredi 23 mars 2018

Sauveur et Fils saison 4 de Marie-Aude Murail - Chronique n°406

Titre : Sauveur et fils saison 4
Auteure : Marie-Aude Murail
Editions : l'Ecole des Loisirs
Genre : Contemporain | YA
Lu en : français
Nombre de pages : 299
Résumé : Je me garde une marge de surprise dans l'écriture de mes romans. Sauveur laisse ses patients raconter des histoires qui ne sont pas celles que le lecteur attend. Ni moi non plus. En ouvrant la porte de la salle d'attente, je ne savais pas ce que contenait le gros sac en skaï que madame Naciri serre précieusement contre son coeur. Je ne me doutais pas que Jean-Jacques, l'hikikomori de 23 ans, finirait par sortir de sa chambre pour aller dans un café- philo, je ne pensais pas qu'Ella-Elliot, mon apprenti écrivain, mi-fille, mi-garçon, finirait par tant me ressembler. C'est tout le plaisir qu'il y a d'être à l'écoute... de ses personnages. Quant à Sauveur, j'ignorais ce qu'il adviendrait de sa vie privée. J'ai hésité comme lui-même, faisant avec Louise deux pas en avant, un pas en arrière. Peut-on parier sur un nouvel amour et reconstruire une famille après un drame intime ?

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Un grand merci à l'Ecole des Loisirs pour cet envoi !

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Voilà déjà plusieurs années que Marie-Aude Murail nous ravit avec la chronique de la vie de Sauveur, psychologue à Orléans, mais aussi celle de son fils Lazare, de ses patients, de tous ceux qui gravitent dans sa vie de façon plus ou moins marquantes. Au fil de sections correspondant chacune à une semaine dans ce petit microcosme, on découvre les rêves, les névroses et les errements de chacun, leurs moments de grâce comme leurs crises de nerfs, le tout servi par une plume tout en délicatesse et un ton tour à tour grave ou léger. 

La recette n'a jamais cessé de fonctionner, et si ce quatrième opus est peut-être un tantinet - expression non usitée depuis l'an de grâce 1864 - en-dessous des précédents, il vient à nouveau confirmer le grand talent de son auteure, même si admettons-le, on n'avait plus besoin de quelconque confirmation. 

On retrouve les personnages que l'on a appris à connaître, l'écriture fine de l'auteure, le rythme naturel de l'intrigue, routinier sans être lassant, qui arrive à créer de vrais pics de tension sans aucun sensationnalisme. Ces deux sœurs dont la santé mentale est mise à mal par la guerre que se font leurs parents, cette jeune fille en mal de reconnaissance aussi bien de son talent que de son identité, ce jeune homme qui n'arrive plus à sortir de sa chambre, on pourrait les croiser dans sa vie, ils existent, ce sont tout sauf des caricatures, et rien que pour ça, on peut être reconnaissant envers l'auteure pour cette petite perle d'humanité, qui nous pousse véritablement vers la bienveillance et pas simplement la tolérance. 

Sauveur et fils continue surtout à fonctionner et à faire fondre le coeur de ses lecteurs grâce au lien puissant que ces derniers ont tissé avec tous les personnages qui défilent rue des Murlots plutôt que grâce à une intrigue qui, comme je l'ai dit plus haut, n'est plus aussi intense ou novatrice : on continue surtout à doucement dérouler les enjeux déjà proposés par les tomes précédents. On ne peut simplement qu'espérer qu'il ne s'agisse pas du volume final, car cette conclusion n'est pas la plus réussie des quatre - même si encore une fois, remettons les choses dans leur contexte : Sauveur et fils reste à chacun de ses volumes une excellente lecture infiniment recommandable à des lecteurs de tous âges ! 

N'hésitez donc plus si ce n'est pas déjà fait à découvrir les tribulations de Sauveur et compagnie, et préparez-vous à quelques centaines de pages pleines d'émotion, d'humour, de pédagogie et de douceur ! 

dimanche 18 mars 2018

L'Île des Disparus tome 1 - La fille de l'eau de Viveca et Camilla Stein - Chronique n°405

Titre : L'Île des Disparus
Auteures : Viveca et Camilla Stein
Editions : Michel Lafon
Genre : Fantastique
Lu en : français
Résumé : La timide Tuva, douze ans, n’a pas grand-chose en commun avec ses camarades de classe. Elle préfère rester seule et ne se sent bien que sur l’île de Harö où elle habite, dans l’archipel de Stockholm, dont elle connaît chaque recoin, chaque skerry.
Mais, alors que l’automne arrive et que les touristes s’en vont, le changement se profile dans ce petit coin de calme et de nature. Des gens disparaissent en mer sans laisser la moindre trace, des ombres se cachent sous les vagues et d’étranges créatures apparaissent dans les arbres. Lors d’une sortie scolaire, l’un des camarades de Tuva s’évapore à son tour.
La jeune fille se retrouve embarquée dans un terrible mystère, au cœur de l’épais brouillard qui s’est abattu sur l’archipel, là où les vieilles superstitions des marins rencontrent la mythologie nordique…

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Un grand merci aux éditions Michel Lafon et en particulier à Camille pour cet envoi !

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Quoi de mieux en cette fin d'hiver de se plonger dans un roman fantastique troublant, dans un décor glacial et brumeux, dans l'archipel de Stockholm, entre quelques petits îles perdues au milieu de nulle part ? 

C'est ce que propose ce roman à travers le récit de Tuva, une jeune fille de presque treize ans, qui s'est toujours sentie à l'écart, aussi bien physiquement du fait du lieu où elle habite que mentalement. Elle n'a ni frères ni soeurs, ni famille étendue, ni d'amis à l'école où on l'a toujours trouvée un peu bizarre.
Et cette réputation ne s'arrange pas lorsque l'un de ses camarades d'école disparaît au cours d'une sortie dans les bois, alors que Tuva a été la dernière à l'avoir vu vivant... 


Le récit ne brille pas par un style particulièrement remarquable ou par des personnages aux caractères révolutionnaires, mais plutôt par son travail très réussi de l'atmosphère, l'angoisse qu'il parvient à instiller entre les chapitres, l'envie qu'il donne au lecteur de comprendre le fin mot de l'histoire. Les auteures s'efforcent de donner à voir à leur public ce que peut être une vie dans un cadre aussi coupé du reste du monde, où partir faire des courses est une expédition et où une fois la belle saison partie, la population devient si clairsemée que le voisin le plus proche ne peut être rejoint qu'en bateau. Elles ajoutent à cela une tension permanente liée au mystère de la disparition du camarade de Tuva, et une certaine dimension fantastique dont je vous laisse la surprise. La narration du point de vue de Tuva est plutôt convaincante, et les pages se tournent véritablement à toute allure. 

La Fille de l'eau est le premier tome d'une série, et n'offre de ce fait pas une intrigue si dense que cela, mais préfère prendre son temps, créer une attente, une frustration qui n'est comblée qu'avec les derniers chapitres, puis une nouvelle plus forte encore avec les révélations du dénouement. Nul doute que tout ce travail d'élaboration trouvera toute sa portée par la suite : en attendant, c'est un premier tome très prenant et doté d'une atmosphère propre que proposent Viveca et Camilla Stein, qui donne tout à fait envie de voir ce que peut donner la suite, même si en l'état, il n'a pour l'instant rien d'exceptionnel. 

mercredi 14 mars 2018

See You in the Cosmos de Jack Cheng - Chronique n°404

Titre : See You in the Cosmos
Auteur : Jack Cheng
Genre : Jeunesse
Editions : Bayard
Lu en : français
Résumé : VOUS ÊTES QUI ? 

VOUS ÊTES COMMENT ? 
EST-CE QUE VOUS AVEZ UN TÊTE OU DEUX ? 
OU PLUS QUE DEUX ?

Alex 11 ans, est passionné de sciences. Son héros c'est Carl Sagan ; il l'admire tellement qu'il a donné son nom au chiot que sa maman l'a laissé adopter. D'ailleurs, sa maman n'est pas contrariante : tant qu'Alex lui fait la cuisine et ne l'embête pas pendant les journées qu'elle passe au lit, elle est plutôt permissive. Elle n'émet donc pas d'objections lorsque son fils lui annonce qu'il part seul à un congrès de fans d'aérospatiale. Le périple d'Alex commence...


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Un grand merci aux éditions Bayard et à Babelio pour cet envoi !

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Alex a 11 ans, mais en vrai, il doit bien avoir 13 ans en âge de responsabilité. C'est vrai, il fait la cuisine, il fait ses devoirs tout seul, il n'a pas besoin qu'on le surveille et il s'occupe avec soin et attention de son chien, Carl Sagan, du nom de son héros, un grand scientifique et astronome américain, pionnier de la vulgarisation scientifique.  L'astronomie, c'est aussi la grande passion d'Alex, qui ne rêve que d'une seule chose : parvenir à lancer une fusée dans l'espace, avec son Golden iPod plein d'enregistrements destinés à d'éventuels aliens. 

La mère d'Alex n'est pas des plus sévères, ni des plus présentes d'ailleurs, alors le jeune garçon en profite pour se rendre à un grand congrès d'amateurs de fuséologie et d'aérospatiale... Et évidemment, il ne s'agit là que du point de départ d'un long périple. 

See you in the Cosmos est une petite parenthèse d'innocence et d'enthousiasme qui ne pourra que vous donner le sourire aux lèvres, sans non plus caricaturer les réaction de ses personnages ni forcer les bons sentiments. L'auteur parvient parfaitement à donner vie à la voix de son jeune narrateur, à retranscrire son caractère, et ce au sens propre du terme puisque le roman est en fait une transcription du contenu du fameux iPod du jeune Alex. 

Le récit s'intéresse à tout un ensemble de thématiques, et ce de façon à la fois juste, riche et accessible pour de jeunes lecteurs : qu'il s'agisse du sujet de la famille à travers la mère fragile d'Alex, son père absent ou son frère éloigné, de la maladie, de la maturité, de la différence, tout se complète et s'harmonise à merveille. On se laisse porter avec plaisir le long de ce récit qui pourrait paraître enfantin, mais offre en réalité de nombreuses surprises et des passages d'une grande sensibilité, notamment, sans trop en dire, les dialogues entre Alex et un certain personnage féminin. 

En bref, un très beau roman jeunesse, porté par un héros aussi naïf que touchant et mature à la fois - si si, on peut être naïf et mature, Alex en est la preuve -, souvent doux, parfois amer, mais jamais déprimant ou galvaudé. Une jolie découverte que je ne saurais trop recommander pour un jeune - ou moins jeune - lecteur !