La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

-

Dernières chroniques...

Dernières chroniques...

Hebergeur d'image Hebergeur d'image Hebergeur d'image Hebergeur d'image Hebergeur d'image Hebergeur d'image Hebergeur d'image Hebergeur d'image

lundi 30 novembre 2015

J'étais là de Gayle Forman — Chronique n°147


"La vie peut être dure, belle et compliquée, mais on est en droit d'espérer qu'elle sera longue. Alors, vous verrez qu'elle est imprévisible, que des périodes noires se produisent mais s'apaisent – parfois avec beaucoup de soutien – et que les tunnels s'élargissent, ce qui permet au soleil de revenir. Si vous êtes dans l'obscurité, vous aurez peut-être l'impression que vous n'en sortirez jamais. Que vous tâtonnerez. Seul. Mais ce n'est pas vrai. Il existe des gens susceptibles de vous permettre de retrouver la lumière."

Titre : J'étais là
Auteure : Gayle Forman
Genre : Realistic Fiction | Contemporain
Éditions : Hachette
Résumé : Cody a dix-huit ans. Elle n'a pas de père, mais une mère barmaid constamment en mini-jupe, et un avenir pas très rose depuis qu'elle a été recalée de l'université de Seattle qui aurait pu lui permettre de quitter enfin "Plouc-la-ville", où elle vit depuis toujours. Mais tout empire le jour où Meg, sa meilleure amie, sa sœur de cœur, se suicide après avoir avalé une dose massive de poison dans un motel anonyme, non loin de la fameuse université où elle, brillante boursière, avait été acceptée. Lorsque les parents de Meg demandent à Cody d'aller récupérer les affaires de leur fille, celle-ci s'embarque pour Seattle, avec la ferme intention d'en savoir plus sur le geste de son amie.

----------------------------------------------

J'avais adoré Si je reste et beaucoup aimé Là où j'irai de cette auteure, et mes attentes vis-à-vis de ce roman ne faisaient que croître au vu des avis très majoritairement enthousiastes que j'avais pu lire. A priori, tout était réuni pour que j'apprécie ce roman.
Mais une fois de plus, Tante Capucine a fait des siennes.

J'ai malheureusement eu beaucoup plus de mal que prévu avec cette histoire... Peu séduite par les personnages principaux, j'ai même parfois eu l'impression de forcer ma lecture, bien que le sujet abordé, le suicide, soit absolument passionnant et poignant.

Dès les premières pages, J'étais là m'a semblé très lent, et je ne suis pas parvenue à accrocher au roman de toute ma lecture. J'ai eu l'impression de forcer ma lecture, laissant même le livre de côté quelques jours. L'écriture de l'auteure est pourtant toujours très fluide, mais je n'ai simplement pas réussi à m'attacher à Cody, un personnage trop froid à mes yeux. Je me sentais plus spectatrice qu'actrice, et j'aurais aimé que les choses bougent un peu plus, pour me sentir plus investie. Mais même lorsque la véritable action a fini par démarrer, je n'ai pas été plus captivée que cela... Quant à la fin, j'avoue avoir été assez déçue, m'attendant à une révélation incroyablement surprenante, et trouvant finalement le dénouement assez fade, trop simple.

Les romans sur le suicide pullulent en ce moment – ce qui est une bonne chose, il s'agit d'un thème qu'il est important d'aborder –, j'espérais donc une touche d'originalité, un message supplémentaire, même si j'ai globalement apprécié le message transmis par l'auteure. Mais il me manquait cependant quelque chose, une petite étincelle, de la passion, plus d'émotion, pour être totalement convaincue, comme je l'ai par exemple été par All the Bright Places de Jennifer Niven, un autre roman YA sur le suicide – dont je ne me suis d'ailleurs toujours pas remise.

Et puis, sans trop vous en dire si vous n'avez pas lu J'étais là, j'ai trouvé la romance très malsaine. Premièrement, il s'agit encore de l'éternel cliché des deux-personnes-qui-ne-peuvent-pas-se-voir-au-début-et-qui-réalisent-après-des-centaines-de-pages-qu'oh-mon-dieu-elles-sont-folles-l'une-de-l'autre. C'est vu, vu et revu, il n'y a absolument aucun suspense ni aucune tension – d'autant plus que le garçon en question est décrit comme le seul "potable" du coin. Par la magie du YA, ils devaient forcément finir ensemble. Ensuite, sans rentrer dans les détails, leur couple reste tout de même assez... perturbant, au vus des passifs respectifs de chacun... Et puis, comme souvent, la célibataire aigrie que je suis ne trouve pas ces histoires d'amour si prévisibles extrêmement utiles. Mais c'est mon avis.

Je parais sans doute très cassante, mais j'ai tout de même aimé un certain nombre d'éléments dans ce roman, qui reste une jolie lecture, portée par une belle intention de l'auteure. Je sais qu'il a globalement beaucoup plu, et je suis sans doute un avis à part !
En bref, un roman très loin d'être mauvais, qui aborde avec justesse un sujet extrêmement poignant, mais dont certains éléments m'ont empêchée de savourer pleinement ma lecture. Je reste cependant une marginale, alors ne vous fiez pas aveuglément à mon avis – d'autres que moi ont absolument adoré, ce sera peut-être votre cas !
Note attribuée : 6/10

samedi 28 novembre 2015

Une Braise sous la Cendre de Sabaa Tahir — Chronique n°146

"Il y a deux sortes de culpabilité. Celle qui te fait sombrer jusqu'à ce que tu ne sois plus bon à rien et celle qui donne une raison d'être à ton âme. Laisse ta culpabilité être ce qui te fait avancer. Laisse-la te rappeler qui tu veux être. Définis une limite dans ton esprit et ne la franchis plus jamais. Tu as une âme. Elle est abîmée, et elle est là. Ne les laisse pas te la voler."

La peur peut être bonne. Elle peut te maintenir en vie. Mais ne la laisse pas te contrôler. Ne la laisse pas semer le doute en toi. Lorsque la peur prend le dessus, combats-la avec plus puissant qu'elle : ton esprit. Ton cœur."

Titre : Une Braise sous la Cendre
Auteure : Sabaa Tahir
Genre : Fantasy | Dystopie
Éditions : PKJ
Nombre de pages : 523
Résumé : Autrefois, l'Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l'Empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d'écrire s'expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d'élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté... et sauver ceux qu'ils aiment.

--------------------------------------------

Les enfants, je suis amoureuse. Sérieusement, ce livre est une pure tuerie. J'en suis malade. Je viens de le refermer, et je suis déjà en manque de cette plume, de ces personnages, de cet univers. J'ai beau me creuser la tête, je ne trouve rien à redire – je sais, cela n'arrive pas souvent, pour ainsi dire jamais. Voici donc ma déclaration d'amour à Une Braise sous la Cendre, un gigantesque coup de cœur.

Cher livre,

Entre toi et moi, tout a commencé par un coup de cœur pictural. D'une certaine manière, il m'a suffi de te regarder pour savoir que nous étions faits l'un pour l'autre. Ton résumé m'a pratiquement fait sauter de joie sur place, tant il me paraissait attirant. J'avais enfin trouvé le livre de ma vie.

Ensuite, nous avons commencé à nous connaître, et rapidement, je n'ai plus pu me détacher de toi. Tout me plaisait chez toi, tu me captivais. Ton univers de fantasy, inspiré par la Rome antique mais également par la culture orientale, m'a fait légèrement penser à celui de Red Rising, un roman que j'avais également adoré, mais tu t'en es rapidement démarqué, apportant d'autres éléments très différents et intéressants – tu n'as pas à être jaloux de mes ex-livres, tu sais.

La manière dont tu es écrit est vraiment remarquable. La plume de ton auteure est réellement envoûtante, employant des mots poétiques et efficaces. Les sentiments des personnages sont toujours dépeints avec justesse, et je me suis sentie on ne peut plus concernée par leur sort. J'ai adoré la narration alternée entre tes deux personnages principaux, un choix risqué, qui s'est avéré payant ici. Si j'ai légèrement préféré Elias à Laia, cela ne m'a pas empêchée de les apprécier tous les deux, et de m'attacher solidement à eux.

Mais lorsque j'ai vu se dessiner un double triangle amoureux, j'ai eu peur l'espace d'un instant que ce soit la fin de notre histoire. Tu n'es pas sans savoir à quel point j'exècre ce genre de scénarios vus et revus dont on devine la plupart du temps l'issue. Mais heureusement, tu ne m'as pas déçue sur ce point-là, et tout est rentré dans l'ordre.

Alors que je sentais que la fin de notre relation approchait, je devenais fébrile, la tension ne faisait que grimper, et je n'ai pas vu nos derniers instants ensemble passer. Le final était intense, brutal, insoupçonné, mené d'une main de maître par l'auteure qui savait parfaitement où elle nous conduisait. Les dernières pages m'ont laissée avide d'en savoir plus et de connaître la suite de ton histoire. Mais malheureusement, tu n'avais plus rien à m'offrir.

Et ce n'est que maintenant, alors que tout est terminé entre nous, que je réalise pleinement tout ce que tu m'as apporté et à quel point je me suis attachée à toi et à tes personnages. Vous m'avez fait vibrer, vous m'avez fait rêver, et je vous en suis infiniment reconnaissante.

À bientôt j'espère,
Capucine

Je sais, je suis arrivée à un stade de folie suffisamment avancé pour écrire des lettres à des ensembles de feuilles de papier imprimées. Ne vous inquiétez pas pour moi, je suis heureuse comme je suis.

Au fait !

Note attribuée : 10/10
Le suspense était palpable, je sais.

mercredi 25 novembre 2015

Enders de Lissa Price — Chronique n°145

"Imagine un peu ce que ça fait de haïr ton propre corps.
J'ai l'impression qu'il me retient prisonnier. Qu'il m'étouffe."

Titre : Starters tome 2 – Enders
Auteure : Lissa Price
Genre : Dystopie | Post-apocalyptique
Éditions : Robert Laffont (collection R)
Nombre de pages : 412
Résumé : 

Avertissement : si vous avez eu le privilège incomparable d'avoir été doté d'une paire d'yeux fonctionnant correctement à votre naissance, vous avez pu constater qu'il s'agit du second tome du saga. Par conséquent, je vous conseille de ne pas aventurer lesdits globes oculaires sur le résumé du roman – ma chronique est cependant exempte de spoilers. Enfin, vous faites ce que vous voulez, vous restez unique décisionnaire de vos actions, et je n'ai pas la prétention de m'interposer dans une décision aussi intime. Sur ce, bonne lecture.

Callie, âgée de seize ans, vit dans un monde où une terrible catastrophe a tué tous ceux qui n’ont pu être vaccinés à temps. Seuls ont survécu les très jeunes, les Starters, ou les vieillards, les Enders. Tandis que ces derniers ne cessent d’accroître leur fortune, les plus jeunes sont la proie d’une pauvreté inextricable. La seule possibilité qu’ont les Starters pour gagner de l’argent est la Banque des Corps. Afin d’assurer leur survie, ils peuvent ainsi louer leur corps à des personnes âgées en quête d’une nouvelle jeunesse, grâce à un transfert d’esprit. Callie a réussi à stopper les agissements de cet institut sans scrupules. C’est alors qu’elle doit faire face à un plus grand danger : le Vieux, ce mystérieux PDG de la Banque des Corps, s’est enfui et en veut à sa vie. Au cours d’une traque sans pitié, elle réalise que le secret du Vieux est plus sombre encore que tout ce qu’elle imaginait. La clé de l’énigme est dissimulée dans son propre passé…

------------------------------------------------

J'avais bien aimé le premier tome de ce dyptique, et j'étais assez enthousiaste en commençant celui-ci, curieuse de voir quelle tournure allaient prendre les événements, et désireuse d'obtenir des réponses à des questions restées en suspens dans le premier livre. J'ai cependant moins aimé Enders que Starters : si le premier tome était un peu léger, il restait très agréable à lire, alors que je me suis plus ennuyée qu'autre chose avec celui-ci...

J'étais curieuse de voir ce qu'il allait advenir de Callie, et je me demandais quelle matière l'auteure trouverait pour écrire un roman de plus – à mes yeux, avec quelques détails modifiés, la fin de Starters pouvait se suffire à elle-même... L'auteure trouve beaucoup de choses à dire, là n'est pas le problème. J'ai cependant eu beaucoup de mal avec la façon dont elle organisait toutes ses idées...
J'ai premièrement eu du mal avec les personnages, dont l'utilité n'était pas toujours flagrante, et la personnalité pas toujours très fouillée. Je me sentais plus spectatrice qu'autre chose, et j'avoue avoir eu du mal à me passionner pour le sort des uns et des autres.

Ainsi, le principal défaut d'Enders, à mes yeux, est son trop-plein d'action. Évidemment, un roman se doit de renfermer des péripéties pour être palpitant, mais quand il y en a trop et qu'elles s'enchaînent sans apporter de profondeur ou de réflexion particulière, le plaisir de la lecture est atténué... L'histoire me semblait souvent assez redondante, avec des retournements de situations à la limite de l'improbable. 
Enfin, il s'agit du joyeux monde de la dystopie post-apocalyptique, donc je suppose qu'on peut accepter à peu près n'importe quoi.
De manière générale, Enders est un roman parfois trop dense : les rebondissements s'enchaînent sans qu'on ait le temps de souffler, et il m'arrivait de me sentir perdue parmi ce flot de révélations.
La fin, quant à elle, est pour le moins intense ! On a droit à un énorme flux d'informations d'un coup, et tout s'enchaîne extrêmement rapidement... avec un risque de confusion.

J'ai conscience d'enchaîner les remarques négatives, mais tout est loin d'être mauvais dans ce roman ! Il ne s'agit sans doute pas du livre le plus transcendant du siècle, mais il vous fera sans doute passer un bon moment ! Je n'ai pas été tout à fait satisfaite, mais je suis certaine que nombre d'entre vous se laisseront séduire !

Note attribuée : 5,5/10 : une suite qui me laisse mitigée, que j'ai presque dû me forcer à terminer tant elle me semblait répétitive. La dystopie perd un peu de son charme Je ne suis malheureusement pas transportée par la façon dont l'auteure a choisi d'exploiter son univers, et je regrette l'inégalité de certains passages. 
Néanmoins, ce dyptique reste divertissant, et je sais que beaucoup de blogueurs ont un avis nettement plus positif que le mien quand à Enders, alors n'hésitez pas à vous laisser tenter quand même !

samedi 21 novembre 2015

Dysfonctionnelle d'Axl Cendres — Chronique n°144

"— Ils sont où ? Pour de vrai.
Je  n'ai pas décroché mon regard du sien.
— Papa est en prison et Maman chez les fous.
Ses yeux m'ont dit merci.
— Mais c'est temporaire, j'ai ajouté. Tu te souviens de ce que ça veut dire ?
— Oui ça veut dire que c'est pas pour la vie... On est une famille dysfonssiotruc."

Titre : Dysfonctionnelle
Auteure : Axl Cendres
Genre : Contemporain | Realistic Fiction
Éditions : Sarbacane (collection Exprim')
Résumé : Fidèle, alias Fifi, alias Bouboule, grandit dans une famille dysfonctionnelle. Papa enchaîne les allers-retours en prisons, Maman à l'asile.
Mais malgré le quotidien difficile, Fidèle vit des moments de joie, entourée de ses six frères et soeurs aux prénoms panachés : Alyson, JR, Dalida, Jésus... Cette tribu un peu foldingue demeure "Au Bout du Monde", le bar à tocards que tient le père dans Belleville.
A l'adolescence, la découverte de son intelligence précoce mène Fidèle à "l'autre" bout du monde : un lycée des beaux quartiers où les élèves regardent de haut son perfecto, ses manières de chat de gouttière.
Mais c'est aussi là que l'attend l'amour, le vrai, celui qui transforme... Celui qui sauve.

---------------------------------------------------------

Un grand merci aux éditions Sarbacane et à Roxanne pour m'avoir permis de lire ce roman ! 

----------------------------------------------------------

Ce roman me faisait extrêmement envie, et plus le temps passait, plus mon enthousiasme s'intensifiait, au vu des critiques dithyrambiques qui ont plu sur la blogosphère ces derniers temps. Et... quelle découverte !

Dans Dysfonctionnelle, Fidèle, la narratrice, revient sur son enfance, son adolescence, et ses premières années de vie d'adulte, au sein d'une famille exceptionnelle, qui vit "Au Bout du Monde", le bar familial. Mais son père enchaîne les allers-retours en prison, tandis que sa mère, traumatisée par la Shoah, sombre progressivement dans la folie. Et tous deux ont beau aimer à la folie leurs sept enfants, cela ne suffit pas à rendre leur famille "fonctionnelle" aux yeux des Services Sociaux – hé oui, vous comprenez le titre maintenant.

J'ai eu un immense coup de cœur pour les personnages, en particulier pour Fidèle, que l'on finit par avoir l'impression de connaître depuis toujours. La voir évoluer m'a passionnée, et sa relation avec sa famille m'a profondément émue.
Quant à ses proches, ils ne pourront pas vous laisser indifférents : que vous les aimiez ou que vous les détestiez, ils vous marqueront à coup sûr.

Je n'avais jamais lu de roman d'Axl Cendres auparavant, et son écriture a été une vraie révélation ! J'ai été embarquée dès les premières lignes du roman, alors qu'il me faut en général un chapitre ou deux pour vraiment accrocher... et j'ai terminé Dysfonctionnelle presque d'une traite, plongée dans une espèce de transe littéraire, négligeant totalement mes basses et viles obligations terrestres – comme mes exercices de maths sur la dérivation. Entre Fidèle et les nombres dérivés, mon choix était vite fait.

La manière dont ce roman est organisé peut être surprenante, puisqu'il ne s'agit pas d'un récit chronologique. Fidèle navigue dans le temps avec aisance, nous entraînant avec elle sans difficulté et sans confusion aucune. Personnellement, j'ai adoré ce choix, cela changeait agréablement de ce que l'on peut lire ailleurs.

Sans trop vous en dire, ce roman aborde une multitude de thèmes extrêmement divers, dont certains presque "tabous", avec une justesse rare, comme la religion ou l'homosexualité.
L'histoire a beau être presque dramatique, presque tragique, le ton empreint de nostalgie, on retient surtout un beau message d'espoir en refermant le livre. Personnellement, j'avais envie de sortir dans la rue pour embrasser les passants tant je débordais de bons sentiments. J'ai toutefois décidé de m'en abstenir.

Note attribuée : 9,5/10 : un roman Exprim' dans toute son authenticité et son intensité ! Une narratrice et des personnages inoubliables, et une histoire au charme fou qui ne pourra que vous toucher, voire vous briser le cœur si vous êtes une petite âme sensible et émotive comme moi



mercredi 18 novembre 2015

L'Élite tome 2 – Sous Surveillance de Joëlle Charbonneau — Chronique n°143

"Qu'on en ait gardé la mémoire ou pas, le Test nous a tous transformés. Et en chacun de nous réside la vérité de ce qu'il s'est vraiment passé là-bas. Il est temps pour moi de le découvrir."

Titre : L'Élite tome 2 – Sous Surveillance
Auteure : Joëlle Charbonneau
Genre : Dystopie
Éditions : Milan (collection Macadam)
Nombre de pages : 286

Avertissement : si vous avez eu le privilège incomparable d'avoir été doté d'une paire d'yeux fonctionnant correctement à votre naissance, vous avez pu constater qu'il s'agit du second tome du saga. Par conséquent, je vous conseille de ne pas aventurer lesdits globes oculaires sur le résumé du roman – ma chronique est cependant exempte de spoilers. Enfin, vous faites ce que vous voulez, vous restez unique décisionnaire de vos actions, et je n'ai pas la prétention de m'interposer dans une décision aussi intime. Sur ce, bonne lecture.

Résumé : Avant, Cia menait une vie simple aux côtés des siens.
Et puis, il y a eu le Test.
Cia l'a réussi.
Elle est entrée à l'Université, prête à appartenir à l'Élite.
Mais elle sait. Elle sait que beaucoup sont morts, que le gouvernement condamne les plus faibles. 
Maintenant, Cia doit faire un choix. Le bon.

-----------------------------------

J'avais beaucoup apprécié le premier tome de cette série, qui avait à mes yeux un certain intérêt par rapport à la masse impressionnante et croissante de dystopies que l'on peut lire aujourd'hui. Je me suis donc naturellement précipitée sur le deuxième tome. Il s'agit comme souvent dans les trilogies dystopiques d'un tome de transition, et j'avais très peur qu'il souffre du syndrome-du-second-tome – avouez, vous connaissez ce syndrome, qui rend tous les deuxièmes tomes de trilogies décevants, monotones, avec des couples qui ne trouvent rien d'autre à faire que se crêper le chignon toutes les dix pages ?
Ce n'est absolument pas le cas ici : s'il y a effectivement un peu moins d'action que dans le premier tome – en même temps, quand on se remémore les carnages du Test... –, il reste tout à fait satisfaisant et captivant !

Ce que je préfère dans ces romans est l'atmosphère d'angoisse et de suspicion qui règne. On ne sait absolument pas à qui faire confiance, et on se doute que la plupart des personnages ne jouent pas franc-jeu. Les trahisons fusent de partout, la tension va crescendo tout au long du roman... L'auteure fait également un travail considérable sur la psychologie de ses personnages, surtout sur celle de Cia, et on prend beaucoup de plaisir à tenter de comprendre le mode de fonctionnement de chacun.

Je ne retiens qu'un seul point négatif : Tomas. Je sais, le pauvre petit, il ne mérite pas toute cette haine. Je lui demande pardon.
J'ai beaucoup de mal avec ce jeune homme, pour des raisons diverses et variées : disons simplement que ses interventions me faisaient la plupart du temps lever les yeux au ciel, et que ses instants-couple avec Cia ne me paraissaient pas d'un intérêt trépidant – je considère d'ailleurs qu'il serait fort appréciable que les auteurs de dystopie YA cessent de vouloir intégrer à tout prix une romance dans leurs œuvres si elle ne présente pas d'intérêt particulier. Les personnes célibataires sont des gens parfaitement corrects, vous savez.

J'ai beaucoup apprécié les petits changements et le renouvellement de l'intrigue, tant au niveau des décors qu'au niveau des enjeux de l'histoire : si Cia tentait principalement de sauver sa peau dans le premier tome, elle comprend ici petit à petit les dysfonctionnements de son système, jusqu'à avoir progressivement envie de changer les choses... Il y a une véritable dimension politique dans ce livre-ci, et elle a su me tenir en haleine du début à la fin.

Note attribuée : 7,5/10 : une suite très travaillée, durant laquelle on ne s'ennuie pas une seule seconde ! Il s'agit d'une dystopie vraiment agréable à lire, même si elle ne restera sans doute pas gravée dans mon esprit ad vitam aeternam. Je suis tout de même très impatiente de découvrir le troisième opus !

samedi 14 novembre 2015

Maintenant qu'il est trop tard de Jessica Warman — Chronique n°142

"Combien peuvent dire que leur quart d'heure de gloire était aussi la pire période de leur vie ?

Titre : Maintenant qu'il est trop tard
Auteure : Jessica Warman
Genre : Realistic Fiction | Contemporain
Éditions : PKJ
Nombre de pages : 288
Résumé : Les adultes font la fête à l'étage, le soir du nouvel an. Samantha veille avec Remy, son meilleur ami, sur sa petite soeur, Tabitha. Elle dort paisiblement à leurs côtés. Soudain le père Noël entre dans la pièce, attrape Tabitha et l'emporte sous leur regard impuissant. À 17 ans, Sam revient avec sa famille sur les lieux du drame. La jeune fille retrouve Remy. Ensemble, ils réalisent qu'ils ont peut-être envoyé la mauvaise personne en prison...

-------------------------------------------

Maintenant qu'il est trop tard me faisait très envie, surtout grâce à la chronique extrêmement enthousiaste d'Audrey du blog Le Souffle des Mots. Raisonnable comme je suis, je n'ai pas tenu longtemps avant de courir me le procurer, ni avant de le commencer. Et je dois avouer que je suis assez mitigée sur certains points, même s'il s'agit globalement d'une lecture plutôt agréable.

J'avais envie de trouver un thriller haletant, on ne peut plus prenant, avec une bonne vieille ambiance glauquissime comme je les aime. J'ai effectivement trouvé certains de ces éléments au cours de ma lecture, mais pas dans les proportions auxquelles je m'attendais... En effet, Maintenant qu'il est trop tard n'est pas vraiment un roman à suspense, mais plutôt psychologique, avec des personnages très complexes, souvent ambigus, qu'il peut être très intéressant de découvrir.

Personnellement, j'ai eu du mal à apprécier ces personnages, qui m'ont paru assez antipathiques, me mettant presque mal à l'aise. Je n'ai notamment pas accroché du tout avec le personnage de Samantha, qui me paraissait plus occupée à flirter avec son ex-meilleur ami en couple avec une autre – situation sordide, bonjour ! – qu'à enquêter sur la disparition de sa sœur... Mais je sais que d'autres ont beaucoup plus accroché que moi...

Le côté "enquête" que l'on promet dans le résumé ne m'a semblé apparaître qu'à la toute fin du livre, et j'ai trouvé que les révélations arrivaient bien trop brutalement, d'un coup, comme si on me remettait un énorme paquet en me disant "tiens, débrouille-toi avec ça". On n'avait pas vraiment d'indices tout au long du roman, et il y avait à mes yeux un afflux d'informations et d'actions beaucoup trop important dans les dernières pages, me donnant presque une impression de fouillis.

Je viens d'enchaîner les points négatifs, alors on dirait que j'ai  détesté ce livre, mais c'est loin d'être le cas ! Malgré le fait qu'il ne s'agisse pas de ce que j'attendais, et malgré les personnages, j'ai été assez rapidement plongée dans l'intrigue, et j'ai dévoré ce roman, qui reste finalement assez court, en très peu de temps. 
Je vous parlais d'ambiance glauque, et effectivement, on fait difficilement plus oppressant comme atmosphère ! L'auteure a très bien réussi son coup de ce côté-là, on se sent terriblement concerné par l'histoire, on est vraiment ému par les souvenirs de Samantha, le récit qu'elle fait de l'enlèvement de sa sœur, et la manière dont sa famille a accusé le coup. La dimension psychologique de ce roman, qui est en fait dominante, est extrêmement travaillée, pour un rendu tout à fait réussi et convaincant !

En bref, un roman avec ses qualités et ses défauts qui plaira sans aucun doute à certains d'entre vous... Une histoire sombre et sordide, des personnages complexes à la psychologie travaillée... Ne vous attendez pas cependant à un thriller, l'enquête en elle-même ne surgit que dans les dernières pages.
Note attribuée : 6,5/10

mardi 10 novembre 2015

Les Mains du miracle de Joseph Kessel — Chronique n°141

"Il s'est trouvé un homme qui durant les années maudites de 1940 à 1945, semaine par semaine, mois par mois, a su arracher des victimes au bourreau insensible et fanatique.

Cet homme a obtenu de Himmler le tout-puissant, de Himmler l'impitoyable, que des populations entières échappent à l'épouvante de la déportation.
Il a empêché que les fours crématoires reçoivent toute la ration de cadavres qui leur était promise. Et seul, désarmé, à demi captif, cet homme a forcé Himmler à ruser, à tricher avec Adolf Hitler, à duper son maître, à trahir son dieu."

Titre : Les Mains du miracle
Auteur : Joseph Kessel
Genre : Biographie
Éditions : Folio
Résumé : Le récit de la vie du docteur Kersten, médecin de nationalité hollandaise spécialisé dans le massage médical. Devenu célèbre, il fut le médecin d'Himmler qui souffrait de douleurs intolérables que seul Kersten pouvait calmer. Utilisant ce pouvoir, il parvint à sauver de nombreuses victimes politiques et empêcha la déportation massive d'une partie du peuple hollandais.

-------------------------------------------

Je n'avais jamais lu de roman de Joseph Kessel jusqu'à aujourd'hui – allez-y. Lapidez-moi –, mais j'avais entendu plusieurs personnes chanter les louanges de ses romans, et notamment des Mains du miracle, un livre qui était en fait épuisé et qui a été réédité récemment. Lorsque j'ai découvert qu'il s'agissait de la biographie d'un personnage méconnu mais dont l'histoire s'annonçait passionnante, je n'ai pas hésité longtemps à l'acheter... Et je suis conquise !

Ce roman retrace le destin exceptionnel de Félix Kersten, injustement oublié par l'Histoire, qui mériterait pourtant qu'on érige une statue magique en chocolat à son effigie – c'est ma manière de dire qu'il s'agit de quelqu'un d'admirable. Le docteur Kersten, un médecin spécialisé dans le massage thérapeutique, possédait un talent tel qu'il était renommé dans toute l'Europe, et soignait les plus grands de ce monde...
Jusqu'au jour où on lui demande de soigner Himmler, le bras droit d'Hitler. Déchiré entre son devoir de médecin et sa répugnance à s'occuper le numéro 2 du gouvernement nazi, il finit cependant par le soigner... et son traitement est si efficace et prodigieux qu'Himmler ne tarde pas à se l'accaparer, en faisant son médecin personnel. Tentant de vivre au mieux cette situation, Kersten réalise bientôt que cette position et l'influence qu'il acquiert auprès de Himmler pourraient sauver des milliers de vies...

On pourrait penser que l'écriture de ce roman serait lourde, pesante, qu'il serait difficile de rentrer dans l'histoire...
Pas-du-tout. 
Au contraire, j'ai été absorbée par Les Mains du miracle comme rarement, et si mes yeux ne s'étaient pas fermés tous seuls de sommeil, j'aurais pu le lire d'une traite. On se laisse instantanément happer par la vie de Kersten, qui se révèle être un personnage tout simplement adorable, qu'on a envie de prendre dans ses bras comme une grosse peluche tant il est profondément affectueux, drôle, débonnaire.
Kersten se retournerait dans sa tombe s'il savait que je viens de le comparer à une grosse peluche.
Pardon, Kersten. 

Le roman est divisé en une vingtaine de chapitres de longueur moyenne, eux-mêmes constitués de petites parties très courtes. On enchaîne donc ces parties de façon compulsive, sans pouvoir s'arrêter, en se répétant à chaque fois "une page de plus !", avant d'abandonner cette résolution tout sauf raisonnable, pris par le suspense et l'addictivité de l'histoire.
Car oui, on a beau savoir dès la première page que Kersten est mort paisiblement des années et des années après la guerre, on ne peut s'empêcher de frémir et d'avoir peur pour lui.
Enfin, c'était le cas pour moi. Vous serez sans doute plus futés.

En bref, c'est une magnifique surprise et une excellente lecture pour moi ! Un roman  captivant, dans un cadre de la Seconde Guerre mondiale on ne peut plus réaliste, convaincant et terrifiant, qui nous fait vivre ce conflit au plus près des dirigeants nazis, à travers le regard d'un héros extraordinaire.

Note attribuée : 9,5/10 : Qu'attendez-vous pour vous jeter dessus ?

Avouez qu'il a l'air sympathique.

dimanche 8 novembre 2015

Dylan Dubois de Martine Pouchain — Chronique n°140

"L'humain est un animal qu'il vaut mieux contempler de loin."

Titre : Dylan Dubois
Auteure : Martine Pouchain
Genre : Contemporain | Realistic Fiction
Nombre de pages : 301
Résumé : Après un an en foyer, Dylan, un garçon de 16 ans tendre et solitaire, rentre chez lui... où une surprise l'attend : son père a remplacé sa mère, partie trois ans plus tôt. A priori, Dylan n'a rien contre Cynthia, sa séduisante belle-mère. Sauf quand elle met son chien Rusty dehors "parce qu'elle ne supporte pas son odeur". Et puis, Dylan ne comprend pas pourquoi son père devient obéissant comme un caniche dès qu'elle le siffle...
Mais le pire, c'est quand il comprend Cynthia n’est pas seulement une belle-mère désagréable et égoïste : c’est une veuve noire, une machine à diviser, à manipuler et démolir les autres.
Là, il n’a plus qu’une issue : se tirer avec Rusty, direction la forêt, le seul endroit où il se sent en sécurité, pour aller voir si ailleurs a plus de sens qu’ici.

--------------------------------------

Un grand merci aux éditions Sarbacane et en particulier à Roxanne pour cet envoi !

--------------------------------------

Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre en commençant Dylan Dubois. S'agissait-il essentiellement des péripéties d'un adolescent fugueur perdu dans les bois ? D'un roman psychologique ? D'un mélange des deux ? J'ai ainsi commencé les premiers chapitres, et je me suis tout de suite laissé emporter par le récit des aventures de Dylan, pour terminer ce superbe roman en moins d'une journée !

Dylan revient d'une année passée dans un foyer, son père n'étant plus capable de s'occuper de lui, dévasté par le départ de sa femme. En revenant, le jeune homme découvre qu'il a désormais une belle-mère, Cynthia, qui semble plutôt accueillante, si ce n'est qu'elle ne supporte pas la présence de son chien adoré, Rusty. Mais progressivement, Dylan prend conscience de la véritable nature de Cynthia... et décide de partir, jugeant qu'il s'agit de la meilleure chose à faire. Avec son chien pour seule compagnie, Dylan se met en tête de retrouver sa mère, en sillonnant la France à pied... sans se douter de ce que ce voyage va lui apporter.

La nature et moi, ça fait vingt-quatre. Enfin, j'aime bien découvrir de beaux panoramas naturels, marcher dans les bois de temps à autres, tout ce que vous voudrez. Mais jamais vous ne me verrez de mon vivant faire du camping, par exemple. J'appartiens à une espèce qui dépérit si elle ne vit pas à proximité d'une connexion Internet.
Alors forcément, lorsque j'ai lu le résumé de Dylan Dubois, j'ai découvert que le rêve de Dylan était de vivre reclus au fond des bois, et j'ai eu peur de ne pas arriver à m'entendre avec lui. Mais au contraire, notre différence de point de vue était très intéressante, et je ne me suis sentie que plus intriguée par Dylan...

Dylan est justement l'énorme force de ce roman. Intelligent, attachant, il détonne par rapport à la plupart des personnages principaux des romans pour adolescents et YA. Sa soif de liberté et sa quête d'identité m'ont touchée, et j'ai adoré suivre son parcours... Une vraie réussite !
Cela vaut également pour les autres personnages, qui brillent tous par leur profondeur. Ils sont inégalement présents, n'apparaissant parfois que le temps de quelques chapitres, mais tous apportent quelque chose d'indéfinissable à l'intrigue, une ambiance, une morale... Qu'on les aime ou qu'on les déteste, une chose est sûre, ils ne peuvent laisser indifférents. 

Une fois les premiers chapitres dépassés, j'ai été complètement plongée dans la vie de Dylan, et il m'a été difficile de quitter ma lecture. Les chapitres sont très courts, ce qui me plaît toujours énormément, et l'écriture de l'auteure, que je découvrais avec ce roman, très agréable, ce qui donnait à l'histoire un rythme très agréable, alternant entre des passages remplis d'actions et d'autres plus calmes, durant lesquels Dylan fait partager ses réflexions sur la liberté, le bonheur, le sens de la vie, toujours pertinentes et saisissantes. Certaines d'entre elles, me semblant particulièrement justes, m'ont parfois interpellée, et j'avoue qu'il m'a été difficile de ne sélectionner qu'une citation en tête d'article !

Note attribuée : 9,5/10 : une excellente découverte qui frôle le coup de cœur, qui m'a fait autant voyager que réfléchir ! Un roman d'initiation passionnant, parsemé de belles réflexions et références poétiques, et porté par un héros sensible et attachant ! Dylan Dubois est à mes yeux un roman à part, qui se distingue de ce que l'on peut lire la plupart du temps par sa maturité et sa justesse. À découvrir absolument !

samedi 7 novembre 2015

La Belle Rouge d'Anne Loyer — Chronique n°139

"— Le passé n’écrit pas forcément l’avenir. 
— Elle est jolie cette phrase, je la comprends pas très bien, mais elle sonne bien.
— Oui... Ça veut certainement dire que c’est pas parce que le passé est moche que l’avenir doit l’être aussi."

Titre : La Belle Rouge
Auteure : Anne Loyer
Éditions : Alice Éditions (collection Tertio)
Résumé : Marje est camionneuse depuis 25 ans. Avec son beau camion rouge, elle sillonne les routes de France et d'ailleurs. Rien ni personne ne pourra mettre fin à sa passion de rouler. Entre son camion et elle, c'est une grande histoire d'amour. 
Kader va avoir 16 ans. Il n'a jamais connu son père et a été abandonné par sa mère lorsqu'il avait sept ans. Après plusieurs familles d'accueil et des ennuis avec la justice, il vit dans un centre d'éducation renforcée pour mineurs. C'est un rebelle, une vraie tête brûlée qui n'a qu'une envie : se faire oublier. Malheureusement, cela ne fonctionne pas. Après avoir reçu une lettre de sa mère, Kader décide de fuguer. Il se retrouve sur une aire d'autoroute et monte dans un camion laissé ouvert. C'est celui de Marje. D'abord très contrariée par cet intrus qui chamboule son quotidien bien huilé, elle accepte finalement de le garder pour un bout de route...

----------------------------------------------------

Un grand merci à l'auteure et aux éditions Alice pour cet envoi !

----------------------------------------------------

Je n'avais jamais eu l'occasion de découvrir la plume d'Anne Loyer auparavant, mais j'avais entendu beaucoup de bien de son roman Comme une envie de voir la mer. C'est donc tout naturellement que j'ai accepté de lire celui-ci, qui a été une jolie découverte !

Marje a la soixantaine, est chauffeuse de camion depuis 25 ans, et nourrit pour son camion, qu'elle a surnommé affectueusement "La Belle Rouge", une passion qui ne semble que s'affirmer avec le temps. Kader a 16 ans, vit dans un centre d'éducation renforcée, et décide de fuguer. Il trouve refuge dans le camion de Marje... qui ne réagit pas très bien à la présence de cet intrus, dans un premier temps, mais qui accepte finalement de l'emmener vers leur destination commune, au sud...

La Belle Rouge est un roman court, avec peu de personnages, mais très intense. Il est rythmé par de très courts chapitres et une écriture fluide, et les pages se tournent toutes seules !
Marje et Kader sont deux personnages qui n'ont à première vue rien à voir, mais dont on découvre petit à petit les points communs. Tous deux blessés au cours de leur vie pour des raisons très différentes, leur rencontre est totalement improbable mais non moins saisissante et touchante. Ils sont loin d'être parfaits, mais cela les rend terriblement authentiques, et c'est justement la raison pour laquelle on les apprécie.Ils se révèlent petit à petit au cours de leur voyage à travers la France, échangent des réflexions touchantes. On se surprend à s'attacher à eux bien plus rapidement qu'on ne l'aurait pensé... Et ils nous manquent déjà à peine le roman terminé.

Un road-trip atypique qui se savoure, à l'intrigue tout en délicatesse et en sensibilité !
Note attribuée : 7,5/10

jeudi 5 novembre 2015

Simon VS The Homo Sapiens Agenda de Becky Albertalli — Chronique n°138

"White shouldn't be the default any more than straight should be the default. There shouldn't even be a default.”

“Why is straight the default? Everyone should have to declare one way or another, and it shouldn't be this big awkward thing whether you're straight, gay, bi, or whatever. I'm just saying.” 

Titre : Simon VS The Homo Sapiens Agenda
Auteure : Becky Albertalli
Genre : Realistic Fiction | Contemporain | LGBT
Éditions : Penguin Books
Nombre de pages : 302
Résumé : Sixteen-year-old and not-so-openly gay Simon Spier prefers to save his drama for the school musical. But when an email falls into the wrong hands, his secret is at risk of being thrust into the spotlight. Now Simon is actually being blackmailed: if he doesn’t play wingman for class clown Martin, his sexual identity will become everyone’s business. Worse, the privacy of Blue, the pen name of the boy he’s been emailing, will be compromised.



With some messy dynamics emerging in his once tight-knit group of friends, and his email correspondence with Blue growing more flirtatious every day, Simon’s junior year has suddenly gotten all kinds of complicated. Now, change-averse Simon has to find a way to step out of his comfort zone before he’s pushed out—without alienating his friends, compromising himself, or fumbling a shot at happiness with the most confusing, adorable guy he’s never met.


------------------------------------

Existe également en français

Titre : Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens
Éditions : Hachette
Nombre de pages : 320
Résumé : Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement : 1/ Ils fréquentent le même lycée. 2/ Blue est irrésistible. 3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.) Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Martin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr…

------------------------------------

Simon VS The Homo Sapiens Agenda est un roman idéal pour cette sombre et morne période automnale, tout simplement parce qu'il déborde de bonne humeur et laisse son lecteur avec un sentiment d'enthousiasme et une envie de se trémousser de joie rares. Je suis sortie de cette histoire un sourire béat aux lèvres – je devais avoir l'air fort intelligent –, amoureuse des personnages, de leur humour. 

L'énorme point positif de ce roman est Simon, le personnage principal, drôle, adorable, réaliste, qui éprouve une fascination pour les Oreos que je peux parfaitement comprendre, et que l'on rêve d'avoir pour meilleur ami. Je l'ai apprécié dès les toutes premières pages, et ce sentiment ne s'est pas démenti au fil de ma lecture. Les personnages secondaires, bien que nombreux, m'ont également beaucoup plu... Il existe une alchimie incroyable entre ces personnages, leurs dialogues sont toujours électrisants et hilarants, leurs relations sont authentiques... Une vraie réussite de ce côté-là !

Simon VS the Homo Sapiens Agenda est un roman indéniablement entraînant, à l'atmosphère optimiste, et fait l'effet d'une bouffée de fraîcheur. On y trouve de nombreux échanges de mails entre Simon et Blue tous plus adorables les uns que les autres, que j'ai toujours découverts avec plaisir !
L'identité de Blue est mystérieuse mais pas impossible à trouver, et l'auteure dose très justement les indices qu'elle nous délivre – et je peux vous dire que lorsque j'ai vu que j'avais deviné juste, j'étais relativement plutôt tout à fait fière de moi – moi, vaniteuse ?
On dévore ce roman, grâce à la plume très agréable de l'auteur, au rythme trépidant créé par des chapitres courts et une action qui ne se traîne jamais, et même si ce livre n'atteint pas des sommets de profondeur, il reste sensible et intelligent, faisant partager des réflexions tout à fait justes sur l'homosexualité, l'amour et l'amitié, le regard des autres.  À mettre entre toutes les mains !

Note attribuée : 9/10 : un roman feel-good que l'on ne peut que savourer, porté par des personnages incroyablement attachants, qui nous fait sourire et même rire, et qu'on referme rempli d'énergie positive ! Il aborde très justement un sujet parfois tabou, l'homosexualité et le coming-out, avec une dose d'optimisme et d'humour admirable, et délivre de beaux messages sur l'acceptation de soi ! À découvrir absolument pour égayer ses soirées de déprime hivernale !