La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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jeudi 30 juillet 2015

A comme Aujourd'hui de David Levithan — Chronique n°112


"Que se passe-t-il au moment précis où l'on tombe amoureux ? Comment un laps de temps aussi court peut-il contenir quelque chose d'aussi immense ?"

"Je voulais que l'amour puisse vaincre toutes les difficultés. Mais, seul, l'amour ne peut rien. C'est à nous qu'il incombe de surmonter les obstacles."

Titre : A comme Aujourd'hui
Auteur : David Levithan
Genre : Paranormal | Romance
Éditions : Gallimard Jeunesse (collection Folio)
Nombre de pages : 438
Résumé : Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, dans une vie différente. Il s'y est habitué. Il a appris à ne pas s'attacher, à ne pas s'immiscer dans l'existence de l'autre. Jusqu'à ce qu'il emprunte l'identité de Justin, 16 ans, et rencontre sa petite amie, Rhiannon. Dès lors, il n'y a plus de règle qui tienne. Car A a enfin croisé une fille avec qui il veut rester, jour après jour...

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J'ai beaucoup, beaucoup entendu parler de ce roman, et pratiquement toujours de façon enthousiaste. Je me suis donc enfin décidée à l'acheter, et j'ai effectivement beaucoup apprécié  ma lecture ! Ce n'est cependant pas un coup de cœur à cause de deux ou trois petits éléments qui m'ont dérangée.

Chaque jour, A se réveille dans le corps d'un individu différent, dont il emprunte le corps le temps d'une journée. La personne en question a toujours son âge, vit toujours à peu près au même endroit, et ne peut "accueillir" A qu'une seule fois. A, qui a à chaque fois accès à la mémoire de la personne en question, a parfaitement accepté la situation, et a pour règle d'or de ne pas interférer dans le quotidien de son hôte, en respectant ses habitudes et sans jamais modifier quoi que ce soit. Jusqu'au jour où, dans la peau d'un certain Justin, il rencontre la petite amie de ce dernier, Rhiannon. Et bien sûr, c'est le coup de foudre. Et rapidement, dans l'espoir de revoir Rhiannon, A se met à transgresser toutes les règles qu'il avait progressivement établies...

A est un personnage assez – même complètement – hors-normes : sans famille, ni homme ni femme, sans aucune attache, et sans aucune perspective d'avenir, sinon faire en sorte de ne déranger aucun de ses hôtes. A a énormément de valeurs, et il m'a parfois semblé un peu... trop parfait, à la fin, lors d'un certain choix qu'il doit faire. Enfin, malgré ce "surplus de perfection", A est un narrateur qu'on ne peut qu'apprécier. Sa situation hors du commun le rend terriblement attachant, et certaines de ses pensées sur sa condition et sur son avenir sont extrêmement touchantes.

Rhiannon est beaucoup plus humaine – comprendre par là qu'elle a plus de défauts. Elle a du mal à accepter la situation de A, le fait de ne jamais savoir dans quel corps A se présentera chaque jour, ou de devoir se comporter de la même façon lorsque A est une fille ou un garçon, par exemple. Peut-être était-ce parce que l'on n'avait jamais son point de vue, ou alors parce que sa relation avec A me paraissait tirée par les cheveux, mais je ne me suis pas vraiment attachée à elle. J'aurais aimé que A explique plus pourquoi cette fille est si différente des autres – alors d'accord, le pouvoir du coup de foudre, tout ce que vous voudrez, mais quand même.

La romance est assez évidemment le fil conducteur de l'histoire, et A passe le plus clair de son temps à penser à Rhiannon, à parler de Rhiannon, à parler à Rhiannon...  Mais ce n'est pas le seul aspect de l'histoire – heureusement, ça serait vite lassant. Personnellement, j'ai trouvé cette histoire d'amour étrange, certaines situations me mettant presque mal à l'aise, et j'ai eu du mal à me passionner pour la relation des deux protagonistes.

En fait, le véritable intérêt de ce roman, au-delà de la romance qui personnellement ne m'a donc pas emballée outre-mesure, est la situation de A, qui permet d'aborder toute une palette de sujets. A occupe en effet les corps de garçons comme de filles, d'hétérosexuels comme d'homosexuels, de drogués, d'obèses, de musiciens, d'intellos, de suicidaires, de filles canons, de riches, de pauvres, de pestes... Et à tous ces individus permettent à l'auteur de lancer des réflexions toujours intéressantes, poignantes, qui m'ont personnellement semblé très justes, sur l'identité sexuelle, l'adolescence, l'identité... 

A comme Aujourd'hui se lit extrêmement rapidement, puisque les chapitres sont très courts et qu'on a donc toujours envie d'en lire un autre, mais également à cause du suspense, de l'écriture assez particulière de l'auteur, de l'envie irrésistible de connaître la nouvelle identité de A.

La fin était sans aucun doute la seule fin possible, et j'ai trouvé qu'elle sonnait très juste, sans verser dans le mélo, mais en restant émouvante. Peut-être qu'un certain détail était de trop, mais j'étais tout de même émue en refermant le roman, et j'ai eu du mal à passer à une autre histoire, à changer de narrateur...

Note attribuée : 8,5/10 : un beau roman, prenant, émouvant, à l'histoire complètement improbable mais à laquelle on accroche complètement. A comme Aujourd'hui vaut la peine d'être lu pour les messages qu'il renferme, plus que pour l'histoire d'amour, pas très crédible à mes yeux. Je le recommande vivement, pour sa grande originalité, et pour sa profondeur.

samedi 25 juillet 2015

Au-delà des Étoiles de Beth Ravis — Chronique n°111

"La terrible réalité de ce vaisseau me frappe d'un coup. Ici, il n'y a nulle part où s'enfuir."

Titre : Au-delà des Étoiles
Auteure : Beth Ravis
Genre : Science-Fiction | Dystopie | Romance
Éditions : PKJ
Nombre de pages : 440
Résumé : Cryogénisée, Amy rejoint ses parents à bord de l'immense vaisseau spatial Godspeed, s'attendant à se réveiller sur une nouvelle planète, trois cents ans plus tard. Jamais la jeune fille n'aurait pu imaginer se réveiller cinquante ans trop tôt, abandonnée au milieu d'un vaisseau qui fonctionne selon ses propres règles. Amy se rend bientôt compte que son réveil n'a rien d'un bug informatique. Quelqu'un du vaisseau cherche à tuer les voyageurs endormis en les réveillant avant terme, et, si elle ne retrouve pas très vite sa piste, ses parents pourraient bien être ses prochaines victimes...

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J'attendais beaucoup d'Au-delà des Étoiles, et j'étais pratiquement sûre d'adorer ce roman, voire d'avoir un coup de cœur. J'ai sans doute été très influencée par les très belles couvertures VO et VF, ainsi que par le résumé – il faut savoir que j'adoooore les romans dont l'action se déroule dans l'espace – qui me faisait penser à l'excellent Glow d'Amy Kathleen Ryan. 

Amy, dix-sept ans, quitte tout pour suivre ses parents à bord du Godspeed, un immense vaisseau spatial à destination de Centuri, une planète que les hommes espèrent coloniser. Le trajet durera 300 ans, et pendant tout ce temps, Amy, ses parents et d'autres volontaires, cryogénisés, patienteront dans des caissons glacés. Mais 50 ans avant l'atterrissage du Godspeed, Amy est mystérieusement débranchée... et doit s'adapter à la vie sur le vaisseau, qui lui réserve beaucoup de... surprises.

J'ai trouvé le premier tiers très long, très lent, et assez pénible. Les deux héros, Amy et Elder (le futur dirigeant du vaisseau), se partagent la narration à tour de rôle, et si cela donne souvent un certain rythme au roman, dans cette première partie, j'ai plutôt trouvé ce système dérangeant. Amy reste congelée dans les 50 premières pages, et a au final toujours les mêmes pensées, et j'ai eu beaucoup de mal à accrocher avec Elder.

Les personnages principaux, Amy et Elder donc, ne m'ont pas plu. À mes yeux, ils manquaient cruellement de personnalité, de profondeur, de caractérisation. Tout ce que je peux dire à propos d'Amy, c'est qu'elle est rousse – ça, on ne risque pas de l'oublier, vu le nombre de fois où l'auteure juge nécessaire de le rappeler, à coup de périphrases grandiloquentes –, qu'elle aime ses parents, et qu'elle adore courir. Elder, quant à lui, alterne entre des phases de rébellion vis-à-vis d'Eldest, le dirigeant du vaisseau, appelé Doyen, et des phases de soumission totale où il obéit docilement et s'offusque qu'on remette en question les principes du Doyen.
La conséquence de ce manque d'informations est qu'on ne comprend pas les décisions des personnages et qu'on n'arrive pas à s'attacher à eux. Ils sont terriblement manichéens, et j'avais souvent du mal à comprendre leurs réactions, qui ne me semblaient pas toujours logiques par rapport à l'image que je me faisais d'eux.

J'ai cependant beaucoup aimé un certain personnage, Harley, dont les réflexions m'ont toujours plu, et qui avait pour le coup une personnalité propre. On passe le roman à se questionner à propos de sa prétendue folie. Je pense qu'il est le seul à m'avoir véritablement touchée...

L'auteure a voulu créer un monde complexe, qui serait un mélange de dystopie et de science-fiction. Bien. J'approuve. Seulement, j'ai trouvé certains aspects scientifiques vraiment... légers – oui, oui, c'est une future L qui parle. Je m'explique. 
Dans le tout premier chapitre, on assiste trois fois au processus de cryogénisation, avec moult détails – une scène d'ailleurs très impressionnante, limite angoissante. On nous explique qu'il faut extraire tout le sang de la personne congelée, puis le remplacer par une substance bleue, un processus manifestement extrêmement douloureux. OK, très bien.
50 pages plus tard, Amy se réveille, dans des circonstances un peu particulières. Elle s'en sort, mais je ne me souviens pas d'avoir vu à aucun moment trace d'une éventuelle perfusion sanguine. Donc, elle survit paisiblement sans une goutte de sang dans les veines ?
"Le sang ? Pour quoi faire ?"
Ou alors peut-être que par un petit tour de passe-passe, la substance bleue devient du sang ? On ne le saura jamais.
Il y a également une autre imprécision scientifique que j'ai remarquée – à propos des empreintes digitales pour ceux qui ont déjà lu le roman –, mais je ne vais pas m'étaler, cette chronique est déjà suffisamment longue.

Au fur et à mesure que l'intrigue avance, on réalise avec horreur à quel point cette société est épouvantable, et à quel point le Doyen est un horrible tyran. Beaucoup d'aspects sont très dérangeants, et je vous laisse les découvrir, mais un certain point m'a particulièrement gênée, la Saison. Je ne vous dis pas exactement de quoi il s'agit, mais je dirai simplement que l'auteure insistait bien trop là-dessus à mon goût, et que je n'ai pas trouvé grand intérêt à... tout ça. J'aurais préféré la suggestion à la description.

Dans le dernier quart du roman, on a droit à un certain nombre de retournements de situation et de révélations, mais la plupart d'entre eux sont assez prévisibles, et j'ai rarement été vraiment surprise. J'ai trouvé les tous derniers chapitres un peu trop précipités, voire brouillons, et la fin m'a laissée dubitative...

Tout n'est pas mauvais dans ce roman, loin de là ! J'ai trouvé le roman plutôt bien ficelé, avec une écriture très facile à suivre. Les chapitres sont très courts, ce que j'apprécie toujours beaucoup, et une fois le premier tiers dépassé, j'ai lu tout le reste du roman d'une traite, ayant enfin accroché à l'histoire. Beth Ravis parvient vraiment bien à créer une ambiance, qui est ici terriblement oppressante et efficace, et arrive même à lancer de jolies réflexions sur la pensée individuelle, ou sur la société, par exemple. Il est certain que le mystère est assez facile à résoudre, mais il reste entraînant, et j'ai personnellement été très intéressée par le déroulement de l'enquête – même si elle n'est pas... régulière, disons. Au-delà des Étoiles reste une lecture sympathique, malgré ses défauts.

Note attribuée : 6,5/10 : une lecture un cran en-dessous de mes attentes, mais qui reste plutôt agréable. Je lirai sans doute la suite, même si cela ne figurera pas dans mes priorités absolues. Je reconnais de très bonnes intentions de l'auteure, et la plupart des idées sont bonnes, même si elles auraient mérité d'être plus creusées. Je ne doute pas que beaucoup de lecteurs seront plus satisfaits que moi, et j'ai tout de même passé un bon moment avec Au-delà des Étoiles, malgré les quelques éléments qui m'ont dérangée.

jeudi 23 juillet 2015

Boyfriend App de Katie Sise — Chronique n°110

"Il ne s'agit pas d'une application de rencontres. La BFA démonte toutes les idées préconçues sur les rencontres virtuelles et les met sous stéroïdes pour créer un programme de détection de petit copain. Une alerte retentit dans votre téléphone quand votre mec idéal se trouve à moins de 100 mètres. [...] Finies les occasions manquées, finies les erreurs de parcours, plus besoin de se forcer à être aux aguets."

Titre : Boyfriend App
Auteure : Katie Sise
Genre : Contemporain | Romance
Éditions : Panini (collection Scarlett)
Nombre de pages : 380
Résumé : Audrey McCarthy est une geekette de terminale. Avant, elle avait plutôt la cote au lycée. Mais depuis la disparition de son père, elle traîne avec les mecs de la salle d’informatique, c’est-à-dire




que niveau popularité, elle peut repasser.

Son destin va basculer lorsque Public, la plus grande société d’informatique au monde, annonce la tenue d’un concours qui récompensera l’élève qui créera l’Application la plus novatrice. Le gagnant se verra offrir une bourse d’études pour l’université de son choix.
Audrey se lance alors à la recherche de la meilleure App, et elle trouve une idée tellement simple, et en même temps tellement géniale, qu’elle n’arrive pas à croire que personne n’y ait pensé avant : à l’aide d’un simple questionnaire, l’utilisatrice peut définir le mec idéal et savoir s’il se trouve à proximité.
Pour s’assurer la victoire, Audrey va chercher à améliorer son App. Et en faisant ses recherches, elle découvre l’un des secrets les mieux gardés au monde : celui du succès interplanétaire de Public.
Mais maintenant qu’elle est sous les projecteurs, sans même savoir si sa propre invention lui permettra de trouver l’âme soeur, sa vie semble sombrer dans le chaos.


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Vous avez peut-être remarqué que j'ai déjà mis cette chronique en ligne mercredi, mais seul le début de l'article s'est publié – soit à cause d'un bug informatique, soit à cause de ma stupidité, au choix
Évidemment, il a fallu que cela arrive pour la chronique d'un livre qui parle d'high-tech, de programmation de haut vol, de piratage et de geeks.
Et évidemment, j'ai perdu la quasi-intégralité de ma chronique, qui était évidemment très longue et à laquelle j'avais consacré beaucoup de temps. Bref, toutes mes excuses, et voici la version 2.0 !
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J'ai acheté Boyfriend App il y a plus d'un an, et bien que l'envie ne manque pas, je n'ai jamais trouvé le temps de le lire. J'avais peur que le roman ne soit un peu trop jeunesse, voire carrément pré-adolescent, ou bien de retrouver une ambiance lycéenne cliché, façon La Liste de Siobhan Vivian et Jenny Han. 
Finalement, je l'ai ouvert un matin, et le soir même, je l'avais terminé. Il s'agit d'une très bonne lecture, qui aurait pu être excellente si seulement un certain élément de l'intrigue avait été différent.

Audrey, une jeune fille très populaire dans son  lycée jusqu'à ce qu'elle perde son père il y a trois ans, est désormais une geek et passe le plus clair de son temps dans la salle d'informatique en compagnie d'autres geeks, les "troglos". Alors qu'elle se demande sérieusement par quel miracle elle va pouvoir financer ses études dans une fac, Public, une gigantesque entreprise d'high-tech qui fait beaucoup penser à Apple, lance un gigantesque concours. Le créateur de l'app la plus innovante ou populaire recevra 200 000 $ de bourse d'études. Audrey saute sur l'occasion et crée... la Boyfriend App.
Oui, c'est assez logique, vu que le livre s'appelle Boyfriend App.
La Boyfriend App est une application qui a pour objectif de déterminer le copain idéal de chaque utilisatrice dans un rayon de 8 kilomètres. Rapidement, Audrey va chercher à l'améliorer, désirant plus que tout décrocher la fameuse bourse d'études. Et c'est là que le bât blesse.

En effet, Audrey fait par hasard une certaine découverte, et s'en sert pour créer une Boyfriend App 2.0. Et, sans rien vous spoiler, j'ai trouvé ce qu'elle faisait vraiment limite, d'un point de vue éthique et moral. J'étais un peu interloquée de voir que personne ne se formalisait des... méthodes de la jeune fille, et la félicitait au contraire pour son initiative si innovante et philanthrope. Pendant quelques chapitres, l'intrigue prend une direction complètement inattendue, certes, mais beaucoup trop fantaisiste à mon goût.
Une certaine scène en particulier – dans la cafétéria pour les connaisseurs –, vire carrément au grotesque, et détonnait vraiment dans le livre, auquel je n'avais jusque-là rien reproché. Tout était désordonné, manquait de crédibilité et surtout de moralité.


Mais heureusement, après quelques chapitres à peine, l'intrigue redevient plus... classique disons, et cet aspect du livre qui m'a déplu disparaît. 
Je pense que l'auteure voulait uniquement distraire son lecteur avec ces quelques scènes, et à mon avis, il ne faut pas les prendre trop au sérieux. Je trouve cependant ce choix dommage, et je suis pratiquement sûre que Boyfriend App aurait été un coup de cœur sans cela.

Bien, assez parlé de points négatifs, passons à tous les éléments qui m'ont plu, qui représentent la grande majorité du roman !

J'ai adoré l'aspect "informatique" que l'on peut retrouver dans ce roman, à travers le personnage d'Audrey. On découvre beaucoup de termes techniques, toujours expliqués avec clarté par l'auteur, et j'ai trouvé cette dimension passionnante. On en apprend un peu plus sur la programmation, le piratage, et cela donne une vraie richesse et un vrai intérêt à ce roman, par rapport à tous les romans YA de chick-lit que l'on peut trouver aujourd'hui. Plus tard dans le roman, on découvre également des notions scientifiques, toujours aussi claires et intéressantes, qui étoffent aussi l'intrigue.

Les personnages m'ont énormément plu, même si certains avaient l'air très stéréotypés à première vue. Au fur et à mesure de l'histoire, chacun se révèle petit à petit, et je me suis beaucoup attachée à certains. Celle que j'ai préférée reste Audrey, une héroïne haute en couleur et pétillante, qui commet un nombre assez impressionnant de gaffes et autres maladresses tout au long du roman. Je l'ai tout simplement adorée, et à la fin du roman, je n'avais pas envie de la quitter.
Oui, oui, je m'attache à des personnes qui n'existent pas, et je les prends pour mes amis. Oui, je vais parfaitement bien.

Boyfriend App est un roman qu'on ne peut que dévorer, que ce soit à cause de l'écriture très agréable de l'auteure, de notre envie irrésistible de connaître la suite... La lecture est encore facilitée par de nombreux tweets, articles de presse, de blogs, SMS, qui dynamisent encore plus le texte déjà entraînant. La fin est très bien choisie, le tout est très efficace, et on passe un excellent moment en compagnie d'Audrey. Je suis ravie d'avoir lu ce roman !

Note attribuée : 8/10 : l'espèce de petit détour fantaisiste que prend l'auteure à un certain moment aura eu raison de mon coup de cœur, mais au final, je reste vraiment satisfaite de ma lecture, et ne peux que recommander Boyfriend App pour les vacances !

samedi 18 juillet 2015

Invisibilité d'Andrea Cremer et David Levithan — Chronique n°109


Titre : Invisibilité
Auteurs : Andrea Cremer et David Levithan
Éditions : Michel Lafon
Genre : Paranormal | Romance
Nombre de pages : 430
Résumé : Stephen est invisible depuis toujours
Une malédiction impossible
Jusqu’au jour où Elizabeth le voit
Elle seule peut briser le sort
Au risque de les séparer à jamais

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J’avoue que j’attendais beaucoup de ce livre, à cause de son résumé bref mais attirant, de la réputation de ses deux auteurs, et sans doute de sa belle couverture, et au final je suis amèrement déçue. J'ai été enthousiasmée par le premier tiers, mais j'ai vite déchanté. L'intrigue se traîne, les personnages stagnent, l'univers ne m'a pas plu et la fin est vraiment décevante...

Comme je le disais, j'ai beaucoup aimé le premiers tiers du livre, dans lequel on fait la connaissance de Stephen, invisible depuis toujours aux yeux de tous, et d'Elizabeth, sa nouvelle voisine qui, aussi incroyable que cela puisse paraître, est capable de le voir. 
J'ai aimé voir tous les aspects de la vie... particulière de Stephen, son comportement... Il faisait tout ce que je ferais si j'étais invisible – à savoir danser comme une folle dans le métro et faire peur aux gens –, et c'était une grande source de satisfaction. Le personnage d'Elizabeth était un peu déjà-vu, – la fille artiste qui ne croit pas en elle ni en son talent et qui débarque dans une grande ville inconnue – mais restait sympathique.

Les deux se rencontrent. Elizabeth peut voir Stephen. Stephen est stupéfait, mais ne dit rien à Elizabeth. Trois chapitres plus tard, c'est le grand amour, tous deux se jurent amour et fidélité éternelle, à grands coups de "je n'ai jamais ressenti cela pour personne" et "il est l'amour de ma vie mais j'ai peur de le lui dire". Je crois au coup de foudre, oui, bien sûr, mais quand même... 
Affligeant, mais encore mignon. 
Rapidement, les dialogues deviennent plats, mais plats ! Tout est lent, surjoué, surfait... Stephen et Elizabeth ont un comportement étrange, ils sont coincés alors qu'ils n'ont que 16 ans ! Après le fameux premier tiers, on a atteint le niveau maximal de développement de nos héros, qui ne nous réservent plus aucune surprise, et semblent toujours dire et faire les mêmes choses. Tous sont assez fades, à l'exception peut-être de Laurie, le frère d'Elizabeth, dont l'humour dynamise considérablement l'histoire. 

J'ai été très, très dérangée par l'univers. Pendant les premiers chapitres, on s'habitue à une certaine ambiance, on reste ancré dans un monde assez réaliste, si ce n'est que Stephen est invisible. Et puis d'un coup, sans prévenir, débarque une espèce de mythologie étrange, pas aussi développée qu'elle aurait dû l'être, et, à mes yeux, vraiment pas séduisante ni intéressante. Il s'agissait d'un système magique simple, mais qui arrivait de façon bien trop imprévue et brusque à mon goût.

Je me suis ennuyée comme rarement. Le livre fait plus de 400 pages, dont beaucoup sont superflues. L'action met longtemps à arriver, et elle n'est pas franchement captivante – j'ai même décroché dans un des chapitres finaux, et ai dû le relire entièrement ! 
Je n'abandonne pratiquement jamais mes lectures, mais j'ai bien failli lâcher l'affaire avec Invisibilité. J'avais toujours l'impression de me forcer à lire un chapitre de plus, pour me rapprocher un peu plus de la fin – les chapitres étaient d'ailleurs très longs, ce qui ne me plaît jamais vraiment.

La fin, d'ailleurs, peut-être ma plus grande déception. Tout ce que je trouve à dire à son sujet, c'est "tout ça pour ça ?"... 

Note attribuée : 3/10 : une grosse déception... L'idée de base était originale et intéressante, mais le contenu était trop faible et pas assez développé pour moi.Je suis navrée d'être aussi radicale, mais malheureusement, j'ai été très loin d'être convaincue, et n'ai pas trouvé grand intérêt à ma lecture. Dommage ! Mais après tout, Invisibilité plaira sûrement à d'autres... 

dimanche 12 juillet 2015

Les Perfectionnistes de Sara Shepard — Chronique n°108

Titre : Les Perfectionnistes
Auteure : Sara Shepard
Genre : Chick-lit
Éditions : PKJ
Résumé : Nolan Hotchkiss est le garçon le plus populaire du lycée. Mais c'est aussi un pervers et un manipulateur.
Chaque fille croisant sa route le regrette tôt ou tard. C'est le cas d'Ava, Caitlin, Julie, Mackenzie et Parker, qui, humiliées, imaginent ce qu'elles pourraient faire pour se venger de lui, et finissent par fantasmer son meurtre.
Quelques jours plus tard, on retrouve le corps sans vie de Nolan. Cela ne peut être une coïncidence. Et si quelqu'un les avait entendues conspirer et décidé de mettre leur plan à exécution ?

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J'ai lu les quatre premiers tomes de la série des Menteuses de Sara Shepard, que j'avais bien aimés. Lorsque j'ai lu le résumé des Perfectionnistes, j'ai donc eu peur que l'histoire et les personnages n'aient pas grand-chose d'original. Un meurtre/une disparition inexpliqué(e),  plusieurs jolies jeunes filles riches et intelligentes plus ou moins impliquées qui (re)deviennent amies et enquêtent pour enfin connaître la vérité ? Je crois qu'on a déjà vu ça quelque part.

Je me suis malgré tout laissé tenter, attirée par la perspective d'avoir un livre facile à lire pour l'été. Alors effectivement, Les Perfectionnistes n'a pas énormément d'éléments novateurs par rapport à Pretty Little Liars. On reconnaît des personnages, des situations des thèmes, et j'avoue que j'aurais apprécié plus de nouveauté. La similarité va jusqu'à la police du titre, qui reste la même pour les deux séries !

D'ailleurs, à propos de titre... J'avoue que je n'ai absolument pas compris le choix de "Perfectionnistes". Les cinq filles ne sont justement pas perfectionnistes. Toutes veulent se venger d'un certain Nolan Hotchkiss, le garçon le plus populaire du lycée, qui leur a fait énormément de mal d'une différente façon. Elles décident donc de créer une situation humiliante pour lui, sans toutefois le tuer. Elles passent à l'acte, et il se trouve que ce soir-là, quelqu'un d'autre va tuer Nolan, et tenter de faire endosser la culpabilité aux cinq filles. Comment ? Grâce aux erreurs qu'elles ont faites ! Empreintes, médicaments qu'elles-mêmes consommaient, écritures reconnaissables, conversations à voix haute devant témoins à propos de ce qu'elles allaient faire... Non, je n'appelle pas cela du perfectionnisme.
Moi, chipoter ? Noooon...

J'ai trouvé que ces cinq héroïnes étaient un peu trop nombreuses, dans le sens où le livre n'est pas si gros que cela et qu'au final, quatre chapitres seulement doivent être consacrés à chacune... Au final, je n'ai pas eu l'impression de les connaître, seulement de les avoir survolées, pour n'en retenir que des stéréotypes : la jeune fille timide musicienne, la populaire qui dissimule un secret... 
Les personnages des Menteuses ressemblent beaucoup aux personnages des Perfectionnistes, c'est un fait. On reconnaît beaucoup de traits de caractère, de situations. Cependant, l'auteure aborde des sujets intéressants que j'espère voir plus creusés dans le second – et normalement dernier – tome. J'espère vraiment voir les cinq jeunes filles prendre leurs marques et se différencier d'Aria, Emily, Spencer et Hanna. Parce que là...

Bien sûr, il y a des points positifs ! L'histoire reste très prenante et efficace, et pique rapidement notre intérêt. L'écriture de Sara Shepard est toujours aussi entraînante et fluide, rendant le livre difficile à reposer. 
Les Perfectionnistes est une lecture agréable, parfois pas assez creusée, mais que je considère parfaite pour se détendre cet été. L'auteure sait où elle va et a un vrai talent pour créer du suspense et de la tension. 
Certains rebondissements sont prévisibles, certaines situations sont plates, mais au final, j'ai un bon ressenti par rapport à ce livre. Il n'est pas exceptionnel, mais très agréable cependant !
Note attribuée : 7,5/10

mercredi 8 juillet 2015

Grisha tome 1 – Shadow and Bone de Leigh Bardugo — Chronique n°107

“The problem with wanting, [...] is that it makes us weak.” 

"I've been waiting a long time, Alina," he said. "You and I are going to change the world".

Titre : Grisha #1 : Shadow and Bone
Auteure : Leigh Bardugo
Genre : Fantasy 
Éditions : Indigo
Résumé : Surrounded by enemies, the once-great nation of Ravka has been torn in two by the Shadow Fold, a swath of near impenetrable darkness crawling with monsters who feast on human flesh. Now its fate may rest on the shoulders of one lonely refugee.

Alina Starkov has never been good at anything. But when her regiment is attacked on the Fold and her best friend is brutally injured, Alina reveals a dormant power that saves his life—a power that could be the key to setting her war-ravaged country free. Wrenched from everything she knows, Alina is whisked away to the royal court to be trained as a member of the Grisha, the magical elite led by the mysterious Darkling.

Yet nothing in this lavish world is what it seems. With darkness looming and an entire kingdom depending on her untamed power, Alina will have to confront the secrets of the Grisha . . . and the secrets of her heart.

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Existe également en français

Titre : Les Grisha #1 : Les Orphelins du Royaume
Éditions : Castelmore
Le royaume de Ravka est maudit depuis des millénaires. Son destin repose désormais sur les épaules d'une orpheline.

Alina a été recrutée par l'Armée pour accompagner les Grisha, de puissants magiciens qui luttent contre le brouillard maléfique qui déchire le pays. Quand son ami d'enfance frôle la mort lors d'un raid, Alina doit affronter ses peurs et sa destinée... Le monde des Grisha est dangereux et les pièges nombreux.
À qui Alina pourra-t-elle accorder sa confiance, alors que la seule personne sur laquelle elle pouvait compter n'est plus en mesure de l'aider ?

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Une certaine personne qui se reconnaîtra ici m'a répété maintes et maintes fois à quel point ce livre était fantastique. Devant son enthousiasme, j'ai acheté le premier tome de Grisha, j'ai commencé à lire cette petite merveille... et je suis totalement séduite !

L'univers de fantasy aux inspirations russes créé par l'auteur est absolument fascinant. Pour faire court, le royaume de Ravka est envahi par une sorte de brouillard maléfique, qui abrite des créatures tout aussi maléfiques, les volcras, qui aiment bien s'en prendre aux humains.
D'ailleurs, j'ai une remarque à faire : en anglais, ce brouillard s'appelle le Shadow Fold, le "brouillard des ténèbres", ce qui rend quand même nettement mieux que la "Nappe" de la version française. Enfin, c'est mon avis.
La Première Armée, dont font partie Alina et Mal, deux amis d'enfance élevés dans le même orphelinat, tente de combattre le brouillard, tout comme la Deuxième Armée, qui est elle composée de magiciens aux pouvoirs hors du commun, les Grisha. À la suite d'un accident, Alina découvre qu'elle possède elle-même un pouvoir magique, qui s'avère d'une rareté inestimable. Entraînée à la cour royale, elle découvre rapidement que le monde des Grisha est bien moins paradisiaque qu'il ne le semble...

Au début de ma lecture, j'ai eu peur de ne pas accrocher à l'histoire. On rencontre en effet beaucoup de mots ou de concepts nébuleux – voire totalement inconnus – à propos de l'univers des Grisha. Heureusement, quelques chapitres ont suffi pour éclairer ma lanterne, 

Je me suis énormément attachée à certains personnages de ce roman, à commencer par Alina, l'héroïne donc. Dans les tous premiers chapitres, j'ai eu peur qu'elle ne soit trop naïve, voire cruche, ou qu'elle ne m'agace.
Point du tout, point du tout.
Alina n'est pas parfaite, elle est intimidée par les Grisha, elle n'a pas un physique splendide ou athlétique, elle ne maîtrise pas ses pouvoirs et a du mal à vivre sans Mal, et malgré cela, ou plutôt en partieà cause de cela, je l'ai adorée. Elle est humaine, vive, drôle souvent, et on la comprend, dans son attitude, ses réactions ou ses sentiments.

Alina, après la découverte de ses pouvoirs, rencontre un personnage qui m'a énormément plu. Il m'a parfois causé quelques déceptions, je l'avoue, et j'espère vraiment qu'il va faire ses preuves dans les tomes suivants. J'ai nommé le Darkling, qui est grosso modo le Grisha le plus puissant de Ravka, et le numéro 2 du royaume, juste derrière le Roi. Il se trouve que ce Darkling est un personnage fascinant à la personnalité complexe et souvent ambigüe, et je l'ai absolument adoré – au cas où vous ne l'auriez pas compris.
En comparaison, j'ai trouvé Mal assez plat. Il est sympathique, d'accord, mais morne. Alors je suis définitivement team Darkling.

Il y a encore un dernier personnage dont j'aimerais parler, à savoir Genya, une Grisha un peu particulière. Son humour mordant, son caractère et son histoire m'ont touchée, et chacune de ses apparitions était un vrai plaisir. 

J'ai trouvé que ce roman avait un rythme vraiment agréable, j'ai adoré découvrir les différentes catégories de Grisha – j'éprouve une étrange et inexplicable fascination pour tout ce qui est classes, symboles, codes couleurs... Shadow and Bone est un livre original et passionnant, qui a quelque chose d'unique. Si vous n'avez pas encore eu l'occasion de le découvrir, foncez ! 

Note attribuée : 9,5/10

jeudi 2 juillet 2015

Bilan du mois — Juin 2015

Peuple lecteur, bonjour !

Voici le bilan de mon mois de juin, qui a très mal démarré, avec des absences de plus d'une semaine, mais qui ne s'est pas trop mal achevé. J'ai réussi à lire 7 livres, et je suis très fière de moi – je suis la modestie incarnée.

Les deux coups de cœur du mois...

Grisha tome 1 : Shadow and Bone de Leigh Bardugo : rien à dire, à part le fait que j'aiiiime ce livre. Je me dépêche d'en écrire la chronique.

Phobos de Victor Dixen : comme avec le livre précédent, je suis totalement conquise !

J'ai adoré...

Young Elites de Marie Lu : une excellente surprise pour un livre que je ne m'attendais pas à aimer autant !

Aristote et Dante découvrent les Secrets de l'Univers de Benjamin Alire Sáenz : une très belle découverte, un livre très poétique !

J'ai plutôt aimé...

La Conspiration de Maggie Hall : quelques points m'ont déplu, mais dans l'ensemble, ce roman restait une lecture agréable !

Les déceptions...

L'Héritière de Melinda Salisbury : une héroïne et un triangle amoureux exaspérants, et globalement une histoire qui aurait pu être plus exploitée. Dommage, car la première partie était prometteuse.

Will & Will de John Green et David Levithan : une histoire qui m'a ennuyée et laissée assez indifférente, malgré de belles intentions des auteurs.

Will & Will de John Green et David Levithan — Chronique n°106

"je sens que ma vie part dans tous les sens en ce moment. comme si elle était faite de plein de petits bouts de papier et que quelqu'un venait de brancher un ventilateur. mais quand je te parle, c'est comme si le ventilateur s'éteignait momentanément. comme si les choses commençaient enfin à avoir du sens. tu me rassembles, tu fais de moi un tout, et c'est très important pour moi."

"On flashe sur quelqu'un qui ne vous aimera jamais en retour parce qu'il est plus facile de survivre à une déception platonique qu'à une vraie rupture."

Titre : Will & Will
Auteurs : John Green et David Levithan
Genre : Realistic Fiction | Contemporain | LGBT
Éditions : Gallimard (collection Scripto)
Nombre de pages : 379
Résumé : Will Grayson habite Chicago. Ado ordinaire qui a pour principe de se fondre dans la masse, il a comme meilleur ami le tonitruant Tiny Cooper. Très costaud, à l'aise avec tout le monde, Tiny tombe amoureux d'un nouveau garçon toutes les heures. En ce moment, il veut monter sa comédie musicale, Tiny Dancer, et bien sûr, Will est entraîné dans l'aventure. Remarquez, ce dernier rencontre par la même occasion la jolie Jane.
Un deuxième Will Grayson habite aussi Chicago. Dépressif et inquiet, il vit une atroce désillusion. Heureusement, par l'intermédiaire du premier Will, il va croiser le chemin de Tiny...

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Je n'ai lu qu'un seul autre roman de John Green, à savoir Nos Étoiles Contraires, et rien de David Levithan – même si je n'en ai entendu que du bien. J'étais donc très impatiente de commencer Will & Will, qui patientait dans les bas-fonds de ma PAL depuis 10 mois exactement – précision, quand tu nous tiensMalheureusement, je ne suis pas survoltée par cette lecture, qui est en-dessous de mes attentes, sans que ça soit catastrophique non plus

En fait, je suis restée complètement... extérieure à ce roman. Il ne s'est rien passé, et je n'ai pas grand-chose à dire. Cette chronique sera donc plutôt courte...

Les personnages m'ont laissée indifférente, je n'ai rien ressenti à leur égard : ni compassion, ni attendrissement, ni même haine — incroyable, n'est-ce pas ?
Le Will Grayson 1, celui de John Green, m'a semblé plutôt ennuyeux. On le cerne très vite, et il ne nous réserve pas beaucoup de surprises.
Le will grayson 2, en revanche, celui dont les phrases commencent par des minuscules – ce qui m'a hautement perturbée en tant que psychorigide de la grammaire – était plus intéressant. Il est mal dans sa peau, en dépression. Il a réalisé il y a peu qu'il était gay, et personne autour de lui n'est au courant, à part Isaac, le garçon avec qui il discute via Internet tous les soirs, dont il est tombé amoureux.

Les autres personnages ne m'ont pas non plus paru exceptionnels, je ne me suis prise d'affection pour aucun d'entre eux. Tiny, qui est quelqu'un d'assez hors du commun, mais je n'ai pas su déterminer s'il m'attendrissait ou non, ou s'il m'agaçait simplement. 

J'ai attendu tout au long du livre que l'action démarre. Les premiers chapitres étaient très lents, à part un rebondissement dans un chapitre de will 2, mais je pensais que tout allait s'accélérer à partir de la rencontre entre Will et will. La rencontre finit enfin par se produire à la moitié du roman, mais malheureusement, tout continue à être très lent. J'ai espéré un final spectaculaire, mais il n'y avait pas de fin. Il manquait au moins un épilogue, et je restais avec plusieurs questions en suspens. 

Je me suis ennuyée, et j'avoue que j'avais hâte d'en finir avec ce livre. Les chapitres sont longs, parfois plus de vingt-cinq pages, ce qui n'est pas forcément ce que je préfère. L'histoire a pour but de ne pas faire dans le dynamisme, mais plutôt dans la psychologie, et alors que d'habitude j'accroche bien avec ce genre d'approche, je n'ai rien ressenti. 
J'ai l'impression d'avoir un cœur de glace.

J'ai cependant bien aimé les messages véhiculés par les deux auteurs, sur une foule de sujets différents, plus ou moins anodins. 
Certains lecteurs seront sûrement beaucoup plus touchés par ces petits messages et investis que je ne l'ai été, et tant mieux ! Will & Will est une lecture qui ne m'a pas convaincue entièrement, mais elle peut être agréable pour certains, pour se détendre cet été !

Note attribuée : 5/10 : la moyenne, pour un livre que je n'ai ni aimé ni détesté.