La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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dimanche 30 août 2015

U4 – Koridwen d'Yves Grevet — Chronique n°120

"Je m'appelle Koridwen. Ce rendez-vous, je m'y rends pour savoir qui je suis."

Titre : U4 – Koridwen
Auteur : Yves Grevet
Genre : Post-Apocalyptique
Éditions : Nathan – Syros
Nombre de pages : 374
Résumé : Cela fait dix jours que le virus U4 accomplit ses ravages. Plus de 90% de la population mondiale a été décimé. Les seuls survivants sont des adolescents. L'électricité et l'eau potable commence à manquer, tous les réseaux de communication s'éteignent. 
Dans ce monde dévasté, Koridwen, Yannis, Jules et Stéphane se rendent, sans se connaître, à un même rendez-vous. 
Parviendront-t-ils à survivre, et pourront-ils changer le cours des choses ?

Je m'appelle Koridwen. Je suis la dernière survivante du hameau de Menesguen. J'ai décidé de me rendre à Paris. 541 kilomètres en tracteur, c'est de la folie, mais toute seule ici je suis trop vulnérable. Ma grand-mère m'a toujours dit que j'aurais un destin exceptionnel. C'est le moment de vérifier.

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Bon. Je vais tâcher d'organiser un tant soit peu mes pensées. Je viens de terminer Koridwen, le tome de la saga U4 que j'ai choisi de lire en premier, et mon esprit est quelque peu brouillé par un amalgame de pensées plus ou moins cohérentes, dont la plupart consiste en des hurlements mentaux.

Tout d'abord, je vous explique le principe d'U4 au cas où vous n'en n'auriez jamais entendu parler... Quatre auteurs français se sont associés pour écrire chacun un roman, chacun mettant en scène un personnage principal différent. Ces quatre personnages évoluent dans un même univers post-apocalyptique, et se rendent à un même mystérieux rendez-vous, pour des raisons différentes. Les quatre tomes peuvent se lire dans n'importe quel ordre, sans spoiler quoi que ce soit des autres, puisque les quatre histoires se terminent différemment.
Quand je suis tombée devant la masse des tomes d'U4, dans une librairie, j'ai eu un petit instant d'émerveillement, avant de me demander par lequel commencer. J'ai laissé faire mon intuition et ai pris Koridwen, parce qu'elle avait une bonne tête – je sais, mes arguments sont assez édifiants –, et Yannis, parce que... aucune idée. J'étais vraiment curieuse... et j'ai adoré !

Koridwen est la fille de deux paysans bretons, et après le décès de tous les habitants de son hameau, elle se retrouve complètement seule. Les seuls êtres humains ayant survécu au virus U4 semblent être les adolescents, dont certains ne tardent pas à devenir violents et à faire régner leur loi. Au vu de ce danger permanent, Koridwen décide de partir vers Paris, en tracteur tout de même, emmenant avec elle son cousin Max. Elle a pour seul objectif de se trouver le 24 décembre à minuit sous la plus vieille horloge de Paris, afin de retrouver le maître de son jeu vidéo favori, qui promet de retourner dans le passé pour modifier le cours des événements...

J'ai adoré Koridwen d'un bout à l'autre, m'attachant profondément à elle. Son caractère de cochon bien trempé, son courage, sa loyauté et sa détermination m'ont tout de suite séduite. Je suis très contente d'avoir commencé U4 avec elle, et je vais probablement avoir un peu de mal à passer à un autre narrateur !
On croise les trois autres personnages principaux d'U4, Jules, Yannis et Stéphane – qui contrairement à ce que j'ai cru pendant plusieurs jours, est bien une fille et non un garçon. Je me disais aussi que quelque chose clochait –, dans des scènes toujours bien réussies. J'ai hâte de les retrouver dans leurs tomes respectifs !

La mythologie bretonne et la prophétie de la grand-mère de Kori jouent un très grand rôle dans ce roman, et j'ai adoré cet aspect. Il n'est pas toujours évident de se laisser emporter par ce côté "surnaturel" alors qu'on pensait avoir affaire à une histoire complètement ancrée dans des éléments réalistes, mais je me suis finalement laissé convaincre.

J'ai cependant trouvé certains passages trop flous, trop rapides pour ma pauvre petite personne. Les rebondissements étaient tellement nombreux que je ne savais parfois pas où donner de la tête ; Kori passe son temps à changer de plan, d'abri, à rencontrer de nouvelles têtes, et j'avoue que j'aurais parfois eu besoin d'un peu plus de clarté. Tout au long de la lecture, on se pose énormément de questions, et on n'y trouve pas toujours de réponses. La fin m'a paru légèrement précipitée et un peu floue, même si elle m'a beaucoup plu ! En tournant la dernière page, je me sentais à la fois confuse et survoltée, tout en me demandant comment les autres tomes pouvaient bien se terminer...
J'ai également eu l'impression que Kori passait très vite du stade "gentille petite fermière bretonne" à celui "badass qui ne se sépare jamais de son arme, abat ses ennemis de sang-froid et se tire d'absolument toutes les situations". Mais je lui pardonne.

Globalement, ce roman reste terriblement addictif, grâce d'une part à son rythme toujours effréné, aux nombreux changements de décor et révélations, et d'autre part à la plume très fluide et agréable d'Yves Grevet, que je découvrais avec ce roman. J'ai eu beaucoup de mal à reposer Koridwen, et je l'ai terminé en 24 heures à peine ! 

En bref, une excellente découverte, qui mérite amplement ses critiques dithyrambiques et son retentissement sur la blogosphère. Tout n'est pas parfait, mais l'idée d'U4 est si géniale et inédite, l'univers si convaincant, l'intrigue si addictive, les personnages si attachants, qu'on ne retient finalement qu'une seule idée : "je veux lire les autres tomes". L'action et le rythme sont époustouflants, les amitiés se font et se défont, et la tension reste à son comble tout au long du roman... À lire absolument !

Note attribuée : 9/10

vendredi 28 août 2015

La Révélation de Gemma Malley — Chronique n°119

"La vie est un élément changeant, Richard. L'évolution nous a appris que l'adaptation était la clé de la survie."

Titre : La Déclaration tome 3 – La Révélation
Auteure : Gemma Malley
Genre : Dystopie | Science-Fiction
Éditions : Naïve
Nombre de pages : 335
Résumé : Anna et Peter coulent désormais des jours heureux en Écosse avec leur fille Molly. Pendant ce temps, à Londres, un événement affole la puissante société Pincent Pharma, qui commercialise les pilules de Longévité : une étrange épidémie provoque la mort subite de centaines, puis de milliers d'individus. D'abord étouffées par les Autorités, ces disparitions multiples finissent par alerter la population.
Le combat pour la perpétuation du règne de la Longévité commence...

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Avertissement : si vous avez eu la chance d'être pourvu à votre naissance d'une paire d'yeux normalement constituée, vous pouvez constater qu'il s'agit du troisième et dernier tome d'une saga. Par conséquent, si ce n'est pas déjà fait, je vous déconseille de laisser vagabonder vos chers globes oculaires sur le résumé de ce roman, et encore moins sur ma chronique. Mais bien entendu, nous vivons fort heureusement dans une démocratie libérale, et vous êtes tout à fait libres de vous spoiler intégralement les deux premiers tomes de cette série, c'est votre droit

Les deux premiers tomes de cette dystopie m'avaient bien plu, principalement pour leur histoire, que je trouvais très intéressante et bien souvent addictive. Lorsque j'ai enfin remarqué que ma bibliothèque le possédait, je me suis empressée de l'emprunter, parce que cela commençait à faire une petite éternité que je n'avais terminé aucune saga, et je commençais à avoir mauvaise conscience.

Je n'ai lu le résumé de l'éditeur qu'après avoir terminé le livre, et je vous recommande vivement de faire de même, il en dit bien trop à mes yeux, en parlant d'événements qui ne se produisent que dans la seconde moitié du livre ! 
Disons simplement que dans ce tome-ci, dans un monde qui ne connaît pratiquement plus la maladie et encore moins la mort, une épidémie dévastatrice fait son apparition et entreprend petit à petit de décimer la population en théorie protégée par la Longévité. Les Autorités tentent tant bien que mal de camoufler l'ampleur du désastre, sans trop de succès, et la situation va rapidement dégénérer...

J'ai trouvé ce tome assez lent, mais pas dans un mauvais sens. Je m'attendais sans doute à une espèce d'apocalypse sanglante, et je me suis en fait retrouvée devant tout un engrenage  qui se mettait lentement en marche, jusqu'aux tous derniers chapitres, qui concentrent en fait la totalité de l'action. 
La tension est beaucoup plus importante que dans les autres tomes, et l'atmosphère m'a semblé beaucoup plus sombre – de base, l'histoire est très glauque, mais ce tome-ci atteignait des sommets. Entre les disparitions à la chaîne, avec en prime de joyeuses descriptions de l'agonie de certains, et les petites magouilles des Autorités comme du Réseau, on a de quoi créer une ambiance tout à fait charmante.

Si j'ai cependant un petit reproche à faire à cette saga dans son ensemble, c'est à propos des personnages. L'auteure a choisi la narration à la troisième personne, ce qui rend parfois les personnages un peu distants, moins faciles à comprendre, et de plus, elle ne centre pas l'histoire sur un seul héros. Dans le premier tome, on se focalise sur Anna, dans le deuxième sur Peter, mais dans le dernier volume, on a du mal à trouver un personnage principal, un point d'appui, puisqu'on change de point de vue à chaque chapitre. 
De manière générale, je ne trouve pas vraiment les personnages de cette série très attachants, surtout en ce qui concerne Anna et Peter, qui au mieux ne me font ni chaud ni froid, sinon m'agacent. On a du mal à s'intéresser à leur sort, en fait, et on a parfois l'impression d'avoir fait le tour de leur personnalité. Le seul que je trouve vraiment intéressant est Jude – Jude, sens-toi honoré –, pour son rôle ambigu, son comportement, son passé...

Alors oui, certains rebondissements sont un peu prévisibles, certains passages sont légèrement trop longs, mais j'aime tout de même beaucoup cette trilogie, qui ne peut que vous plaire si vous êtes un adepte de dystopie ! Elle réunit beaucoup d'éléments que j'aime retrouver dans ce genre de livres, et apporte une réelle réflexion sur la condition de l'Homme, la vie éternelle, les limites de la science au niveau éthique...

Note attribuée : 7,5/10 : À découvrir ! Un tome qui change par rapport aux deux précédents, même si je pense avoir préféré les deux premiers tomes au dernier. Une trilogie intéressante et assez originale, même si elle n'est sans doute pas exceptionnelle, qui se termine sur un joli épilogue, un peu frustrant, mais qui conclut parfaitement cette histoire.

mardi 25 août 2015

Geek Girl tome 3 de Holly Smale — Chronique n°118


"Je pensais que mes inaptitudes à la vie sociale étaient localisées, mais apparemment elles sont parfaitement capables de traverser l'Atlantique intactes."

Titre : Geek Girl
Auteure : Holly Smale
Genre : Chick-lit | Contemporain
Éditions : Nathan 
Résumé : Je m'appelle Harriet Manners et je suis vraiment en couple. Je sais que je suis en couple parce que je ris bêtement de mes propres blagues, chante des chansons dont j'ignore les paroles et pirouette sur moi-même, les bras en croix, chaque fois que je traverse un rayon de soleil. Mon quotidien n'est plus qu'arcs-en-ciel, couchers de soleil, textos du matin et coups de fil du soir. Pour la première fois de ma vie, je veux que rien ne change...
Alors que feriez-vous si, comme moi, vous deviez déménager à New York et laisser votre amoureux derrière vous ?

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Tout de suite après avoir terminé le tome 2 de Geek Girl, qui avait suscité en moi une exaltation intense, je me suis plongée dans le tome 3, pleine d'entrain et certaine de l'aimer tout autant que les deux premiers. Et évidemment, ce troisième volume m'a déçue.
Juste pour me donner tort, j'en suis sûre.
Méchant livre.
J'étais pourtant assez persuadée d'apprécier cette lecture, emplie d'une foi indicible en la capacité de l'auteure à se renouveler. J'ai eu tort.
Quel ton dramatique. Je suis époustouflée par ma propre capacité à insuffler de la tension dans cette chronique.

Dans ce tome-ci, on retrouve Harriet, qui est sur le point de découvrir les résultats de ses fameux examens de fin d'année, et qui se prépare minutieusement à affronter la rentrée. Ô drame, sa pire ennemie a dérobé son journal intime violet qui déborde de ses pensées les plus secrètes, mais avant qu'elle n'ait le temps d'élaborer un plan de contre-attaque, Harriet apprend qu'elle doit déménager à New York... quittant ainsi ses amis et surtout, son désormais petit ami, Nick.
J'ai déjà été très déçue par ce synopsis, tout simplement parce qu'Harriet n'est plus mannequin, et que c'est tout simplement la base de l'intrigue... Ce décalage entre le mannequinat et le côté geek d'Harriet était cjustement e qui me séduisait tant dans la saga.
Alors heureusement, par la suite, Harriet renoue – quelque peu – avec cet univers, mais j'ai tout de même gardé cette petite note d'amertume.

J'ai ensuite trouvé l'héroïne moins mature, moins drôle, tellement naïve que ça en frôlait le ridicule... Ses gaffes à répétition étaient drôles dans les deux premiers tomes, mais arrivé au troisième, on aimerait que le personnage évolue un peu et arrête de suivre un schéma désormais classique ("je pars dans un grand délire - je suis déçue - je tente d'arranger la situation mais je ne fais que l'empirer - je gaffe, beaucoup - tout s'arrange, youpi !"). 

Mes personnages préférés, Wilbur et Toby, sont beaucoup moins présents dans ce volume-ci, ce qui n'a fait qu'empirer mon sentiment déjà assez marqué de manque. Le changement de décor était une très bonne idée, tout comme l'apparition de la nouvelle petite sœur d'Harriet, Tabatha, mais cela n'a pas suffi à me satisfaire – après, j'ai peut-être des exigences bien trop importantes et exagérées, mais bon, le fait est que je suis déçue.

Alors bien sûr, il reste toujours ce qui me plaît le plus dans ces livres, à savoir les multiples anecdotes incongrues qu'on trouve généralement en début de chapitres, et qui sont toujours aussi amusantes. L'histoire en général, bien que très prévisible et souvent à la limite du crédible, – des parents qui annoncent à leur fille qu'ils vont déménager le lendemain même ? Sérieusement ? – reste distrayante, et on lit le tout en très peu de temps... mais on reste sur sa faim.

En bref, un tome qui m'a bien moins plu que les volumes précédents. L'humour des tomes 1 et 2 m'avait beaucoup plu, mais je sentais déjà à la fin du deuxième tome qu'il était temps d'évoluer. J'aurais aimé que l'histoire se renouvelle, mais l'auteure ne fait que recycler inlassablement le même humour, les mêmes comportements, les mêmes situations... Et on s'en lasse, malheureusement. 
Peut-être était-ce dû au fait que j'ai lu les deux derniers tomes l'un à la suite de l'autre ?

Note attribuée : 6/10 : une lecture qui reste très rafraîchissante et idéale pour se détendre, mais un cran en-dessous du reste de la saga. Tout tourne en rond, et même si ce livre est toujours distrayant, et les anecdotes toujours amusantes, j'attendais plus. Plus de maturité chez Harriet, d'originalité dans l'intrigue, des réflexions plus creusées... J'en viendrais presque à vous conseiller vivement de lire les deux premiers tomes, mais de faire l'impasse sur le troisième, qui n'apporte finalement pas grand-chose à la saga.

vendredi 21 août 2015

L'Année Solitaire d'Alice Oseman — Chronique n°117

"Parfois, je déteste les gens. Je suis sûre que c'est mauvais pour ma santé mentale."

Titre : L'Année Solitaire
Auteure : Alice Oseman
Genre : Contemporain | Realistic Fiction
Éditions : Nathan
Résumé : On est censés vivre la plus belle période de notre vie. On est jeunes, on est en train de décider de notre avenir (c'est en tout cas ce qu'on nous répète), on a des amis. Mais en fait, tous, on attend que quelque chose change. Becky, ma meilleure amie avec qui je rigole de moins en moins. Lucas, qui réapparaît dans ma vie après toutes ces années. Mon frère Charlie, la plus belle personne que je connaisse. Michael Holden, avec son sourire trop grand. Et moi, la fille la plus misanthrope et pessimiste du lycée. On attend tous que quelque chose change.

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Je suis tombée par hasard sur quelques chroniques très enthousiastes à propos de ce livre, et j'ai été intriguée par le fait que l'auteure l'ait écrit à 18 ans seulement. Le résumé, quoique très mystérieux, m'a tentée, et j'ai finalement craqué. Et il s'agit d'une très bonne découverte !

J'avais peur que l'éternel pessimisme de Tori me lasse, mais cela n'a heureusement pas été le cas. Ses petites piques acerbes et son humour cynique permettent de ne pas faire sombrer l'histoire dans une espèce de mélodrame répétitif, et au final, j'ai accroché extrêmement facilement au roman, que j'ai terminé en l'espace de 24 heures. Alors oui, parfois, on soupire devant son obstination et son caractère parfois irascible, mais au final, elle reste terriblement crédible et authentique, et on la comprend. 
Par contre, lorsqu'elle explique qu'elle hait la lecture, j'ai du mal à la comprendre. 

Dans ce roman, on a droit à toute une palette de personnages qui m'ont beaucoup plu, notamment Charlie, le frère de Tori, ou Michael, qu'on trouve étrange au départ et auquel on finit par s'attacher au point de ne plus vouloir refermer le roman. 
Leurs échanges sont tour à tour amusants, vifs, touchants. Tous ont quelque chose à nous dire, nous font réfléchir au travers de leurs actions, et partagent une grande complexité. Ils évoluent, surtout Tori, mais ne changent pas brusquement de nature comme c'est parfois le cas dans certains romans YA, et heureusement ! Une vraie réussite pour cet aspect-là !

L'un des éléments que j'ai préférés dans ce roman est que l'on ne sait pas grand-chose à propos de l'histoire en le commençant, et que l'on n'est au courant de tous les détails qu'après un certain nombre de chapitres. On ignore dans quelle direction l'intrigue va partir, on découvre petit à petit tous les personnages... L'écriture de l'auteure est remarquablement fluide et agréable à lire, les chapitres s'enchaînent, et l'enquête à propos d'un mystérieux blog, SOLITAIRE, a vite fait de nous captiver, même si j'aurais aimé qu'elle ait plus d'importance.

J'ai trouvé ce roman très original et profondément authentique. Les personnages et l'histoire sont très particuliers, l'ambiance est sombre, voire pesante, sans que cela soit désagréable, et je ne me suis jamais ennuyée alors qu'il n'y a pas tant d'action que cela. Le message délivré par l'auteure m'a énormément plu, et les réflexions sur l'adolescence dont elle nous fait part sont d'une justesse rare. J'avais peur que le roman finisse par tourner en rond, ou soit vraiment trop glauque et déprimant, mais je n'ai absolument pas eu ce ressenti ! 
L'Année Solitaire se démarque à mes yeux de beaucoup de romans YA à propos d'adolescents mal dans leur peau, et je le recommande vivement – par contre, mieux vaut le lire en automne ou en hiver, vu qu'il reste tout de même assez sombre, ne suivez pas mon exemple.

Note attribuée : 8,5/10 : une lecture dont je suis très satisfaite !

dimanche 16 août 2015

Geek Girl tome 2 de Holly Smale — Chronique n°116


"Voici mon anecdote absolument préférée de tous les temps : un atome est constitué à 99,999999999999999999% de vide. 

Ca paraît simple à première vue, mais savez ce que cela signifie? Que chacune des choses qui vous entourent en ce moment même - le siège sur lequel vous êtes assis, les chaussures à vos pieds, les lunettes sur votre nez, le chocolat dans votre bouche - est, pour l'essentiel, absente. 
Y compris vous."


"La science nous dit que la Terre tourne sur son axe à presque 1600km/h, et que si elle s'arrêtait d'un seul coup tout serait balayé en un instant : arraché à la surface et envoyé dans le néant. Les arbres. Les pierres. Les bâtiments. Les gens. 
C'est exactement ce que j'éprouve en ce moment. Comme si le monde avait pilé et que j'étais projetée loin de sa surface."

Titre : Geek Girl tome 2
Auteure : Holly Smale
Genre : Chick-lit | Contemporain
Éditions : Nathan
Résumé : Je m'appelle Harriet Manners et maintenant je suis mannequin.
Je sais que je suis mannequin parce que nous sommes lundi matin et que je porte un tutu doré, une veste dorée, des ballerines dorées et des boucles d'oreilles dorées. Mon visage est peint en doré et un long fil de fer doré est enroulé autour de ma tête. Ce n'est pas ainsi que je m'habille d'habitude le lundi.
Eh oui, la geek que j'étais est devenue tendance, populaire et cool ! Comment ça, « ce n'est pas crédible » ?


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J'avais adoré le premier tome de Geek Girl, lu il y a un an déjà, et je trépignais d'impatience en attendant de lire la suite. On m'a finalement offert les tomes 2 et 3 pour mon anniversaire, ce qui a suscité dans toutes les fibres de mon petit être une réaction de joie assez intense, et je n'ai guère attendu pour dévorer les deux livres, chacun en une après-midi seulement. 

Dans ce tome-ci, on retrouve Harriet, toujours inchangée, si ce n'est qu'elle alterne désormais entre shootings et examens de fin d'année. Après une suite d'événements imprévus, son plan merveilleux pour l'été se retrouve chamboulé, et elle accepte une proposition de son agent, Wilbur, qui lui suggère de s'envoler pour une campagne exceptionnelle à Tokyo. Et évidemment, les accidents et les gaffes vont s'enchaîner, pour le plus grand plaisir du lecteur...

J'adore le ton d'Harriet, son humour et sa dérision permanente, sa propension à faire échouer pratiquement tout ce qu'elle entreprend. Mais ce que je préfère, c'est sans aucun doute les mille et un faits divers, éléments de cultures générale, anecdotes qu'on peut trouver dans ces livres. J'ai trouvé qu'il y en avait encore plus dans ce tome-ci, ce qui m'a évidemment ravie ! 
Tout m'a semblé un peu mieux pensé que dans le premier tome – qui était déjà très bon ! –, et le tout était encore plus prenant. 

Alors bien sûr, tout reste très prévisible – voire évident –, les gaffes d'Harriet à répétition sont souvent un peu trop grosses pour être vraiment crédibles, et les surnoms ridicules inventés par Wilbur peuvent être lassants à la longue, mais on ne peut s'empêcher de se prendre au jeu, de se passionner pour la foule d'anecdotes dont Harriet nous fait part, de rire de ses innombrables maladresses, et d'avoir un sourire rêveur en lisant les dernières pages.

Geek Girl est l'une de ces séries dont les livres sont emplis d'une telle bonne humeur, d'un tel humour et d'une telle originalité qu'ils ne peuvent laisser personne indifférent. Ces romans sont idéaux pour se détendre, et ils sont une valeur sûre, notamment grâce à Harriet, une héroïne assez hors du commun qui me fait personnellement toujours beaucoup rire. L'écriture de l'auteure est on ne peut plus fluide, le rythme toujours extrêmement rapide, le ton est toujours enlevé, et c'est toujours un vrai plaisir de lire Geek Girl. Tout reste très facile, à la limite du grotesque, mais les quelques scènes et aspects plus "sérieuses" empêchent ces livres de sombrer dans le ridicule, et heureusement !

Note attribuée : 8,5/10 : un tome que je trouve meilleur que le premier ! Geek Girl 2 réunit l'humour et la fraîcheur de son prédécesseur tout en offrant une galerie encore plus étendue de personnages hauts en couleur, de décors, de rebondissements et autres touches d'humour. L'histoire est carrément improbable, voire loufoque par moments, mais peu importe ! Une saga incontournable, qui se lit extrêmement facilement et qui ravira et fera rire tous ses lecteurs !

mercredi 12 août 2015

Let The Sky Fall de Shannon Messenger — Chronique n°115

"— Tu mérites d'être heureuse, il chuchote. Peu importe ce que tu penses ou ce que tu as fait. Tu mérites d'être heureuse."

Titre : Let the Sky Fall
Auteure : Shannon Messenger
Genre : Fantastique | Paranormal | Romance
Éditions : Lumen
Nombre de pages : 494
Résumé : Personne ne s'explique que Vane Weston ait pu survivre, enfant, à l'ouragan qui a tué ses parents. À son réveil, étendu parmi les débris laissés par le passage de la tempête, il n'avait pas le moindre souvenir de son passé – à l'exception du beau visage d'une fillette ballotée par les vents. Malgré les années qui passent, elle rend de temps en temps visite en rêve au jeune homme, qui s'accroche à l'espoir qu'elle ne soit pas qu'un fantôme. Il ne croit pas si bien dire. L'inconnue, Audra, est un être de chair et de sang, mais elle n'a rien d'humain. C'est une sylphe, une créature liée au vent, qu'elle sait manipuler pour voler dans les airs, transmettre des messages ou livrer bataille. Sa mission ? Le protéger. Malheureusement, l'histoire se répète : une maladresse et Audra révèle à leur pire ennemi l'existence de Vane. Celle qui vient peut-être de causer sa mort est aussi son seul espoir de survie : le jeune homme n'a que quelques jours pour comprendre qui il est vraiment ou c'est la mort qui l'attend.


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Ce roman m'intriguait avant même sa sortie en VF, sans doute à cause de sa splendide couverture – jugez plutôt.
*secoue la tête et sort de sa transe*
Du coup, sa parution aux éditions Lumen a été un bon prétexte pour enfin commencer cette histoire tout à fait prometteuse – pour ne rien gâcher, la couverture VF n'est pas mal du tout non plus. J'ai accroché dès le premier chapitre, et je n'ai pas vu défiler les pages, alors que Let The Sky Fall est tout de même un joli pavé de presque 500 pages. J'ai été totalement convaincue par l'univers proposé par Shannon Messenger, et s'il m'est arrivé de trouver certains passages à peine trop longs, cela n'a pas duré.

Dans ce roman, l'auteure explore une mythologie assez méconnue : les sylphes, les Êtres Élémentaires de l'air, qui peuvent contrôler les vents, s'en servir pour voler, pour transmettre des messages... ou pour attaquer. Vane vit depuis dix ans dans une famille adoptive, après avoir survécu à une tornade dévastatrice qui a emporté ses parents. Depuis cet accident – à la suite duquel il a perdu la mémoire –, il rêve toutes les nuits d'une mystérieuse jeune fille, jusqu'à ce que cette dernière débarque un beau jour – ou plutôt une belle nuit – dans sa chambre, pour lui révéler ses origines de sylphe, et au passage le fait qu'une bataille géante se prépare et qu'il ferait mieux de s'entraîner avec elle pour contrôler ses dons, s'il tient à la vie.

Petit instant orthographe française :
Tout au long du roman, on emploie l'expression "une sylphe", mais dans mon esprit d'obsédée d'orthographe et de grammaire, il me semble qu'il faudrait plutôt dire "une sylphide" ? Le débat reste ouvert.
Fin de l'instant orthographe française

En commençant ce livre, on ne sait pour ainsi dire pas grand-chose. Et j'ai beaucoup aimé. Le lecteur n'a aucune longueur d'avance, il sait simplement que Vane et Audra sont tous deux des sylphes, point. Au fur et à mesure qu'on avance dans les premiers chapitres, on découvre l'histoire sans vraiment tout comprendre. On se pose beaucoup de questions, et l'auteure fait bien attention à n'y répondre que petit à petit, au compte-goutte. Si au départ j'étais frustrée de me sentir si ignorante, cette méthode m'a en fait permis d'accrocher beaucoup plus vite, me poussant à enchaîner les chapitres pour mieux comprendre l'intrigue.

Le résumé de l'éditeur promet des "batailles homériques", mais en réalité, ce livre ne comporte qu'une seule vraie scène d'action, qui ne dure que quelques pages. En fait, l'énorme majorité du roman raconte comment Vane découvre sa nature de sylphe, et s'entraîne avec Audra, la gardienne qui a juré de le protéger, en vue de la bataille finale. Je ne me suis pratiquement jamais ennuyée, ce qui est plutôt remarquable en 500 pages. J'ai lu quasiment tout le roman en l'espace d'une journée, et si certains passages sont un peu plus lents, je n'ai jamais eu envie de reposer mon livre.

Les personnages sont finalement très peu nombreux, et on se focalise surtout sur Vane et Audra, ce qui m'a tout à fait convenu. Les deux héros ont des personnalités radicalement opposées, et je les ai tous deux trouvés attachants, mais pas pour les mêmes raisons. Vane est souvent un peu paresseux, a beaucoup d'humour, tandis qu'Audra s'efforce de rester toujours sérieuse et de se convaincre qu'elle est prête à mourir pour protéger Vane, comme elle l'a juré, alors qu'en réalité, elle a très peur de ce sacrifice.  Tous deux ont des qualités et des défauts, se remettent en question, et je les ai vraiment appréciés.
Vane et Audra se partagent la narration, ce qui m'a beaucoup plu, puisque les chapitres ne se ressemblent pas, et donnent donc un vrai rythme au roman. 

En bref, je suis totalement séduite par l'univers parfaitement maîtrisé par l'auteure et qui promet pour la suite, par l'écriture très fluide de Shannon Messenger, par les personnages très attachants, par la mythologie tout à fait passionnante, par l'histoire en apparence simple mais vraiment addictive. Une réussite – si ce n'est l'orthographe du mot "sylphe" au féminin. Non mais.

Note attribuée : 9/10 : la suite, pitié ! 


samedi 8 août 2015

Red Rising de Pierce Brown — Chronique n°114

"J'ai été forgé dans les entrailles de ce monde cruel. Trempé dans la haine. Affûté par l'amour."

Titre : Red Rising
Auteur : Pierce Brown
Genre : Science-Fiction | Dystopie
Éditions : Hachette
Nombre de pages : 476
Résumé : Darrow n’est pas un héros. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre heureux. Mais les Ors, les dirigeants de la Société, en ont décidé autrement. Ils lui ont tout enlevé : sa raison de vivre, ses certitudes, jusqu’à son reflet dans le miroir.
Darrow n’a plus d’autre choix que de devenir comme ceux qui l’écrasent. Pour mieux les détruire. Il va être accepté au légendaire Institut, y être formé avec l’élite des Ors, dans un terrain d’entraînement grandeur nature.
Sauf que même ce paradis est un champ de bataille. Un champ de bataille où règnent deux règles : tuer ou être tué, dominer ou être dominé.


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J'avais vaguement entendu parler de Red Rising à sa sortie en France, mais... je ne m'y étais pas vraiment intéressée, je n'étais pas emballée. Le résumé ne m'avait pas semblé clair, la couverture ne me disait rien... Mais après être tombée sur plusieurs chroniques dithyrambiques, j'ai été de plus en plus intriguée, jusqu'à craquer. 
Et je ne trouve rien d'autre à dire que "encore".

Bon, alors, de base, je n'avais pas compris que ce livre était une dystopie – oui, oui, je suis un peu lente à la détente
En gros, un système de castes a été mis en place pour faire régner l'ordre dans la Société – oui, je sais, comme dans Divergente, comme beaucoup d'autres dystopies actuelles. Chaque caste a été associée à une Couleur et a son rôle : les Ors sont des surhommes qui dirigent la Société, les Verts sont les techniciens, les Gris les policiers, tandis que les Rouges sont situés tout en bas de la pyramide et sont assignés aux tâches les plus ingrates et les plus pénibles, ne disposant de pratiquement aucun droit.
Darrow est un Rouge, qui n'aspire pas à de grands rêves de liberté, mais désire tout simplement qu'on le laisse vivre sa vie avec Eo, sa femme, si possible avec assez de nourriture pour survivre. Sauf qu'évidemment, la vie de Darrow change du tout au tout à la suite d'un certain concours de circonstances, et qu'il se retrouve investi d'une mission capitale...

Dit comme cela, on a l'impression d'avoir beaucoup d'éléments déjà-vus, et on s'imagine que cette dystopie ne fait que reprendre les codes du genre – à savoir un héros brave et déterminé, une société divisée en différentes classes, des trahisons, une petite arène au passage, des dirigeants corrompus... Et je suis tout à fait d'accord pour dire que l'intrigue de base de Red Rising n'a rien d'incroyablement original ou novateur, si ce n'est qu'elle se déroule sur Mars – et même cet aspect n'a de l'importance que dans les premiers chapitres.
Et pourtant, ce roman a quelque chose de différent.

J'ai eu un énorme coup de cœur pour Darrow – mais je n'irais pas le demander en mariage, il a un penchant "hémoglobine" et "étripage" un peu trop prononcé à mon goût. C'est un héros imparfait, qui ne pense même pas être un héros d'ailleurs. Il n'est pas motivé par de grandes idées philanthropiques au départ, il veut simplement se venger. Il fait des erreurs, il a de grands défauts, il réagit de façon trop impulsive, mais il évolue profondément. Et c'est ce qui le rend passionnant. 
Les personnages secondaires étaient aussi vraiment réussis. Il y en a un certain nombre, et il m'est parfois arrivé d'en confondre quelques-uns à cause de leurs noms – comme Titus et Tactus –, mais au final, qu'est-ce que j'ai pu m'y attacher ! 

Ce roman est dur et riche, il est bien loin d'être une lecture d'été. Il faut vraiment suivre et réfléchir pendant sa lecture. La Société est complexe, tout comme le plan de Darrow, le fonctionnement de l'Institut, et surtout les innombrables stratégies que les héros élaborent lors de la "grande épreuve" – qui englobe tout de même plus de la moitié du roman. 
L'écriture de Pierce Brown est extrêmement crue, on a parfois droit à des scènes très glauques, à la limite du gore – je pense à une jolie scène d'amputation tout à fait charmante, à de belles descriptions de blessures, ou encore à des scènes mignonnes à souhait dans lesquelles on assiste à des mises à mort horrifiantes de toutes sortes.
L'atmosphère en elle-même du livre est oppressante, les événements décrits sont effroyables. Il est donc peut-être préférable de lire ce roman à la rentrée, si vous préférez lire des romans plus légers et faciles d'accès cet été.

Le rythme m'a semblé tout à fait bien dosé. On change de décor assez souvent, on est confronté à une multitude de situations et de personnages. Les rebondissements sont fréquents et je ne les ai souvent pas vus venir. On ne sait plus à qui faire confiance, l'action est permanente, les trahisons pleuvent... Il m'a été absolument impossible de reposer ce roman, j'ai été captivée comme rarement !

Cependant, un détail – moindre, mais un détail quand même – m'a dérangée. On peut trouver de nombreux néologismes dans ce roman, et j'avoue que je les ai trouvés légèrement... cheap. Un holoPoste, des bottes antigrav, une armure en duroacier, des médiBots ? Une sangLame ? Pitié, une sangLame ? Non... Red Rising, tu étais si parfait, pourquoi avoir des néologismes aussi... aussi... primaires ?

En bref – et malgré les néologismes ! –, une histoire addictive, des personnages passionnants, un univers effrayant, pour un roman on ne peut plus prenant. Red Rising m'a transportée, m'a fait pleurer, m'a horrifiée. Je ne peux que le recommander, même s'il est loin d'être facile à lire. Une dystopie mature, qui vaut le détour. Je trouve ce roman assez unique, non pas à cause de son intrigue, mais de son aspect psychologique, des réflexions que l'on a en le lisant. Je suis complètement conquise par ce roman à la fois affreux et merveilleux. 
Je me suis parfois dit que l'auteur en faisait trop – au niveau du gore et du sanglant –, mais au final, je comprends où il voulait en venir. Cette violence sublime tout le reste, les amitiés naissantes, l'évolution des personnages, les leçons qu'ils apprennent.
À lire absolument !

Note attribuée : 9,5/10 : un coup de cœur

Je vous renvoie au site du livre, avec en prime une jolie petite pyramide sociale décrivant toutes les Couleurs – en anglais par contre.

mercredi 5 août 2015

Le Soleil est pour toi de Jandy Nelson — Chronique n°113

"Rencontrer son âme sœur, c'est comme entrer dans une maison où on serait déjà allé : on reconnaît les meubles, les images accrochées aux murs, les livres sur les étagères, les contenus des tiroirs. On pourrait y retrouver son chemin dans le noir, s'il le fallait."

Titre : Le Soleil est pour toi
Auteure : Jandy Nelson
Genre : Contemporain | Drame | Romance
Éditions : Gallimard (collection Scripto)
Résumé : Noah et Jude sont plus que frère et soeur, ils sont jumeaux, fusionnels. Sous le ciel bleu de Californie, Noah, le solitaire, dessine constamment et tombe amoureux de Brian, le garçon magnétique qui habite à côté. Tandis que Jude, l'exubérante, la casse-cou, est passionnée par la sculpture. 
Mais aujourd'hui ils ont 16 ans et ne se parlent plus. Un événement dramatique les a anéantis et leurs chemins se sont séparés. Jusqu'à ce que Jude rencontre un beau garçon écorché et insaisissable, ainsi que son mentor, un célèbre sculpteur...
Chacun des deux jumeaux doit retrouver la moitié de vérité qui lui manque.


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Cela m'est souvent arrivé d'être très déçue par un livre dont j'attendais beaucoup – comme avec Nos Faces Cachées, qui m'avait ennuyée plus qu'autre chose –, mais lorsque cela m'arrive, je suis toujours extrêmement surprise et j'ai du mal à comprendre pourquoi je semble être une des rares à ne pas être séduite. 
Vous l'aurez compris grâce à vos merveilleux cerveaux ultra-compétents, je n'ai pas aimé Le Soleil est pour toi.  La déception est d'autant plus grande que je ne m'y attendais absolument pas, et je ne comprends pas pourquoi tant de lecteurs ont été séduits ( ce roman a une moyenne de 4,4/5 sur Goodreads et de 18 sur Livraddict, quand même)... et pas moi.

Je n'ai tout simplement pas accroché à l'histoire, qui m'a parue beaucoup plus sombre et oppressante que je ne le pensais. Je m'attendais à un roman dramatique, mais qui ait tout de même une part d'optimisme, comme la couverture peut le laisser penser... Les chapitres concernant Jude, la sœur, sont particulièrement centrés sur la mort, et ont toute une dimension paranormale que je n'ai pas vue venir et qui m'a plus mise mal à l'aise qu'autre chose. 

J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages principaux, Noah et Jude. Ils agissaient parfois de manière assez incompréhensible, et j'avais envie de les secouer de toutes mes forces en leur demandant : "MAIS POURQUOI TU FAIS ÇA ?
J'essaye de me soigner, vous savez
Leur sort ne me passionnait pas plus que ça, et leurs réflexions m'ennuyaient plus qu'autre chose. J'ai trouvé Noah assez antipathique et les pensées de Jude assez répétitives ("je suis triste et superstitieuse – je veux faire une jolie sculpture – je ne dois pas tomber amoureuse !"). Bref, pas une réussite pour les protagonistes – ni pour les personnages secondaires d'ailleurs, qui ne m'ont non plus pas séduite.

La première moitié a été pour moi la plus difficile. J'avais l'impression de ne pas progresser dans ma lecture, je ne m'intéressais pas vraiment à l'histoire, et je devais me forcer pour continuer... Une fois que j'ai été plus avancée, j'ai réussi à lire un peu plus rapidement – je n'ai pas été rapide-rapide pour terminer ce livre, il m'aura fallu plus d'une semaine... J'ai terminé la seconde moitié beaucoup plus rapidement, et je l'ai trouvée mieux ficelée, plus fluide, et un peu plus intéressante, même si la fin était un peu trop cheesy et prévisible...

Au final, ce livre aura été une grosse déception, même si je comprends parfaitement qu'il ait tant plu, pour les intentions louables de l'auteure, pour les réflexions sur l'acceptation de soi, sur l'homosexualité et sur le deuil qu'elle fait partager. Tout ne m'a pas déplu, heureusement, j'ai par exemple bien aimé l'aspect "artistique" de l'histoire, avec beaucoup de références et des passages sur la création et l'inspiration artistique. Je suis très déçue de ne pas avoir autant apprécié ce livre que la plupart des lecteurs, et j'aurais aimé me passionner pour cette histoire. 

Note attribuée : 4/10 : un livre dont j'attendais sans doute un peu trop, et qui ne m'a pas enchantée outre-mesure. Sur la quatrième de couverture, l'éditeur promettait que le lecteur allait rire et pleurer, et je n'ai pas retrouvé cela dans ma lecture. L'écriture et les personnages ne m'ont pas séduite, l'univers m'a paru à la limite du glauque, et je reste quand même sur ma faim...

Je présente d'avance mes excuses à tous les fans inconditionnels de ce livre. Si ça peut vous consoler, sachez que je me sens très seule.

dimanche 2 août 2015

Bilan du mois – Juillet 2015

Bonjour à tous !

Juillet est déjà terminé, ce qui me plonge dans une détresse infinie étant donné qu'il s'agit de mon mois préféré de l'année et que sa fin signifie que plus de la moitié des vacances s'est déjà écoulée, mais passons. Globalement, ce mois a été assez inégal, avec des périodes où je lisais plus ou moins. Je n'ai malheureusement eu aucun coup de cœur sur les 7 livres que j'ai pu lire, et j'ai eu un nombre de déceptions assez inouï, qui me donne l'impression d'avoir passé mon mois à déverser mon fiel dans mes chroniques.
C'était à prendre au second degré. Je suis la gentillesse et la bienveillance incarnée.

J'ai adoré...
A comme Aujourd'hui de David Levithan : un livre vraiment original, qu'on ne peut pas lâcher à partir du moment où on le commence, qui m'a émue bien plus que je ne l'aurais pensé.
Boyfriend App de Katie Sise : un roman drôle, addictif, très intéressant, qui aurait pu être un coup de cœur sans le petit détour fantaisiste que l'intrigue prend à un certain moment.

J'ai bien aimé...
Les Perfectionnistes de Sara Shepard : un univers un peu trop similaire à celui des Menteuses, des personnages trop nombreux et pas assez creusés, mais dans l'ensemble une lecture divertissante et agréable.

Les déceptions – de la plus modérée à la plus sévère...
Au-delà des Étoiles de Beth Ravis : certains points m'ont déplu, comme le manque de profondeur des personnages, ou les petites facilités de l'intrigue, et j'ai eu du mal à accrocher aux premiers chapitres. Cependant, j'ai réussi à apprécier la plupart du roman, et même si je suis déçue, j'ai passé un moment plutôt agréable en le lisant.
P.S. : I Still Love You de Jenny Han : en fait, je n'avais déjà pas apprécié le premier tome, To All the Boys I've Loved Before, mais j'ai quand même décidé de lire le second — serait-ce une preuve de masochisme ? – et j'ai encore une fois trouvé le tout un peu fade, répétitif et agaçant. Mais comme je n'avais pas de grandes attentes par rapport à ce roman, je n'ai pas été si déçue, en fait, et j'ai pu apprécier certains passages, alors que ça n'avait pas du tout été le cas pour le premier tome.
Invisibilité d'Andrea Cremer et David Levithan : là encore, mes attentes ont été supérieures à ce que j'ai pu trouver dans le roman. Je me suis beaucoup ennuyée, je n'ai accroché ni aux personnages, ni à l'univers, ni au système magique... 
Le Soleil est Pour Toi de Jandy Nelson : j'attendais énormément de ce roman, et... je suis terriblement déçue. Je n'ai lu pratiquement aucun avis négatif sur Le Soleil est Pour Toi, alors en le commençant, j'étais quasiment sûre d'apprécier. Je n'ai accroché ni aux personnages, ni à l'écriture, ni à l'histoire, ni aux chapitres qui faisaient parfois plus de 100 pages... J'ai dû me forcer à continuer, et ai même failli abandonner ma lecture. Pourtant, les critiques étaient dithyrambiques, les notes excellentes... Je ne comprends pas ce qui ne va pas chez moi.

Bon mois d'Août à vous tous !