La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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mercredi 31 août 2016

Camarades de Shaïne Cassim — Chronique n°240

Titre : Camarades
Auteure : Shaïne Cassim
Genre : Historique
Éditions : L'École des Loisirs
Lu en : français
Résumé : Dans une forêt enneigée, par moins trente degrés, en Russie, un jeune homme réussit à s'enfuir d'un bagne et à échapper à la police du Tsar. Au même moment, une jeune fille qu'on a battue perd connaissance dans une rue de Paris. En Normandie, une autre jeune fille commet un acte irréparable et trahit la seule personne qui lui soit fidèle. Dans un petit village du Pays de Galles, un garçon, perché au sommet d'un arbre, refuse obstinément de descendre. Il comprend qu'il vient de prendre sa vie en main. 

Ils s'appellent Evgueni, Gisèle, Eulalie, Eddie. Ils ont quinze ans, ils sont seuls au monde, ou presque. Chacun d'eux s'est accroché à un fil fragile que lui tendait tout à coup le destin. Nous sommes en 1870, et alors que grondent à la fois la guerre et la révolution, ils se rencontrent à Paris, où le pouvoir de Napoléon III met si facilement les gens en prison. C'est là que leurs vies vont se mêler. Et que leurs espoirs vont renaître.

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Un grand merci à l'École des Loisirs pour cet envoi !

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Dans un contexte de tension extrême, aux quatre coins de l'Europe de 1870 – une époque où il ne faisait bon vivre à peu près nulle part –, quatre adolescents, de nationalités différentes, aux histoires diamétralement opposées, voient leurs chemins se croiser dans un Paris bouillonnant, menacé par la guerre aussi bien civile qu'extérieure. Portant chacun le poids d'un passé difficile, ils apportent un témoignage très intéressant de ce que pouvait être la vie d'un adolescent en cette année si troublée.

Voir les décisions de chacun des protagonistes les mener à un même point – bien que très avancé dans le roman – est un véritable plaisir, un jeu de devinettes plutôt bien mené. Chacun des quatre personnages parvient à trouver sa place dans le cœur du lecteur, grâce au travail soigné porté par l'auteure sur chacun d'entre eux. Elle veille à leur créer une personnalité propre, loin de tout stéréotype, et parvient à les rendre marquants en ne leur consacrant finalement que trois chapitres chacun ! Cette petite prouesse reste le meilleur atout de Camarades, et devrait être votre principale motivation à le découvrir.

J'ai cependant été gênée par trois points, qui m'empêchent de qualifier ce bon roman – et j'insiste sur ce point, Camarades reste une lecture plaisante ! – de véritablement excellent : premièrement, le rythme du roman, malheureusement assez déséquilibré, avec une introduction un peu poussive qui contraste avec d'autres passages beaucoup plus denses, des moments trop calmes qui se heurtent à des scènes plus confuses...

Ensuite, j'aurais aimé retrouver plus de diversité entre les quatre personnages. Naturellement, ils sont de nationalité et de condition sociale différentes, cependant ils s'expriment de façon très similaire et témoignent exactement des mêmes idéaux... Mettre en valeur les similitudes de ces personnalités est évidemment un grand enjeu de Camarades, mais était-il essentiel de les rendre si identiques d'un point de vue moral pour que l'on saisisse leur proximité ? Pas sûr...

Enfin, certains aspects historiques du roman peuvent paraître un peu édulcorés par rapport à la réalité de l'époque ; ainsi la condition du personnage de Clara, jeune journaliste d'une trentaine d'années aux histoires d'amours peu conventionnelles, sillonnant le continent à sa guise, paraît-elle trop belle pour être vraie. 
Par ailleurs, la terrible guerre franco-prussienne de 1870 n'est que très peu abordée, alors que l'on peut s'attendre à la voir occuper une place centrale dans l'intrigue, et d'autres détails historiques semblent avoir été légèrement modifiés à la convenance de l'intrigue... Ces choix ont sans doute été faits délibérément afin de rendre ce roman plus accessible et plus fluide, il n'empêche qu'un peu plus d'Histoire n'aurait pas été de refus !

En bref, une histoire prenante et vivante, portée par des personnages aussi attachants que variés, qui parvient à faire voyager son lecteur dans une Europe loin d'être si éloignée que cela de la nôtre, avec ses tensions finalement assez actuelles, ses questionnements sur le pouvoir, l'identité de chacun. Malgré quelques points noirs, ce roman se déroule avec fluidité et efficacité, on ne peut s'empêcher d'éprouver inquiétude et compassion à l'égard des protagonistes... et c'est l'essentiel !

Note attribuée : 7/10

dimanche 28 août 2016

Harry Potter and the Cursed Child de J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne — Chronique n°239

“Harry, there is never a perfect answer in this messy, emotional world. Perfection is beyond the reach of humankind, beyond the reach of magic. In every shining moment of happiness is that drop of poison: the knowledge that pain will come again. Be honest to those you love, show your pain. To suffer is as human as to breathe.”

[Harry, il n'existe pas de réponse parfaite dans ce monde désordonné et régi par les émotions. La perfection est hors de portée de l'humanité, hors de portée de la magie. Dans chaque moment étincelant de bonheur, on retrouve cette larme de poison : savoir que la souffrance reviendra. Sois honnête envers ceux que tu aimes, montre-leur ta souffrance. Souffrir est aussi humain que respirer.]

Titre : Harry Potter and the Cursed Child
Auteurs : J. K. Rowling, John Tiffany et Jack Thorne
Genre : Fantastique | Théâtre
Éditions : Little, Brown UK
Lu en : anglais
Nombre de pages : 343
Résumé : Based on an original new story by J.K. Rowling, Jack Thorne and John Tiffany, a new play by Jack Thorne, Harry Potter and the Cursed Child is the eighth story in the Harry Potter series and the first official Harry Potter story to be presented on stage. The play will receive its world premiere in London’s West End on July 30, 2016.



It was always difficult being Harry Potter and it isn’t much easier now that he is an overworked employee of the Ministry of Magic, a husband and father of three school-age children.

While Harry grapples with a past that refuses to stay where it belongs, his youngest son Albus must struggle with the weight of a family legacy he never wanted. As past and present fuse ominously, both father and son learn the uncomfortable truth: sometimes, darkness comes from unexpected places.


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Harry Potter, HARRY POTTER, mes amis. Tout le monde a beau déclarer qu'il s'agit de la meilleure saga de tous les temps, on ne peut s'empêcher de se l'approprier secrètement, de s'autoaffirmer seul et unique à bien en saisir la beauté et la poésie. Il est inouï de voir à quel point un roman aussi largement lu et diffusé peut trouver une résonance à ce point personnelle en un tel nombre de lecteurs ! 

Je fais assurément partie de ces adorateurs, ces grands enfants qui ne se lassent jamais de relire et relire à l'envi les sept ouvrages qui composent cette série, et qui espèrent tout en redoutant un huitième tome, qui n'aurait jamais dû arriver, mais qui s'est finalement présenté sous une forme inattendue : le script d'une pièce de théâtre. Une année durant, on a pu contempler les portraits des acteurs de la pièce, et fixer frénétiquement la couverture dorée de ce huitième tome alternatif, qui n'en était pas vraiment un.
Et puis enfin, l'attente a touché à son terme, et l'ouvrage s'est retrouvé entre nos mains fébriles.

Ce n'était pas le huitième tome qu'on a parfois pu souhaiter. Surtout, ne vous attendez pas à un roman complet, aussi riche que les sept précédents. Vous seriez déçus, vraiment.
Mais peu importe, vous dirai-je. The Cursed Child est une savoureuse lecture, un peu rapide, un peu simple, mais à laquelle on prend plaisir, et que l'on vit comme un délicieux appendice, un bonus inespéré. 

L'intrigue est évidemment plus condensée que celles qui l'ont précédée, un peu plus "basique" peut-être par rapport à d'autres aux enjeux multiples, mais il fallait évidemment faire au plus clair pour que la compréhension des spectateurs soit plus aisée. On s'immerge avec plaisir dans le destin longuement fantasmé d'Albus Potter, fils cadet du héros, dont la scolarité à Poudlard s'avère des plus décevantes et éprouvantes. Albus, en rébellion totale par rapport à un père en lequel il ne se reconnaît pas, va tenter à sa manière de s'illustrer, d'apporter à son tour quelque chose à ce monde, de trouver sa voie d'une certaine façon, lui qui porte comme un fardeau la renommée de Harry. Mais évidemment, rien ne va se dérouler comme prévu... 

L'écriture, les personnages, les thématiques sont très différentes de ceux propres aux sept premiers Harry Potter. Ce que les lecteurs retenaient de la plume de J. K. Rowling, ses descriptions, la retranscription si juste des sentiments de ses personnages, n'est plus présent : ne subsistent que ses dialogues, toujours aussi vifs et enlevés, mais qui restent, il faut l'avouer, une partie seulement de ce qui faisait le charme de la prose harrypotteresque. 
Ce changement est cependant loin d'être un mauvaise chose à mes yeux : on sait très bien que l'écriture de J. K. Rowling est excellente. Sept romans nous l'ont déjà démontré, il n'est pas besoin de s'appesantir là-dessus. Pourquoi ne pas s'essayer à un autre genre littéraire ?

L'adaptation est réussie, les didascalies témoignant tout de même de ce talent pour la description et la création d'atmosphères. Les dialogues sont d'une vivacité remarquable, l'action dense mais judicieusement rythmée, les décors et effets spéciaux très nombreux, faisant sans doute de cette pièce un exploit technique ! Il est bien entendu quelque peu frustrant de ne profiter que du script, et de ne pas avoir sous les yeux sa représentation... Mais un jour, peut-être...

En bref, un ouvrage indéniablement différent de l'heptalogie originale de Rowling, mais pas forcément dans un mauvais sens ! On ne peut qu'apprécier le renouvellement de l'auteure, qui réinvestit tout de même des éléments phares de ses premiers romans, tout en introduisant de nouveaux personnages, de  nouveaux enjeux, pour créer une intrigue très divertissante, assurément enchanteresse, qui se suffit à elle-même pour captiver son spectateur ou lecteur le temps d'une représentation... The Cursed Child est loin d'être à mes yeux un opus de la saga Harry Potter à part entière, mais s'apparente plutôt à un sympathique spin-off, ou à une fanfiction de très grande qualité ! On ne peut en tout cas, à la lecture de ce script, s'empêcher de rêver de découvrir cette histoire débordante de magie sur scène...

Note attribuée : 8/10

vendredi 26 août 2016

Topo : l'actu dessinée pour les moins de 20 ans – numéro 1 — Chronique n°238

Titre : Topo : l'acte dessinée pour les moins de 20 ans
Numéro : 1
Éditions : La Revue Dessinée

Résumé : Derrière la caméra des YouTubeurs, on trouve aussi des banquiers. Attention ! les poils débarquent sans crier gare ! Alaa et Khalid, deux migrants syriens, racontent leur histoire. Il pleut des glaviote aux concerts des Sex Pistols ! Aux Etats-Unis, les armes à feu font plus de 30000 morts par an. Oui ! Les jeux vidéos sont racistes ET sexistes, la preuve par Topo.

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Un grand merci à l'équipe du magazine Topo pour cet envoi !

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Lorsque l'on m'a proposé de recevoir un exemplaire de ce magazine, j'étais surprise, puisque je ne chronique habituellement que des romans mais très enthousiaste : Topo s'est en effet avéré être une parution d'une grande qualité, que je ne peux que vous enjoindre à découvrir à sa sortie, le 1er Septembre.

Le postulat de ce magazine est séduisant et louable : rendre l'actualité accessible à tous, et surtout aux jeunes, pour qui il peut parfois être difficile de se sentir concerné par les médias classiques, ou de correctement interpréter leur langage ou leurs codes parfois complexes. Ici, avec ce bimestriel de 144 pages, rien de tout cela, on est dans la fluidité et la clarté les plus totales, avec un grand nombres d'articles sous forme de bandes dessinées, aux styles, longueurs, thèmes et tonalités divers et variés. Chacune de ces petites œuvres d'arts est réalisée avec talent, se dévore avec plaisir et intérêt, et justifie le prix à première vue élevé du magazine, 12€50. 

On dévore ce Topo, qui s'intéresse entre autres au salaire des Youtubeurs, au port d'armes aux États-Unis, au sexisme dans les jeux vidéos ou encore au témoignage d'un jeune réfugié syrien. Rien n'échappe à l'esprit critique aiguisé des dessinateurs, dotés de plus d'un humour des plus agréables. Même les quelques articles pour lesquels on peut éprouver un intérêt moindre de prime abord se révèlent toujours instructifs et plutôt plaisants. Topo tient ses promesses, les dépasse même, et mêle de façon assez remarquable l'utile et l'agréable !

En bref, une nouvelle parution de qualité à laquelle vous gagnerez à jeter un œil, quel que soit votre âge ou votre rapport à l'actualité ou à la BD. Des textes clairs, variés et très riches, mis en valeur par des dessinateurs talentueux, qui vous feront inévitablement apprendre quelque chose !

mercredi 24 août 2016

Le Dernier des nôtres d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre — Chronique n°237

Titre : Le Dernier des nôtres
Auteure : Adélaïde de Clermont-Tonnerre
Genre : Historique
Éditions : Grasset
Lu en : français
Nombre de pages : 489
Résumé : Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme.

Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d'un petit garçon.
Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant... Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.


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Voici venir l'époque la plus tragique et la plus glorieuse pour nous autres lecteurs. Celle où nos yeux se noient tant les textes auxquels ils sont confrontés sont prolifiques et qualitatifs, mais également celle où nos portes-monnaies sont profanés, dépouillés, massacrés.

La rentrée littéraire.

J'ai failli avoir un malaise en passant devant la table consacrée aux parutions de ladite rentrée dans ma librairie. Et je n'ai finalement craqué que pour un seul titre. Dans un premier temps. Quelle raisonnabilité, n'est-ce pas ?
Ce qui fut moins raisonnable fut la vitesse à laquelle j'ai englouti ledit petit craquage, à savoir trois heures montre en main. J'ai honte. Je suis satisfaite.

Le Dernier des nôtres frappe par sa sobre et belle couverture grise, par le parcours impressionnant de son auteure – normalienne, un roman finaliste du Goncourt et lauréat de cinq prix –, et surtout par son résumé envoûtant qui croise Seconde Guerre mondiale et années 70 sur un fond de secret et de romance. Il n'en faut pas beaucoup plus pour convaincre son lecteur, qui cède humblement à cet appel irrésistible, et se laisse bientôt emporter dans une histoire convaincante, prenante et émouvante.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre entrelace l'histoire de Walter, jeune homme ambitieux et sûr de lui vivant dans le Manhattan de 1969, à celle d'un enfant né dans les ruines de la ville allemande de Dresde, en 1945, dont on comprend rapidement qu'elles ne font qu'une. Par le biais d'une rencontre capitale, le personnage principal est bientôt confronté à un passé dont il n'avait absolument pas conscience, et qui n'aurait jamais dû être révélé...

D'autres romans ont creusé avant Le Dernier des nôtres cette thématique passionnante mais peut-être un peu usée du secret de famille lié à la guerre, tu des années durant, et qui resurgit une génération plus tard par le détour d'une coïncidence, d'un accident. On pouvait donc redouter un manque de piquant de la part de ce texte, peut-être un risque de tomber dans la facilité et le déjà-vu. Il n'en est rien : si l'histoire peut être un peu longue à démarrer, et le déroulement rester somme toute assez classique, l'auteure parvient à merveille à surprendre son lecteur, mais surtout à le toucher et à l'impliquer sentimentalement dans le destin de ses personnages. Le roman ne se lâche pas, les pages se tournent avec intérêt et bientôt avec émotion. L'écriture est un bonheur, tout en délicatesse et en émotion, et si l'articulation de l'histoire est peut-être un peu déséquilibrée, entre une introduction un peu lente et un dénouement très dense, rien n'empêche le lecteur de savourer sa découverte.

On alterne différentes atmosphères, entre une histoire épouvantable, tragique au cours de la Seconde Guerre mondiale, et une narration plus récente et légère, marquée par un personnage principal incroyablement attachant. Le drame est ainsi contrebalancé sans cacophonie aucune par l'humour et la vivacité de Walter en 1969, et les tonalités se succèdent avec harmonie pour former un tout dont on n'a aucune envie de sortir !

Note attribuée : 8,5/10 : un roman auquel il manque peut-être une infime touche d'originalité pour être véritablement qualifié de coup de cœur, mais qui demeure une très belle lecture, dans laquelle on s'immerge avec passion et qui fait voyager son lecteur à travers les époques avec talent, et introduit des personnages marquants aux parcours inoubliables.

dimanche 21 août 2016

The Siren de Kiera Cass — Chronique n°236

Titre : The Siren
Auteure : Kiera Cass
Genre : Fantastique | Romance
Éditions : Harpen Teen
Lu en : anglais
Nombre de pages : 327
Réusmé : Years ago, Kahlen was rescued from drowning by the Ocean. To repay her debt, she has served as a Siren ever since, using her voice to lure countless strangers to their deaths. Though a single word from Kahlen can kill, she can’t resist spending her days on land, watching ordinary people and longing for the day when she will be able to speak and laugh and live freely among them again. 


Kahlen is resigned to finishing her sentence in solitude…until she meets Akinli. Handsome, caring, and kind, Akinli is everything Kahlen ever dreamed of. And though she can’t talk to him, they soon forge a connection neither of them can deny…and Kahlen doesn’t want to.



Falling in love with a human breaks all the Ocean’s rules, and if the Ocean discovers Kahlen’s feelings, she’ll be forced to leave Akinli for good. But for the first time in a lifetime of following the rules, Kahlen is determined to follow her heart.


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Kiera Cass est une auteure dont je ne sais décidément plus quoi penser : ses histoires légères et entraînantes parvenaient toujours à me divertir et à me faire rêver, notamment les trois premiers tomes de sa saga La Sélection, mais depuis quelque temps, j’enchaîne les déceptions avec ses derniers titres, comme La Couronne et maintenant La Sirène, une réédition de son tout premier roman, entièrement remanié.

The Siren n'est que... gentillet. On le lit avec facilité, on se laisse porter sans encombre par cette histoire somme toute plutôt plaisante, qui s'achève en un rien de temps... Mais lorsque l'on le referme, le charme n'opère plus, rien ne semble subsister de cette découverte, à cause du manque d'approfondissement des personnages et de leurs relations et de l'évidente prévisibilité dont souffrent le roman.

En quatre mots : le lecteur s’ennuie.
SI. Le « s’ » compte pour un mot, je suis formelle. Je suis prête à vous défier en duel grammatical s’il le faut. Pour l’amour de la maniaquerie grammaticale.

Kehlan est une sirène, elle doit servir l'Océan pendant un siècle en lui livrant les âmes des noyés, mais, ô drame, elle tombe amoureuse d'un humain alors qu'elle n'en a évidemment pas le droit. 
Eeeeeet... C'est à peu près tout. Et ce n'est pas assez.

En effet, entre une histoire malheureusement inaboutie, un rythme lent et répétitif, des dialogues niais et des personnages principaux dont les sentiments amoureux se développent à une vitesse supérieure à celle de la lumière, il est difficile de se sentir conquis par cette lecture. 
Encore une fois, le potentiel est là, la narration est agréable, la plume facile à suivre et la mythologie investie sympathique, mais l’intrigue pourtant très courte se perd dans des méandres amoureux lassants, et ne parvient pas à marquer son lecteur de façon durable. Pour tout vous dire, d'ici quelques  jours, je serai sans doute incapable de retracer précisément le fil de l'histoire – j'ai même déjà du mal à me souvenir des prénoms des protagonistes. Non, je n'ai pas  un Alzheimer précoce. Pas du tout.

En bref, un roman certes plutôt agréable à lire, mais hélas loin de laisser une marque indélébile chez son lecteur. The Siren est assurément plein de potentiel, et aurait pu être une très belle découverte si seulement Kiera Cass avait été plus loin dans l'élaboration de ses personnages, dans la structure même de son livre. Il ne s'agit certes que de son premier roman, et tout est évidemment loin d'être mauvais, mais le fond ne suit malheureusement pas. 

Note attribuée : 4/10

samedi 20 août 2016

TAG – Extraordinary Means

Bonjour à tous !

J'ai été taguée par Eden du blog L'Âme des Mots... et j'ai mis plus d'un an à répondre.

On peut au moins saluer le fait que j'ai répondu.

''Extraordinary Means'' est un tag créé par Robyn Schneider à l'occasion de la sortie de son roman Extraordinary Means, que Fairy Neverland a repris sous le nom "La fin justifie les moyens". Il suffit de choisir un livre qui correspond au dilemme proposé. 

C'est parti !

 1 – Je renoncerais à mon abonnement internet pendant un mois pour une première édition de ce livre dédicacée par l’auteur.  


C'est bien simple, me priver d'Internet pendant un mois est le moyen le plus simple de réduire mon espérance de vie de façon drastique. Alors il faudrait vraiment que ce soit un roman exceptionnel, vous voyez. Très probablement Les Misérables d'Hugo, mes amours, mes précieux, ou Autant en emporte le vent, que j'ai dû lire environ quatre ou cinq fois depuis ma quatrième et dont je n'arrive toujours pas à me lasser, ou encore n'importe lequel des romans de Zola.


 2 – Je renoncerais aux pizzas pendant un an si je pouvais être assise aux côtés de cet auteur pendant un vol longue distance. 


Je n'aime pas vraiment la pizza, pour tout vous avouer, alors bonjour le sacrifice. 
Et pour ce qui est de l'auteur... De façon extrêmement inattendue, j'adorerais passer quelques heures en compagnie de J. K. Rowling, pour la harceler de questions au sujet du destin du moindre des personnages de Harry Potter, de Serge Brussolo, qui a écrit des livres de fantastique absolument merveilleux qui ont clairement forgé mon enfance, tels que Peggy Sue et les Fantômes ou Les Mondes de Sigrid, et à qui j'aurais également un certain nombre de choses à dire, ou de façon malheureusement très improbable, à Pierre Bottero, parce que, Pierre Bottero.


3 – Je me coltinerais des milliers d’heures de pub si cela assurait l’adaptation cinématographique de ce livre par Hollywood. 


De manière générale, je suis bien trop souvent déçue par les adaptations cinématographiques de romans, a fortiori par Hollywood, alors des milliers d'heures de publicité pour une déception, hum, comment dire.

Mais on me dit en régie qu'il faut que j'arrête de démonter une à une les questions de ce tag, alors disons, hum, Les Chroniques Lunaires de Marissa Meyer, les seules, les uniques, les précieuses Chroniques Lunaires.


 4 – Je ne lirais jamais plus de nouveau livre si je pouvais vivre dans le monde de celui-ci.

Pardon ? Plus jamais de lecture ? Non, non, ma bonne dame, ça ne va pas être possible. 
Bon, je suppose qu'il faut quand même que je réponde à cette question, histoire que ce tag ne soit pas totalement inutile. 
Et je vais y répondre de façon tout sauf originale.
Quand je serai grande, je veux être Harry Potter.

5 – Je laisserais volontiers mon historique Google être dévoilé publiquement si je pouvais être meilleur(e) ami(e) avec cet auteur. 


Laissez-moi vous dire que vous allez mortellement vous ennuyer avec mon historique Google, il n'y a pour ainsi dire rien de croustillant.
Je sais. Navrée. Vous espériez que ma véritable nature serait ainsi révélée. Mais vous ne m'aurez pas à ce petit jeu.

Et pour ce qui est de l'auteur dont je voudrais qu'il soit mon meilleur ami... Probablement Clémentine Beauvais, ses romans me plaisent énormément, tout comme son blog dont je suis les posts avec grand intérêt... Non contente d'être un excellent écrivain, elle est tout simplement une personne dont la compagnie doit être passionnante !


6 – Je donnerais tout ce que je possède à Emmaüs si je pouvais me fiancer avec ce personnage dans la vraie vie.


Non. On ne peut pas me demander ça. Comment choisir un seul futur mari parmi tous mes fiancés imaginaires potentiels ? L'intérêt est justement de rester dans l'indéterminé, le possible. À partir du moment où j'en choisis un, je renonce aux autres. Ils sont pratiquement comme mes enfants, vous voyez, je ne peux physiquement pas n'en garder qu'un. Non. Impossible.

Et puis, je trouve que la plupart des personnages de roman sont tout sauf crédibles dans leur perfection, si innocents qu'ils en deviennent niais. Je deviendrais folle si je devais vivre avec l'un d'entre eux.
Bref. Je renonce à cette question 6.


Voilà pour ce tag ! Je ne tague personne en particulier, pour la simple et bonne raison que ce tag a déjà été repris par énormément de blogueurs, et que je dois être à peu de chose près la dernière créature humaine à ne pas y avoir encore répondu. Mais si, comme moi, toi, ô lecteur, tu as vécu dans une caverne dernièrement et souhaites le reprendre, tu as ma bénédiction !

mercredi 17 août 2016

Miss Peregrine's Home for Peculiar Children de Ransom Riggs – Chronique n°235

Titre : Miss Peregrine's Home for Peculiar Children
Auteur : Ramson Riggs
Genre : Fantastique
Éditions :  Quirk Books
Lu en :  anglais
Nombre de pages :  384
Résumé : A mysterious island. An abandoned orphanage. A strange collection of very curious photographs. It all waits to be discovered in Miss Peregrine's Home for Peculiar Children, an unforgettable novel that mixes fiction and photography in a thrilling reading experience. As our story opens, a horrific family tragedy sets sixteen-year-old Jacob journeying to a remote island off the coast of Wales, where he discovers the crumbling ruins of Miss Peregrine's Home for Peculiar Children. As Jacob explores its abandoned bedrooms and hallways, it becomes clear that the children were more than just peculiar. They may have been dangerous. They may have been quarantined on a deserted island for good reason. And somehow-impossible though it seems-they may still be alive. A spine-tingling fantasy illustrated with haunting vintage photography, Miss Peregrine's Home for Peculiar Children will delight adults, teens, and anyone who relishes an adventure in the shadows.

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Existe également en français


Titre : Miss Peregrine et les enfants particuliers
Éditions : Bayard Jeunesse
Résumé : Jacob est un ado comme les autres, excepté qu'il se pose des questions sur son mystérieux grand-père. Quelles sont ces étranges photos d'enfants qu'il lui montrait quand il était petit ? Les histoires qu'il lui contait sur eux étaient-elles vraies ? Et pourquoi disparaissait-il aussi souvent ?
Tout s'accélère le jour où il le retrouve blessé dans son jardin. Jacob a vu des monstres, il en est sûr, et personne ne veut le croire. Il ne lui reste qu'à suivre les dernières instructions qu'a murmuré son grand-père avant de rendre son dernier souffle...

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Nous avons tous inventé des histoires autour d'images lorsque nous étions enfants, et c'est de là que part Ramson Riggs, ou plus précisément de son impressionnante collection de photographies anciennes. À partir de ces clichés véritables, il va articuler toute une histoire, et livre ainsi une double œuvre artistique dont on savoure vraiment la richesse. Loin de n'être que simples illustrations, ces photographies supportent l'histoire et créent son atmosphère.

Le roman se lit à une vitesse folle, porté donc par ces photographies – pour la simple et bonne raison que l'on désire toujours atteindre la suivante – et par l'écriture très plaisante de l'auteur, qui joue avec les retournements et crée un rythme très entraînant dont il est difficile de s'extraire. Sitôt les premières pages dépassées, l'intrigue ne tarde pas à démarrer, et les péripéties sont légion jusqu'au dénouement, pour le moins inattendu.

Trois points de déception cependant : premièrement... ce roman, dont j'étais persuadée qu'il appartenait au genre de l'horreur, ne fait absolument pas peur, n'est pas angoissant ou oppressant le moins du monde, et surtout, ne présente pas de tension à proprement parler. Il s'agit d'une histoire originale et prenante, certes, mais qui ne jouit pas d'une de ces atmosphères envahissantes et brillantes qui lui donnent une âme, le rendent inoubliable. Lorsque l'on referme Miss Peregrine, on ne ressort pas bouleversé, touché. Il s'agit d'une jolie histoire... dont l'emprise sur le lecteur s'efface dès qu'il en ressort.

Par ailleurs, les personnages semblent tous très antipathiques, qu'il s'agisse des antagonistes – encore heureux – ou des héros : tous agissent de façon assez perturbante, Jacob notamment brille par la confusion de ses actions et son espèce de misanthropisme permanent assez désagréable. Rajoutez à cela l'ambiguité et la sévérité du personnage de Miss Peregrine et la tendance aux caprices des enfants particuliers, et on obtient une fresque  de personnalités finalement assez repoussante...

Enfin, l'histoire est trop confuse, assez prévisible, et perd parfois de sa saveur à trop se répéter. Le mystère initial se résout trop vite, une énorme partie du roman consiste en des allers-retours trop lassants de Jacob entre les deux mondes qu'il découvre, la tentative de romance est tout sauf naturelle... L'auteur ne va pas à l'essentiel, aurait dû s'éloigner des sentiers battus – ce qu'il avait déjà fait avec le concept de son roman, mais qu'il manque malheureusement dans le développement même de ce concept. On est malheureusement déçu de voir que des idées aussi originales n'aboutissent qu'à un scénario aussi classique... Rien de très mauvais, évidemment, mais il est définitivement décevant de tomber dans une trame fantastique usée lorsque l'on avait eu tant d'espoir.

En bref, un roman débordant de potentiel, à découvrir pour son écriture innovante et sa démarche unique de s'inspirer de photographies pour  élaborer une intrigue de roman. Quelques points noirs émaillent malheureusement la lecture, le roman aurait encore à gagner en vivacité peut-être, et en intensité pourquoi pas, mais je fais confiance à la suite pour cela.

Note attribuée : 5,5/10