La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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mardi 28 avril 2015

To All the Boys I've Loved Before de Jenny Han — Chronique n°90

"Love is scary: it changes, it can go away. That's the part of the risk. I don't want to be scared anymore."

“Do you know what it’s like to like someone so much you can’t stand it and know that they’ll never feel the same way?” 

Titre : To All The Boys I've Loved Before
Auteure : Jenny Han
Éditions : Simon & Schuster
Genre : Romance | Realistic Fiction
Résumé : Lara Jean keeps her love letters in a hatbox her mother gave her.
They aren't love letters that anyone else wrote for her, these are ones she's written. One for every boy she's ever loved—five in all. When she writes, she can pour out her heart and soul and say all the things she would never say in real life, because her letters are for her eyes only. Until the day her secret letters are mailed, and suddenly Lara Jean's love life goes from imaginary to out of control.



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Avant d'acheter ce roman, j'ai lu autant d'avis surenthousiastes que d'avis très mitigés. J'ai donc décidé de me faire ma propre opinion en le lisant à mon tour. Et... je suis déçue. Très déçue. 

Je me sens obligée de commencer par vous parler du personnage principal, Lara Jean – oui, oui, c'est son vrai prénom. On s'y habitue presque, promis. Lara Jean est tombée amoureuse de 5 garçons dans sa vie. Malheureusement pour elle, son amour n'a jamais été partagé et elle n'a jamais été en couple. Pour oublier ces garçons, elle leur a écrit à chacun une lettre d'adieu. Elle conserve ces petites lettres, jamais envoyées, dans une boîte à chapeaux. Mais un jour, ô drame, les lettres sont envoyées à leurs destinataires par un mystérieux individu.

Bon. Commençons. J'ai trouvé que cette histoire aurait pu être plus exploitée, dans le sens où je m'attendais à beaucoup plus de quiproquos et de situations gênantes, ou au moins d'une réaction plus... spectaculaire de la part de tous nos petits protagonistes. 
Je veux dire, les garçons reçoivent les lettres dans lesquelles Lara Jean leur explique à quel point elle les aimait – voire à quel point elle les méprise désormais –, et ils lui disent juste "Tiens, Lara Jean, ta lettre (n')était (pas) très gentille. Je suis flatté/énervé." Point. NON. JE PROTESTE. C'est une situation mortifiante et humiliante pour Lara Jean, et j'aurais aimé que cela se ressente.

Lara Jean est une jeune fille extrêmement immature. Dans la plupart de ses réflexions, elle me donnait l'impression d'avoir plutôt 12 ans que 16. Commençons simple : elle appelle son père Daddy et sa mère Mommy. À 8 ans, j'accepte, mais à 16, elle aurait pu passer à "Dad" et "Mom", non ? Son comportement innocent à l'extrême est à la limite de la stupidité, et même sa petite sœur de 9 ans semble plus âgée qu'elle.
Autre exemple, dans la première partie du roman, Lara Jean est scandalisée en apprenant qu'un certain Peter dont elle a été amoureuse a – tenez vous bien – triché à un quizz en cinquième. Il s'agit bien sûr d'un crime impardonnable que la jeune fille va reprocher à Peter tout au long du roman.

Lara Jean est une jeune fille qui fait souvent des fixettes sur certaines choses. Par exemple, au début du roman, elle nous explique pendant des chapitres et des chapitres à quel point elle adore sa grande sœur et à quel point elle est désespérée que celle-ci s'en aille en Écosse pour ses études. Elle passe ensuite des dizaines d'autres pages à raconter qu'elle est/était amoureuse du copain de sa sœur – ce qui est quand même très malsain. Elle s'enfonce alors en expliquant qu'elle ne ressent plus rien, absolument plus rien pour ce garçon. 
Mais oui, on te croit. Tu viens de passer quinze pages à nous expliquer à quel point il était formidable et beau et gentil et charmant et attentionné et intelligent.

Et tout au long du roman, la demoiselle va s'attarder des paragraphes et des paragraphes sur des détails qui, sincèrement, n'en valent pas la peine. Par exemple, la couleur du saladier dans lequel elle prépare sa salade pour Thanksgiving. Rouge. Ou la saveur des cookies qu'elle prépare tous les ans pour chacun des membres de sa famille à Noël. Ou la couleur des affaires que sa mère achetait à elle et à ses sœurs. Bleu pour Margot, rose pour elle, et jaune pour Kitty, sa petite sœur. 
Passionnant.
Je suis absolument pour les détails, parce qu'ils donnent son charme et son unicité à une histoire, mais on n'est pas obligé de tout dire non plus. 

Lara Jean va répéter un bon million de fois certains éléments, comme le fait qu'elle est à moitié Coréenne et à moitié Américaine. Ou qu'elle a vraiment très peur de conduire. Ou que sa sœur Margot lui manque. Ou qu'elle ne sait plus vraiment ce qu'elle éprouve pour Josh, le copain de sa sœur.
Bien sûr que c'est important de savoir ce que ressent le personnage principal. Mais il y a un moment où "c'est bon, on a compris".

Tout cela aurait pu être acceptable si Lara Jean mûrissait tout au long du roman. Sauf que... non. Elle reste strictement la même. 
Non. Je suis vache. Elle a évolué. À la fin du roman, elle est désormais capable de bien faire la cuisine pour Kitty et son père.

Dans ce roman, on a le... plaisir de retrouver un infâme triangle amoureux comme je les abhorre. J'aurais aimé qu'il y ait une romance mignonne et attendrissante. Au lieu de cela, Lara Jean va faire semblant d'être en couple avec le fameux Peter pour garder sa fierté intacte après que Josh a reçu sa lettre. Vous voyez le niveau de sa réflexion.

À défaut d'une romance, on aurait pu espérer une jolie relation d'amitié ? Que nenni. La seule amie de Lara Jean est une dénommée Chris qui fait à peu près quatre apparitions dans le livre, toutes plus dénuées d'utilité les unes que les autres. 

Dernier point... Il n'y a pas de fin. Je suis formelle là-dessus : le livre se termine d'un coup, alors que le lecteur a encore un million de questions sans réponse et que trop peu d'éléments de l'intrigue ont été résolus. Un happy ending mielleux aurait même été préférable. Il y a une suite, PS : I still love you, qui sortira fin mai. Je compte la lire, pour laisser une seconde chance à cette histoire et pour trouver un tant soit peu d'éléments de conclusion.

J'ai cependant quelques remarques positives à faire – je sais, vous n'y croyiez plus

  1. Certains personnages ont trouvé grâce à mes yeux, comme Peter. À vrai dire, c'était un des seuls éléments qui m'ont poussée à terminer ce roman. J'ai accroché à sa façon d'être et à son humour, bien plus naturels que ceux des autres personnages. 
  2. Le niveau de VO est très, très abordable. Si vous cherchez à commencer à lire en anglais, ce livre peut être une très bonne idée.
  3. L'écriture en soi est sincèrement très facile à suivre et fluide. Elle n'a rien de transcendant, mais elle est agréable.
  4. La couverture est belle ?... 

Note attribuée : 5/10 : une déception, malgré une bonne idée de départ, une histoire bien trop mièvre et pas assez exploitée à mon goût, dont l'héroïne m'a exaspérée d'un bout à l'autre. Cependant, je sais que pas mal de personnes ont trouvé ce roman très rafraîchissant et mignon, et je pense qu'effectivement, To All The Boys I've Loved Before peut plaire. À vous de voir !

mercredi 15 avril 2015

Mademoiselle part... aux États-Unis !

Bonjour à tous !

J'écris ce petit article – qui ne sera pas des plus passionnants – pour vous prévenir de mon départ très très imminent pour Washington ! Je pars demain avec quelques élèves de ma classe pendant 10 jours, et je ne reviens que le Dimanche 26.
Cela fera donc au total deux semaines sans articles, et j'en suis absolument désolée... Promis, je me rattrape à mon retour, en publiant toutes mes chroniques en retard – et je peux vous dire qu'il y en a.

D'ici là, bonnes lectures, et à bientôt ! ♡
Capucine

lundi 13 avril 2015

The Book of Ivy d'Amy Engel — Chronique n°89

"Our story was written a long ago, and it does not have a happy ending."

"Love isn't something you can legislate. Love is more than charts and graphs and matching interests. Love is messy and complicated and it is a mistake to deny its random magic."

"But I've learned the hard way, we can't choose who we love. Love chooses us. Love doesn't care about what's convenient or easy or planed. Love has its own agenda and all we can do is get out of its way."

Titre : The Book of Ivy
Auteure : Amy Engel
Genre : Dystopie | Post-apocalyptique | Romance
Éditions : Entangled Publishing
Nombre de pages : 282
Résumé : What would you kill for ?

After a brutal nuclear war, the United States was left decimated. A small group of survivors eventually banded together, but only after more conflict over which family would govern the new nation. The Westfalls lost. Fifty years later, peace and control are maintained by marrying the daughters of the loosing side to the sons of the winning group in a yearly ritual.

This year, it is my turn.
My name is Ivy Westfall, and my mission is simple : to kill the president's son – my soon-to-be husband – and return the Westfall family to power.
But Bishop Lattimer is either a very skilled actor or he's not the cruel, heartless boy my family warned me to expect. He might even be the one person in this world who truly understands me. But there is no escape from my fate. I am the only one who can restore the Westfall legacy.

Because Bishop must die. And I must be the one to kill him...

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Existe également en français

Titre : The Book of Ivy
Éditions : Lumen
Résumé : Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes a fini par se former, et ce qui reste des États-Unis d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.





J’ai seize ans cette année, et mon tour est venu.
Je m’appelle Ivy Westfall, et je n’ai qu’une seule et unique mission dans la vie : tuer le garçon qu’on me destine, Bishop, le fils du président. Depuis ma plus tendre enfance, je me prépare pour ce moment. Peu importent mes sentiments, mes désirs, mes doutes. Les espoirs de toute une communauté reposent sur moi. Le temps de la rébellion approche…
Bishop doit mourir. Et je serai celle qui le tuera.


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Livre lu en lecture commune avec Tess, du blog Les Lectures de Tess : son article !

J'ai enfin lu The Book of Ivy, le coup de cœur général de la blogo. Je vais faire dans l'originalité : c'est un coup de cœur pour moi aussi. J'ai tout aimé, d'un bout à l'autre. Je ne trouve absolument rien à redire, si ce n'est que la suite sort en VO dans très, très longtemps – en Novembre 2015 – et que je ne sais absolument pas comment patienter d'ici là.

J'ai tout de suite accroché avec l'histoire : une cité de survivants, reconstruite après une guerre dévastatrice, dirigée par un président autoritaire, et dans laquelle chacun subit un mariage arrangé dès 16 ans. Traditionnellement, les filles du camp perdant doivent épouser les fils du parti vainqueur, et vice-versa. Cette année, c'est au tour d'Ivy, fille du leader Westfall, d'épouser Bishop, le fils du président. Et elle a une mission plutôt claire : le tuer, afin de permettre à son père de récupérer le pouvoir.

J'ai eu un véritable coup de cœur pour les personnages, qui sont tous d'une qualité remarquable, creusés jusqu'au bout, et très attachants pour certains. Ils sont à mes yeux une des grandes forces du roman, la raison pour laquelle le lecteur s'accroche à son roman même s'il sent la fin atroce se profiler à l'horizon.
Bishop Lattimer est sans doute la personne – fictive hélas – la plus parfaite de cet univers. S'il y a bien un personnage de roman qui devrait se réincarner en humain, c'est lui. Avec Ivy, une fille que j'ai tout simplement adorée d'un bout à l'autre du livre. Même si elle aurait très souvent besoin de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.
Sinon, je crois que j'ai profondément haï le reste des personnages secondaires (à part Victoria, peut-être). Surtout Callie. Je l'aurais bien étranglée, celle-là.
Une réussite, donc.




Je vous préviens : à partir du moment où vous commencerez à lire les premières lignes de The Book of Ivy, vous serez inévitablement aspiré par l'histoire, ainsi que par l'écriture très agréable d'Amy Engel. Ça ne pourra être qu'un coup de foudre. Il n'y a aucun temps mort, on ne peut pas s'ennuyer, la tension ne fait que grimper jusqu'à la dernière page... 
Oui, quand je suis enthousiaste à propos d'un livre, ça se ressent dans ma chronique.

Et puis, cette fin. Mes aïeux, cette fin. Tout au long de ma lecture, je n'ai cessé de faire des pronostics, pour finalement rester ébahie en lisant les tous derniers chapitres. Jusqu'à la dernière phrase, à cause de laquelle je doute que je vais pouvoir survivre en attendant cette date si lointaine de Novembre 2015. On devrait créer un groupe de soutien entre lecteurs complètement accro à ce livre. 

Plus que 7 mois. 

Et puis, la couverture est aussi splendide en VO qu'en VF. Que demander de plus ?

Note attribuée : 10/10 : un coup de cœur ! 
*saisit son exemplaire du Book of Ivy  et le couvre d'une multitude de baisers*

mercredi 8 avril 2015

Afterworlds de Scott Westerfeld -— Chronique n°88

Titre : Afterworlds
Auteur : Scott Westerfeld
Genre : Realistic Fiction | Contemporain d'un côté, Paranormal | Mythologie de l'autre
Éditions : PKJ
Nombre de pages : 670
Résumé : Darcy Patel, 18 ans, a mis l'université entre parenthèses. Elle vient de signer un contrat pour publier son premier roman, Afterworlds. L'histoire de Lizzie, une ado qui échappe de justesse à une attaque terroriste en simulant la mort. 
Tandis que Darcy écrit et plonge dans l'effervescence de la scène littéraire new-yorkaise, Lizzie passe de notre monde à un monde intermédiaire, un lieu entre la vie et la mort, où elle va dénouer les secrets de son passé... Et rencontrer le garçon de ses rêves.

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Ça y est, j'ai terminé Afterworlds. J'ai passé beaucoup de temps avec ce petit pavé, l'ayant lu par petits bouts, et c'est vraiment étrange de l'avoir terminé... définitivement. C'est un roman atypique, je n'avais jamais rien lu de pareil. Je crois que je m'attendais à quelque chose de légèrement différent, mais je ne suis pas déçue pour autant !

Afterworlds raconte deux histoire en parallèle : celle de Darcy, une jeune fille de dix-huit ans, sur le point de publier son premier roman dans une maison d'édition réputée, et celle de Lizzie, l'héroïne du roman de Darcy... 
Le sous-titre "L'une écrit l'histoire, l'autre la vit" m'a fait croire qu'il allait y avoir toute une dimension de science-fiction ou de fantastique, dans laquelle les vies des deux protagonistes se mélangeraient, ou quelque chose dans ce goût-là. Je vous le dis tout de suite : il n'en est rien. Il s'agit de la vie de Darcy d'un côté, et de l'autre, sans aucune interférence avec le monde réel, l'histoire fictive de Lizzie, écrite par Darcy donc. 
Personnellement, j'ai préféré les chapitres consacrés à Darcy, dans lesquels on assiste à son installation à New York, à son histoire d'amour, à ses difficultés pour écrire... Il y a également toute une dimension autour de l'édition aux États-Unis qui m'a passionnée ! La romance est également intéressante, pour des raisons que je vais vous laisser découvrir...
Les chapitres de Lizzie étaient également passionnants, mais j'ai tout simplement moins accroché avec l'histoire, qui est pourtant un mélange bien pensé de paranormal et de mythologie. 

Pour décrire les deux héroïnes, leurs personnalités se ressemblent par beaucoup d'aspects, puisque Lizzie a été créée par Darcy, mais j'ai quand même préféré Lizzie. Darcy a souvent des réactions très impulsives, elle agit sur des coups de tête... Lizzie a ce trait de personnalité, mais moins prononcé, et je la comprenais mieux. 

Le risque en écrivant un roman aussi long avec deux histoires aussi différentes ? Je pense que certains lecteurs vont décrocher à un moment donné, pour ne plus lire que les chapitres de l'héroïne qu'ils préféreront. Pas tous les lecteurs, bien sûr, mais quelques-uns... De plus, les chapitres de l'une ou de l'autre des héroïnes se terminent souvent sur une note de suspense, et parfois, devoir changer complètement d'univers pendant un chapitre (d'autant plus que les chapitres sont longs, 20 pages environ) avant de connaître la suite m'a légèrement ennuyée. 

Malgré cela, j'ai beaucoup aimé ce choix de narration, qui rend ce livre unique et lui donne tout son intérêt. Avoir à la fois une histoire réelle et une autre complètement fantastique donnait un aspect très... complet au roman.

Les personnages sont plutôt nombreux, et très différents les uns des autres. Mon personnage préféré est Imogen, bien plus mature et réfléchie que Darcy, même si son attitude à la toute fin du roman m'a moins plu. J'ai également beaucoup apprécié Nisha, la petite sœur "comptable" de Darcy, qui m'a bien fait rire !
Par contre, Yamaraj ne m'a absolument rien inspiré, et son histoire d'amour avec Lizzie m'a tout sauf touchée. J'avais l'impression que Yama ne faisait que rabaisser Lizzie et lui faire la leçon en permanence, l'empêchant d'exploiter tous ses nouveaux pouvoirs... Bref, pas une réussite de ce côté-là.
Quant aux autres personnages, la mère de Lizzie, Jamie, les parents de Darcy, ils n'étaient ni affreux, ni exceptionnels... Ce n'est pas le point qui m'a le plus marquée dans ce roman.

J'ai lu Afterworlds en une semaine et demie, ce qui est assez long pour moi, et les longueurs ne m'ont pas trop ennuyée, puisque je lisais par petits bouts (sauf les 150 dernières pages que j'ai dévorées d'un coup !). Cependant, je dois vous prévenir, parfois, le roman semble un peu long, quelques passages se ressemblent, et l'action de certains chapitres se répète parfois... Mais il faut dire qu'écrire un livre de 670 pages sans aucune longueur serait un exploit !

Un petit détail – vous penserez que je chipote, mais je vous assure que cela m'a dérangée. Dans la partie de Lizzie, on évoque et on croise à de très nombreuses reprises un serial killer. Tout au long du roman, Lizzie l'appelle "le méchant homme". Il n'y a aucune variante, pas de "meurtrier", d'étranger, d'inconnu ou que sais-je... Retrouver "le méchant homme" écrit quatre fois en une page, était quand même lassant, et me donnait parfois l'impression d'entendre une petite fille de six ans  – surtout que Lizzie appelle également un autre méchant personnage "le vieil homme", jusqu'à ce qu'elle apprenne enfin son nom page 450.

En bref, Afterworlds est une très bonne lecture, mettant en scène deux univers totalement différents mais qui se complètent étonnamment bien. Un roman porté par deux héroïnes attachantes, dont les aventures ne peuvent que nous passionner ! Quelques lenteurs et répétitions ainsi que d'autres défauts mineurs, mais rien de bien grave...

Note attribuée : 8,5/10

mardi 7 avril 2015

Seuls au monde 2 d'Emmy Laybourne — Chronique n°87

"Souffrir, c'est bon ; la douleur se consume et te rend fort. Mais souffrir sans raison, laisse ça aux faibles."

Titre : Seuls au monde 2
Auteure : Emmy Laybourne
Genre : Post-apocalyptique
Éditions : Hachette
Nombre de pages : 284
Résumé : Huit jeunes sont dans un bus. Le trajet s'étale sur 110 km. Sachant que : 
  1. une usine chimique a explosé ;
  2. mettre le nez dehors équivaut à mourir dans d'atroces souffrances ;
  3. la route est infestée de meurtriers, 
calculez leurs chances d'arriver entiers à l'aéroport. 
Les huit jeunes, c'est nous.
Et nos chances de réussite, elles puent. 

La fin du monde a commencé comme un jour ordinaire. Nous étions quatorze, pris au piège dans un centre commercial. À attendre une aide qui n'est jamais venue. Notre seul espoir : un avion qui nous attend à Denver et qui doit nous emmener loin du nuage toxique. 
Dean, mon frère, a décidé de rester au centre commercial avec Astrid et trois petits. Et moi, je suis parti avec les autres.
Ai-je fait le bon choix ?

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Avertissement : si vous avez eu la chance d'être pourvu d'une paire d'yeux fonctionnant correctement à votre naissance, vous pouvez constater qu'il s'agit du second tome d'une série. Par conséquent, si vous n'avez pas lu au préalable le tome 1, je vous déconseille vivement de lire cette chronique, autrement, vous risquez fortement de vous spoiler l'intégralité du début de la série. Après, nous vivons en démocratie, donc vous faites absolument tout ce que vous voulez... enfin, tant que ça reste légal.

J'avais bien aimé le premier tome de Seuls au monde, très prenant et appartenant à un genre que j'ai toujours adoré, les histoires d'apocalypse. Quand j'ai repéré les deux tomes suivants dans ma bibliothèque, je n'ai donc pas hésité une seconde ! Cette suite est tout aussi bien ficelée que le premier tome, et j'ai vraiment hâte de voir ce que peut donner le dénouement de la trilogie...

Nous retrouvons donc toute la petite troupe (enfin, petite, ils sont quand même quatorze), mais cette fois-ci, les jeunes ont eu la brillante idée de se séparer – saisissez l'ironie de mon propos  et se retrouvent donc dans des situations passablement inconfortables et dangereuses. Huit ont choisi de rallier l'aéroport militaire de Denver en bus, cinq de rester au Greenway, dont Dean, notre héros, tandis que Jake a choisi d'abandonner ses compagnons d'infortune et de fuir – aucun commentaire. Rajoutons que des gaz mortels sont répandus absolument partout à l'extérieur, qui tuent les personnes de groupe sanguin A, rendent les B stériles, les AB paranoïaques et les O violents et animés d'envie de meurtre. Un cadre très sympathique, donc.

Dans ce tome-ci, la narration alterne à chaque chapitre entre Dean et son petit frère Alex (qui a choisi de partir à Denver). C'est évidemment un choix judicieux, puisque sans cela, on manquerait juste la moitié de l'histoire. J'ai clairement préféré Dean, Alex me tapait vraiment sur les nerfs. 

Les personnages, toujours aussi nombreux, sont peut-être plus développés et plus attachants que dans le premier tome, où leurs personnalités étaient très survolées et à la limite du cliché (je pense à Jake, Brayden ou à Sahalia). On a beaucoup moins de mal à se souvenir de leur quatorze petits noms, bon point donc. 
J'ai beaucoup plus "ressenti" les situations que dans le tome précédent, et je me suis fréquemment demandé avec un frisson d'horreur : " mais qu'est-ce que j'aurais fait à leur place ?". 
Réponse : "j'aurais piqué une crise de panique et j'aurais eu de grandes chances de mourir puisque je suis du groupe A".

Une chose est sûre, Emmy Laybourne sait ménager du suspense et faire monter la tension. J'ai été incapable de lâcher ce livre dès la première page, et je l'ai terminé le temps d'un trajet en train. Les pages se tournent toutes seules, les rebondissements sont très fréquents et j'ai été souvent surprise par la direction que prenait l'intrigue. Les chapitres respectifs de Dean et d'Alex se terminent très, très souvent sur d'épouvantables cliffhangers qui nous poussent à lire encore un chapitre pour savoir ce que sont devenus nos chers petits rescapés du Greenway. La tension ne fait que monter tout au long du roman, dans les tous derniers chapitres en particulier, jusqu'à la fin...

La fin, pour le coup, m'a légèrement déçue, elle m'a semblé... fade. Je ne l'ai pas trouvée à l'image du reste du roman, et elle a complètement fait retomber toute mon excitation. Je m'attendais à totalement autre chose, et l'épilogue m'a semblé tomber comme un cheveu sur la soupe. 
Mais je compte sur Emmy Laybourne pour faire du tome 3 quelque chose de bien plus... apocalyptique.

Ce roman a souvent des aspects très jeunesse, à cause de certaines scènes ou du registre de langage : j'avais déjà souligné le langage parfois très familier dans ma chronique du premier tome, c'est encore le cas dans ce volume-ci. Mais à côté de ça, certains passages sont vraiment durs, voire carrément gores et parfois à la limite du malsain !

Spoiler – surlignez le blanc pour lire :

Je pense notamment à la scène où Jake surprend Dean et Astrid... Je veux dire, non, c'est pas sain (surtout qu'Astrid est enceinte de Jake), et qu'ensuite Astrid explique à Dean qu'elle veut être à la fois avec lui et avec Jake... C'est presque dérangeant comme situation ! Ou encore quand Dean découpe un homme avec une tronçonneuse, ou quand l'auteure s'attarde sur les descriptions de certaines blessures... Là, c'est gore.

Résumé du spoiler : j'ai évoqué certaines scènes dérangeantes/gores/malsaines. Voilà.

Enfin, ce ne sont que des passages, et ils n'ont absolument pas gâché ma lecture, heureusement ! 
J'ai globalement été très satisfaite de ce livre, qui est pratiquement dénué de longueurs, au style simple, efficace et direct. L'action est permanente et le suspense maintenu à son comble pendant une bonne partie du roman. C'est une très bonne saga pour les amateurs du genre – et même pour ceux qui y sont moins habitués !
Par contre, j'ai un gros blocage. Les couvertures. J'aime pas. Du tout.

Note attribuée : 8/10 : j'ai préféré ce tome-ci au premier, et je ne compte pas attendre longtemps avant de terminer la saga avec le tome 3 ! Une très bonne suite.

dimanche 5 avril 2015

Les Cœurs Brisés d'Amelia Kananey — Chronique n°86

"Le monde est une bête sauvage qui persiste à vous attaquer alors même que vous êtes à terre."

Titre : Les Cœurs Brisés
Auteure : Amelia Kahaney
Éditions : Robert Laffont (collection R)
Genre : Science-Fiction | Romance
Nombre de pages : 456
Résumé : Fille de la haute société de Bedlam, ballerine talentueuse, Anthem ne sait pas encore qu'elle sera bientôt arrachée à son cocon doré. 
Elle va payer de sa vie sa passion aussi brève qu'intense pour un jeune homme des bas-fonds...
Et lorsqu'elle se réveille avec un cœur hybride, la rendant capable de prouesses surhumaines, le désespoir laisse vite place à la fureur vengeresse.
L'apprentissage d'Anthem ne fait que commencer. L'espoir s'apprête à renaître. Le Syndicat du Crime de Bedlam n'a qu'à bien se tenir.
L'heure d'une vraie justice au visage féminin a sonné !

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Depuis que je suis tombée sur la magnifique couverture et le très convaincant résumé, ce livre me faisait très envie. En bonne accro aux livres que je suis, j'ai très rapidement craqué – j'ai pourtant essayé de résister, promis. J'ai lu ce roman assez rapidement, et j'ai beaucoup aimé, même si quelques points m'ont moins plu.

L'intrigue du départ semble assez simple, et donne même parfois une impression de déjà-vu : Anthem, fille de richissimes magnats immobiliers, née avec une cuillère en argent dans la bouche, et vit dans le confort et le luxe depuis toujours. La pauvre petite ne supporte plus cette vie – pendant ce temps, à Bedlam-Sud, des milliers de personnes vivent dans la misère, rappelons – et cherche donc des sensations fortes avec sa meilleure amie Zahra, par exemple en ne respectant pas le couvre-feu ou en faisant le mur – quelle rebelle, quelle rebelle.


Les deux comparses se rendent à une fête clandestine où Anthem rencontre le garçon, dont elle tombe éperdument amoureuse. Mauvaise pioche, cette relation la conduira à sa propre mort. Et c'est là que la science-fiction fait son entrée dans le roman : Anthem va survivre grâce à une espèce de cœur bionique de cyborg qui a le rythme cardiaque d'un colibri et qui lui confère pléthore de pouvoirs magiques. 
À partir de là, Anthem va se mettre en tête de devenir une sorte de justicière anonyme et va enchaîner les exploits. 

Anthem est une héroïne assez complexe à cerner. Naïve et insouciante dans les tous premiers chapitres, après avoir reçu son nouveau cœur, elle donne parfois l'impression d'être froide et calculatrice, et de ne jamais ressentir d'émotions... C'est sans doute voulu par l'auteure, mais parfois, j'ai eu un peu de mal avec cette facette. Elle est souvent très impulsive, ce qui peut en exaspérer certains. Malgré cela, la plupart du temps, Anthem reste très attachante, même si son sens de la justice et du devoir est parfois poussé à l'extrême ! Elle est souvent très impulsive, ce qui peut en exaspérer certains.

Les personnages secondaires sont tous très intéressants, car chacun a un secret, une facette inattendue, et se révèle à un moment ou à un autre du roman. Certains étaient adorables, même si j'avoue que j'ai eu un peu de mal à m'attacher à eux, d'autres exécrables – là, par contre, je n'ai eu aucun mal à les détester et à avoir envie de les étriper. Moi, sanguinaire ? Les opinions qu'on se fait d'eux à première vue se révèlent souvent fausses, et c'est quelque chose qui me plaît beaucoup dans un roman. 

Globalement, le rythme de l'histoire est agréable et les rebondissements bien amenés et bien dosés, même s'il y a souvent des longueurs. Au niveau de l'intrigue, il y a parfois quelques facilités, des petites coïncidences qui tombent vraiment bien, des personnages qui changent de bord un peu facilement... En fin de compte, ces facilités ne m'ont pas gâché ma lecture, il ne s'agit que d'un petit point négatif. 

L'idée de base m'a bien plu, même si j'ai trouvé qu'elle aurait parfois pu être développée différemment, l'aspect science-fiction notamment aurait pu avoir plus d'importance – on sent la grande fan de SF en manque
J'ai été un peu gênée par le manque de contexte : on ne sait pas si Bedlam a été reconstruite sur une ville actuelle, s'il s'agit d'un univers parallèle totalement fictif, ce qui a conduit à un tel gouffre entre les "riches" et les "pauvres"... J'espère que nous aurons droit à plus d'explications par la suite !

L'écriture de l'auteure est agréable, pas transcendante, certes, mais très fluide, et elle rend la lecture très facile. J'ai lu ce livre en assez peu de temps, très curieuse de connaître la fin des péripéties d'Anthem...

En bref, j'ai plutôt bien adhéré à l'histoire et à l'héroïne, et je reste sincèrement satisfaite par Les Cœurs Brisés, même si j'ai pu remarquer quelques imperfections, longueurs et autres défauts. 
Note attribuée : 8/10 : une belle découverte !

vendredi 3 avril 2015

Bilan du mois — Mars 2015

Bilan du mois

Je suis affreusement navrée pour mon retard, la semaine a été très dure. Je vous présente mes plus plates excuses, en espérant que votre mansuétude et votre grandeur d'esprit sauront supporter l'affront que je vous ai fait avec ces trois jours de retard.

Voici enfin mon bilan du mois de Mars, qui s'est très très bien déroulé puisque j'ai trouvé le temps, assez miraculeusement, de lire 12 livres ! Un score assez inédit. 
Ce fut un mois avec deux coups de cœur mais aussi quelques déceptions... Détaillons tout cela !

Les coups de cœur du mois...
Only Ever Yours de Louise O'Neill : je suis tombée amoureuse de ce petit livre d'amour. Je lui voue un culte. Lisez-le. Je vous en supplie.
Les Petites Reines de Clémentine Beauvais : j'ai complètement adhéré à cette histoire un peu loufoque sur les bords, mais tellement juste et drôle !

J'ai adoré...
Cachés de Sharon Dogar : un récit poignant qui reprend l'histoire d'Anne Frank, mais du point de vue de Peter Van Pels, qui se cachait également dans l'Annexe... À lire !
Fangirl de Rainbow Rowell : j'ai a-do-ré. Ce n'est pas passé loin du coup de cœur du tout. J'ai notamment beaucoup apprécié la dimension de l'écriture et de la fanfiction, très présente dans le livre !
Anna and the French Kiss de Stephanie Perkins : j'ai été totalement conquise ! Il ne me reste qu'à lire la suite...

J'ai beaucoup aimé...
Les Cœurs Brisés d'Amelia Kanahey : une histoire avec du potentiel, même s'il n'est pas toujours exploité comme je l'aurais aimé... Un bon roman malgré tout !
Le Cercle des 17 de Richard Paul Evans : une histoire très sympathique avec beaucoup de potentiel pour la suite !

J'ai bien aimé...
Nos Faces Cachées d'Amy Harmon : un peu déçue, car ce roman a suscité un engouement monstre sur la blogo, et ce roman est très loin d'être un coup de cœur... Mais rassurez-vous, il m'a quand même bien plu ! 
La Probabilité Statistique de l'Amour Au Premier Regard de Jennifer E. Smith : une romance agréable qui m'a fait passer un très bon moment !
Les Menteuses – l'intégrale 1 de Sara Shepard : une relecture divertissante et franchement captivante !

J'ai été déçue...
Intuitions de Rachel Ward : je m'attendais à une intrigue totalement différente, et bien que ce roman se lise très vite, je suis très mitigée...
Sans Prévenir de Matthew Crow : là encore, j'ai été déçue, par les personnages et l'intrigue qui ne correspondait pas à mes attentes.

Bon mois d'Avril !
— Capucine