La lecture d'un roman jette sur la vie une lumière.
— Louis Aragon

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jeudi 31 décembre 2015

Je t'ai rêvé de Francesca Zappia — Chronique n°157






"Je ne pouvais me payer le luxe de prendre la réalité pour acquise. Je ne peux pas dire que je détestais tous ceux qui le faisaient, puisque c'était le cas du monde entier. Je ne détestais personne. C'est juste que je vivais dans mon monde. 
Mais ça ne m'a jamais empêchée de souhaiter vivre dans celui des autres."

Titre : Je t'ai rêvé
Auteure : Francesca Zappia
Genre : Realistic Fiction | Contemporain
Éditions : Robert Laffont (collection R)
Résumé : Vous, les gens normaux, êtes tellement habitués à la réalité que vous n'envisagez pas qu'elle puisse être mise en doute. Et si vous n'étiez pas capables de faire la part des choses ? Jour après jour, elle se retrouve confrontée au même dilemme : le quotidien est-il réel ou modifié par son cerveau détraqué ? Dans l'incapacité de se fier à ses sens, à ses émotions ou même à ses souvenirs, mais armée d'une volonté farouche, Alex livre bataille contre sa schizophrénie. Grâce à son appareil photo, à une Boule Magique Numéro 8 et au soutien indéfectible de sa petite sœur, elle est bien décidée à rester saine d'esprit suffisamment longtemps pour aller à l'université. Plutôt optimiste quant au résultat, Alex croise la route de Miles, qu'elle était persuadée d'avoir imaginé de toutes pièces... Avant même qu'elle s'en rende compte, voilà que la jeune femme se fait des amis, va à des soirées, tombe amoureuse et goûte à tous les rites de passage de l'adolescence. Mais alors, comment faire la différence entre les tourments du passage à l'âge adulte et les affres de la maladie ? Tellement habituée à la folie, Alex n'est pas tout à fait prête à affronter la normalité. Jusqu'où peut-elle se faire confiance ? Et nous, jusqu'où pouvons-nous la croire ?

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Ce roman me faisait déjà très envie avant qu'il ne soit traduit en français, mais avec sa parution chez Robert Laffont, les avis enthousiastes et terriblement tentateurs se sont multipliés sur la blogo... Je me serais probablement damnée pour l'acheter, si le Père Noël, dans son immense générosité, ne me l'avait pas apporté. À partir de là, je n'ai pas attendu longtemps avant de me rester sur ce livre.
Et.
Seigneur.
Ce.
Roman.

Dès les premières pages, on est immergé dans l'esprit d'Alex, atteinte de schizophrénie et de paranoïa. Elle ne peut s'empêcher de vérifier que sa nourriture n'est pas empoisonnée, de faire des contrôles de périmètre pour s'assurer qu'elle ne risque pas de se faire enlever par des communistes, de prendre en photo tout ce qui l'entoure pour être certaine que ce qu'elle voit n'est pas un pour produit de son imagination. Alex n'aspire qu'à mener une vie normale, à intégrer une université, à se faire oublier. On s'attache très rapidement à elle, et on se surprend à ressentir les mêmes émotions qu'elle, à vivre sa schizophrénie avec elle.

Avec ce roman, on a un aperçu court mais intense de ce que signifie vivre en étant schizophrène. Tout au long de sa lecture, on ne peut se fier  rien, n'importe qui ou n'importe quoi ne peut être qu'un simple hallucination. La frontière entre la réalité et l'imaginaire se brouille, on n'arrive plus à démêler le vrai du faux. On n'est jamais serein, il n'y a pas une seconde de répit. Et c'est absolument terrifiant.

Le roman prend de l'ampleur au fur et à mesure de l'avancée de l'intrigue. Alex est de plus en plus touchante, son histoire de plus en plus captivante, ses hallucinations de plus en plus présentes... Les 150 pages sont d'une intensité remarquable ! On va de rebondissement en rebondissement, les révélations et autres coups de théâtre s'enchaînent... J'étais incapable de deviner le fin mot de l'histoire, et j'ai été extrêmement surprise par certains éléments du dénouement. Et mon pauvre petit cœur de fleur bleue a été tout ému par les dernières pages...

La romance, qui est très présente dans Je t'ai rêvé, m'a beaucoup plu. Elle apportait de la douceur, qui contrebalançait parfaitement les thèmes très durs abordés par l'auteure... Et cela donne un roman tout simplement bouleversant. Cette histoire d'amour était tout sauf mièvre, mielleuse, au contraire, elle m'a semblé authentique, imprévisible, passionnée. Je me suis surprise à être attendrie par les échanges des petits tourtereaux – qui sont d'ailleurs loin d'être de petits tourtereaux –, et à sourire d'un air béat et stupide devant leurs dialogues. 
J'aurais aimé que le thème de la schizophrénie soir encore plus présent dans ce roman, le romance prenant parfois un peu le dessus. J'estime que l'auteure aurait pu davantage mettre l'accent sur ce sujet, qui fait tout l'intérêt et la saveur du roman. Mais bon, magnanime, je pardonne Madame l'écrivain. 

En bref, une lecture perturbante et poignante sur un thème rarement abordé en YA. J'ai beaucoup ri, j'ai été séduite par Alex, et j'ai été étonnamment émue. À découvrir absolument !

Un seul petit point noir : j'en veux encore ! Je me sens presque sur ma faim, j'ai été tellement touchée par le thème de la schizophrénie que je serais prête à lire 500 pages de plus. Enfin, quand même pas. Mais presque. 

Et cette couverture fait un bien fou à mes petits yeux de taupe aveugle, argument non négligeable. 

Note attribuée : 9/10


lundi 28 décembre 2015

Le Dernier Royaume de Morgan Rhodes — Chronique n°156


"La magie trouvera les cœurs purs, même lorsque tout semble perdu. Et l'amour est la plus grande magie de tout."

Titre : Le Dernier Royaume
Auteur : Morgan Rhodes
Genre : Fantasy
Éditions : Michel Lafon
Résumé : Après des siècles de paix, une rumeur de guerre enfle entre les trois royaumes d'Auranos, de Paelsia et de Limeros. Au centre de ce conflit naissant, un funeste souvenir : une sombre magie oubliée, sur le point de s'éveiller de nouveau. Pour la maîtriser, tous les coups sont permis et seuls les plus forts ou les plus rusés, s'en sortiront.

Malgré ce climat inquiétant, Cléo, la princesse gâtée d'Auranos, a une mission plus urgente : trouver le remède pour sauver sa soeur qui se meurt lentement. Défiant les ordres de son père, elle s'enfuit en secret dans le royaume voisin de Paelsia à la recherche d'un ancien charme, que certains croient être seulement une légende... Le destin mettra sur son chemin Magnus, le terrible prince de Limeros, Jonas, un Paelsien animé d'une puissante soif de vengeance, ainsi que Lucia, une élue aux pouvoirs enchanteurs. Entre trahisons, tractations et batailles, les quatre jeunes gens verront leurs vies inéluctablement liées. Car si la magie qui refait surface est leur unique leur d'espoir, elle peut aussi devenir l'arme de leur destruction. Des trois royaumes, un seul survivra à cet affrontement inéluctable.


J’avais déjà lu ce roman il y a assez longtemps, et j’en gardais un excellent souvenir. Possédant les deux tomes suivants, j’ai récemment voulu poursuivre ma découverte de la saga, mais ma mémoire défaillante ne me le permettait pas vraiment. Et puis, le relire fournissait un bon prétexte pour vous en parler. Je me suis donc replongée avec délices dans ce roman, qui me plaît toujours autant !

Le Dernier Royaume regroupe un grand nombre des éléments que j’aime retrouver dans un roman de fantasy... Un univers intéressant, à la mythologie bien trouvée et développée. Des personnages complexes et ambigus. Une histoire bien ficelée, qui démarre doucement mais sûrement, et dont le rythme s’intensifie de plus en plus jusqu’à un final brutal et prometteur qui annonce de belles choses pour la suite.

Les personnages, très nombreux, m'ont pour la plupart beaucoup séduite – et ils sont répertoriés au début du roman, ce qui est un don du Ciel pour nos petits cerveaux de poissons rouges.
Chacun apporte sa contribution à l’intrigue, et participe à la rendre plus riche encore. Leurs personnalités sont diverses et variées, toujours parlantes, et jamais manichéennes. Rien n’est tout blanc ou tout noir, tout le monde trempe dans des affaires pas très catholiques sans pour autant être pourri jusqu’au trognon...
Enfin, c'est surtout valable pour les personnages principaux. Certaines figures, plus secondaires, sont légèrement plus stéréotypées... mais je n'ai pas été plus agacée que cela.

L'histoire ne déborde pas d'originalité, mais je la trouve vraiment captivante. L'écriture de l'auteur, quoiqu'un peu simple parfois, reste très fluide et entraînante, les coups de théâtre sont nombreux, les décors variés... C'est un roman qui nous emporte sans difficulté...

J’ai cependant quelques réserves mineures – rien de trop dérangeant, rassurez-vous. Je pense par exemple à une certaine romance, pas vraiment nécessaire, qui m’a donné l’impression de surgir de nulle part, et de passer de l’état de « c’est vrai que ce spécimen masculin est plutôt appétissant » à « mon Dieu je brûle de toute mon âme pour lui, ma vie n’a de sens que lorsque je suis à ses côtés, c’est mon âme sœur ». Enfin, la magie du coup de foudre…

En bref, un roman de fantasy très agréable, pas transcendant non plus, mais très agréable. Le Dernier Royaume est captivant de la première à la dernière page, et comporte de multiples rebondissements. L’auteur pose des bases solides, tout en surprenant régulièrement son lecteur, et le tout fonctionne très bien. Le fait que ce livre soit très facile à lire n’empêche en rien une certaine noirceur, tant au niveau des personnages que de l’histoire. Ce roman reste assez jeunesse, mais il n'est pas non plus enfantin. On sent bien que les tomes suivants – au nombre de 5 si je ne m’abuse – seront encore plus ténébreux, et plongeront les personnages dans des conflits absolument passionnants !

Note attribuée : 8/10  

samedi 26 décembre 2015

Endgame tome 1 – L'Appel de James Frey — Chronique n°155


Titre : Endgame, tome 1 — L'Appel
Auteurs : James Frey et Nils Johnson-Shelton
Éditions : Gallimard Jeunesse
Résumé : Douze jeunes élus, issus de peuples anciens. L'humanité tout entière descend de leurs lignées, choisies il y a des milliers d'années. Ils sont héritiers de la Terre. Pour la sauver, ils doivent se battre, résoudre la Grande Énigme. 
L'un d'eux doit y parvenir, ou bien nous sommes tous perdus. Ils ne possèdent pas de pouvoirs magiques. Ils ne sont pas immortels. Traîtrise, courage, amitié, chacun suivra son propre chemin, selon sa personnalité, ses intuitions et ses traditions.
Endgame n'a ni règles ni limites.
Il n'y aura qu'un seul vainqueur.

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J'ai entendu beaucoup de choses diverses et variées à propos de ce roman. Des envolées lyriques louant sa richesse. Des critiques bien plus sévères. Face à toutes ces réactions intenses, je comptais bien me faire mon propre avis, et j'ai fini par emprunter Endgame à la bibliothèque.

Et je n'ai pas aimé. 
Du tout.

Je le confesse : je n'ai pas réussi à terminer Endgame. J'ai tout donné, pourtant. Je me suis forcée, j'ai espéré accrocher enfin. Mais j'ai échoué, et j'ai lâché prise à la moitié du roman.
*violons*

Ce roman me faisait extrêmement envie, de l'extérieur : il a fait beaucoup de bruit au moment de sa parution, son résumé me semblait prometteur, mais bien plus important, sa couverture brillait. Les avis que j'avais lus étaient globalement positifs, et j'étais pratiquement certaine d'apprécier cette lecture. Et pourtant...

Je n'ai tout simplement pas saisi l'intérêt de l'histoire, du jeu Endgame en lui-même. Après 250 pages de lecture, je ne ressentais à vrai dire que de l'ennui : l'action met des pages et des pages à démarrer, je n'ai rien compris dans les 100 premières pages... L'intrigue était beaucoup trop obscure, et pas vraiment palpitante – le concept du jeu dont les candidats doivent s'entretuer pour la victoire ne me paraissait pas follement original. Même le titre ressemble beaucoup à Hunger Games, pour ne pas le citer, quelle coïncidence !
Les seuls passages qui ont éveillé mon attention étaient les nombreuses petites scènes gores, que l'on peut trouver à intervalles réguliers, avec moult descriptions et détails sanglants qui font plaisir.

Les personnages étaient bien trop nombreux pour que mon petit cerveau diminué de blonde les retienne, et je ne les ai d'ailleurs pas trouvé exceptionnellement attachants – comprendre par là qu'ils m'ont semblé fades et agaçants. On s'attarde des pages et des pages sur certains, alors qu'on ignore tout des autres candidats. On n'a pas suffisamment de temps pour commencer à éprouver un tant soit peu d'affection à l'égard de l'un ou l'autre – de toute façon, ce sont pratiquement tous des brutes épaisses

Un roman assez étrange, trop complexe à mes yeux, avec des personnages trop nombreux et inégalement exploités, et une intrigue tout sauf séduisante. Le rythme est saccadé, parfois extrêmement rapide avec des scènes de bataille au cours desquelles je n'arrivais même plus à suivre l'action, mais également avec des passages beaucoup plus lents... La mythologie et les énigmes mises en œuvre m'ont paru insuffisamment expliquées, pas vraiment séduisantes. En bref, vous l'aurez compris, je suis pour le moins mitigée... Bon, peut-être que la deuxième moitié du roman m'aurait plus plu, malheureusement je ne m'en sentais pas capable – et mon emprunt à la bibliothèque expirait, après trois semaines d'acharnement.

Note attribuée : 2/10 : pardon, petit livre. Je suis sûre que beaucoup d'autres personnes t'ont apprécié. Malheureusement, entre toi et moi, ça ne colle pas. Je sais cependant que ce roman  a plu à beaucoup d'autres lecteurs, alors ne vous découragez pas forcément...

mercredi 23 décembre 2015

Les 100 de Kass Morgan — Chronique n°154


Titre : Les 100
Auteure : Kass Morgan
Genre : Post-apocalyptique | Science-fiction
Éditions : Robert Laffont (collection R)
Nombre de pages : 364
Résumé : 
Depuis des siècles, plus personne n'a posé le pied sur terre. Le compte a rebours a commencé...
2:48... 2:47... 2:46...
Ils sont 100, tous mineurs, tous accusés de crimes passibles de la peine de mort.
1:32...1:31... 1:30...
Après des centaines d'années d'exil dans l'espace, le Conseil leur accorde une seconde chance qu'ils n'ont pas le droit de refuser : retourner sur Terre.
0:45... 0:44... 0:43...
Seulement, là-bas, l'atmosphère est toujours potentiellement radioactive et à peine débarqués les 100 risquent de mourir.
0:03... 0:02... 0:01...
Amours, haines, secrets enfouis et trahisons. Comment se racheter une conduite quand on n'a plus que quelques heures à vivre ?

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Je connais de nombreuses personnes qui ne jurent que par la série The Hundred, et à chaque fois qu'un nouvel épisode sortait, cela suscitait un émoi indescriptible chez ces connaissances. À force d'entendre du bien de cette saga, j'ai eu envie de me plonger dans cette histoire à mon tour, en commençant par les romans. Et force est d'avouer que je suis déçue...

Le premier tome des 100 m'a tout simplement semblé être une longue introduction. L'auteure présente les personnages, met 350 pages à bien vouloir expliquer ce qu'il leur est arrivé pour qu'ils se retrouvent en prison, nous raconte que Bidule aime Machin mais qu'il l'a trahi à cause de Trucmuche, en évoquant toutes les 10 pages le fait qu'ils se trouvent éventuellement sur une planète abandonnée depuis trois siècles. 
Et encore, un grand nombre de questions restent en suspens. Que s'est-il passé pour que l'humanité soit contrainte à quitter la Terre ? Comment ont-ils fait, comment leur système politique est-il né, comment fonctionnent les "vaisseaux" dans lesquels ils se trouvent et dont on ne sait rien ? 

Ce qui m'a sans doute le plus déçue est le fait que cette histoire dégouline de romances. Au détriment de l'intrigue de science-fiction en elle-même. 
La plupart du livre est donc consacrée à décrire les émois amoureux de plusieurs jeunes gens, plus préoccupés par les sentiments de Bidule à leur égard que par leur survie sur une planète à l'atmosphère potentiellement mortelle ou sur un vaisseau qui commence à sérieusement se dégrader. Inutile de dire que ces histoires d'amour sont d'un intérêt fascinant, et absolument pas prévisibles. De plus, les personnages restent creux et sans relief... À vrai dire, ils auraient pu mourir, je n'en aurais pas été particulièrement affectée...
Je sais, je suis un monstre sans cœur.

Les 100 se lit très rapidement, mais il laisse un peu son lecteur sur sa faim. La véritable action ne démarre que dans les 50 dernières pages, et c'est vraiment dommage... Ce roman aurait pu être très bon, voire excellent si seulement il avait été aussi efficace que ces derniers chapitres. Malheureusement, son potentiel n'est pas assez exploité, le début est trop lent et s'étale sur des pages et des pages, l'action est molle, la fin survient brutalement au moment où cela commençait à être intéressant...
Instant grammaire du jour : j'ai par ailleurs trouvé des coquilles – "en temps que" à la place de "en tant que", par exemple... –, et l'écriture m'a paru un peu simple, presque pauvre...
Disons que pour l'instant, ça va encore. Mais si l'intrigue reste aussi pauvre et prévisible par la suite, je vais avoir plus de mal...

Note attribuée : 5/10 : un roman de science-fiction distrayant, mais pas assez convaincant. Ce n'est pas vraiment la panacée, pour ainsi dire. Une trame trop classique, une action absente, supplantée par des romances pas vraiment dignes d'intérêt. 
Je pense lire la suite – même si ce n'est pas une priorité –, pour que cette introduction prenne sens, en espérant que l'auteure parvienne à insuffler plus de dynamisme et d'originalité à sa saga – qui est loin d'être foncièrement mauvaise, évidemment, mais dont tout le potentiel n'est pour l'instant pas suffisamment exploité à mes yeux. 

lundi 21 décembre 2015

Zodiaque de Romina Russell — Chronique n°153

Titre : Zodiaque
Auteure : Romina Russell
Éditions : Michel Lafon
Genre : Fantasy | Science-Fiction
Nombre de pages : 464
Résumé : Sur la planète du Cancer, comme dans le reste de la constellation du Zodiaque, l'astrologie régit la vie quotidienne. Pas de place pour les imprévus, et encore moins pour une catastrophe. Pourtant, Rhoma, jeune étudiante Zodaï, est hantée par de terribles visions. Personne ne la croit mais l'impensable se produit brutalement : une des lunes du Cancer explose. Raz-de-marée, pluies de météorites, tout l'univers de la jeune fille est plongé dans le chaos. Aidée de son mentor, le flegmatique Mathias, et d'Hysan, l'excentrique émissaire du signe de la Balance, Rhoma se lance alors dans une course contre la montre au travers de la galaxie pour prévenir les autres civilisations de la menace ancestrale qui plane sur elles. Car les douze signes du zodiaque étaient à l'origine treize... et, dans l'ombre, le dernier attend son heure. Celle de la destruction.

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Vous l'ignorez sans doute, mais je nourris une affection profonde pour l'astrologie – disons que je n'y crois pas, mais que j'adore tout de même me renseigner sur le sujet... au quatorzième degré, hein. Pas d'inquiétude à propos de ma santé mentale. Je ne pense pas sincèrement que cela soit vrai. Quoique...

Bref, lorsque j'ai découvert qu'un roman consacré à ce sujet passionnant allait sortir chez Michel Lafon, j'ai eu du mal à contenir ma joie, et il ne m'a pas fallu longtemps pour foncer l'acheter. Je l'ai commencé il y a deux jours, et le moins que l'on puisse dire, c'est que mes attentes sont comblées !

Je suis absolument conquise par l'univers créé par l'auteure, captivant dès les premières pages, et décrit et enrichi tout au long du roman. L'idée de départ, à savoir faire vivre des humains dans chaque constellation du Zodiaque, est très originale, et l'auteure l'exploite à la perfection. Il s'agit à mes yeux de la vraie force du roman : même lors des passages plus lents, notre intérêt reste constant, parce qu'on ne cesse d'en apprendre plus sur les personnalités des habitants de chaque signe, sur leurs différents modes de vie... À aucun moment cette mythologie ne m'a paru lourde, trop dense, au contraire, elle m'a fascinée de bout en bout !
Je suis en revanche extrêmement déçue sur un point. Mon signe est le moins exploité de tous. POURQUOI ? Qu'ont fait les Lion pour déplaire à Madame Russell ? J'espère qu'ils seront plus développés par la suite. Sinon, je me fâche.

L'intrigue en elle-même m'a paru bien trouvée, même s'il m'a fallu une cinquantaine de pages pour accrocher complètement. Je n'ai pas ressenti de longueurs particulières, ce qui est assez remarquable en pratiquement 500 pages. Même si l'auteure utilise des schémas en apparence assez classiques, elle parvient à surprendre son lecteur et à nourrir son intérêt pour le sort des personnages.

J'ai apprécié les personnages, sans pour autant leur vouer un culte. Rhoma, l'héroïne, m'a séduite par sa personnalité et ses qualités, mais je n'étais pas non plus incroyablement concernée par son sort. Et puis, il y avait également LA CHOSE.
LA CHOSE, c'est le triangle amoureux.
J'honnis les triangles amoureux.
J'exècre les triangles amoureux.
J'abhorre les triangles amoureux.
Je les vomis, je les méprise, je les rejette, je les hais, je les dénonce. Ces configurations ont été vues et revues, exploitées à l'envi et à l'excès, et n'apportent plus grand-chose à un roman. 
Cependant, je dois préciser que dans ce cas précis, le triangle amoureux n'était pas trop envahissant. Cela restait raisonnable, et je n'ai pas été trop agacée, même si je n'étais pas non plus ravie. Les personnages avaient leurs petits problèmes sentimentaux, mais ils les faisaient tout de même passer après le véritable enjeu de l'histoire, à savoir la potentielle destruction du Zodiaque, et j'approuve cela.

Je déplore par ailleurs une traduction parfois un peu trop familière, avec quelques coquilles qui m'ont modérément fait saigner les yeux... J'avoue que j'ai un peu de mal avec les "ça", les "qu'on" au lieu de "que l'on", les "qu'est-ce qui s'est passé" au lieu de "qu'est-ce qu'il s'est passé", les "censé" au lieu de "sensé" et vice-versa, que j'ai pu trouver entre autres... J'admets être sans doute trop exigeante, mais cela ne me paraît pas nécessiter un effort surhumain... Et ce n'est pas parce qu'il s'agit de littérature jeunesse qu'il faut forcément faire moins attention au registre de langage ou à l'orthographe !
Bref, c'était mon instant "prof de français obsédée par la grammaire" du jour.

Enfin, un petit détail, je n'aurais pas été contre un petit tableau récapitulatif des termes techniques créés par l'auteure, des différentes caractéristiques de chaque signe, du nom du Gardien de chaque constellation... Lorsque, comme moi, on lit à des heures indécentes, il peut être fort appréciable de s'appuyer sur un petit aide-mémoire, lorsque la mémoire commence à faire défaut...

En bref, un roman passionnant qui m'a fait passer d'excellents moments de lecture ! Je vous le recommande vivement si vous souhaitez un peu d'évasion et de détente... Une mythologie purement géniale, une intrigue bien construite et toujours efficace, des rebondissements surprenants, qui ont réussi à me faire – pratiquement – oublier quelques petits défauts... 
J'approuve !
Note attribuée : 8,5/10

mercredi 16 décembre 2015

La Passe-Miroir tome 2 – Les Disparus du Clairdelune de Christelle Dabos — Chronique n°152

"Le passé n'était pas toujours beau à regarder, mais les erreurs des personnes qui l'avaient précédée sur Terre étaient aussi devenues les siennes. Si Ophélie avait retenu une chose dans la vie, c'était que les erreurs étaient indispensables pour se construire."

Titre : La Passe-Miroir tome 2 — Les Disparus du Clairdelune 
Auteure : Christelle Dabos
Genre : Fantasy
Éditions : Gallimard Jeunesse
Nombre de pages : 527
Résumé : Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

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Chronique exempte de spoilers ! Bisous, Tante Capucine.

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J'avais eu un coup de cœur intergalactique pour le premier tome de cette merveilleuse saga, et j'attendais depuis un an maintenant de pouvoir lire la suite. Je n'ai donc pas attendu très longtemps avant de me jeter sur le deuxième tome, je l'ai dévoré dans la foulée... et je n'ai qu'une seule chose à dire : *hurlements hystériques*

J'avoue qu'en ouvrant Les Disparus du Clairdelune, je ne me souvenais pour ainsi dire de rien – si ce n'est le fait que l'héroïne s'appelait Ophélie, qu'elle possédait des pouvoirs magiques géniaux, et qu'elle devait absolument finir en couple avec un certain Thorn – si toutefois un tel scénario ne se produisait pas, je prévoyais d'intenter un procès à l'auteure.
Alors quelle ne fut pas ma joie lorsque j'ai découvert le résumé que l'auteure avait ajouté... 

Il ne m'a fallu que quelques pages pour rentrer dans l'histoire, avec autant – voire plus — de passion que pour le premier tome. Tout m'est revenu en mémoire très rapidement, et j'ai éprouvé un grand plaisir à retrouver les personnages qui m'avaient tant plu il y a un an – Thooooooorn !

L'écriture de l'auteure est tout aussi remarquable qu'auparavant, elle me semble même encore plus entraînante et efficace. Les pages se tournent à une vitesse assez inouïe, et je ne me suis pas ennuyée un seul instant, ce qui est assez prodigieux au vu de la taille de ce pavé. Je suis encore impressionnée par l'inventivité de Christelle Dabos, je n'avais vraiment jamais rien lu de pareil... 

Un second tome largement à la hauteur de son prédécesseur, plus intense, plus sombre, plus profond. On comprend de nouveaux enjeux, on découvre de nouvelles personnalités, on s'attache encore plus aux anciennes, on se passionne pour le sort d'Ophélie, on rit, on frissonne... Vous avez trouvé votre cadeau de Noël idéal !
Ces romans sont tout simplement mon idéal livresque, alliant une intrigue efficace à des personnages complexes, tout sauf manichéens, et à un univers purement génial. La seule chose que je pourrais reprocher à ce roman est son poids, si difficile à supporter pour mes petits bras malingres. Mais à part cela...

Note attribuée : 10/10 : comment pourrait-il en être autrement ? Un coup de cœur encore plus affirmé que pour le premier tome ! 

L'attente du tome 3 commence. Elle sera longue, pénible, source de souffrances morales et physiques. Mais peu importe.

Pour terminer, voici un fait amusant à propos de ce roman : j'ai découvert que ma prof de latin, une vénérable personne qui enseigne les Lettres, le Latin et le Grec ancien, était également une inconditionnelle de ce roman. Que vous faut-il de plus pour le commencer ?

mardi 15 décembre 2015

Z le roman de Zelda de Therese Anne Folwer — Chronique n°151

"Quand vas-tu devenir un homme qui mérite d'être ma priorité ?"

« — Je sais que tu apprécies beaucoup sa compagnie, mais peut-être n’est-il pas l’homme de ta vie.
            — J’aimerais bien qu’il ne le soit pas, mais je crains que si, soupirai-je en pensant à quel point je me sentirais mieux si Tilde avait raison, à quel point ma vie en serait simplifiée. »


Titre : Z le roman de Zelda
Auteure : Therese Anne Fowler
Genre : Biographie
Éditions : Pocket
Nombre de pages : 552
Résumé : Elle a 17 ans, c’est une belle du Sud, petite dernière d’une famille bourgeoise de Montgomery, exubérante et fantasque. Quand elle le rencontre lors d’un bal, il a 21 ans, porte l’uniforme et veut vivre de sa plume. Bravant les conventions, elle part l’épouser à New York, quelques jours après la sortie de son premier roman, L’Envers du paradis. Le livre est un immense succès, et les deux amoureux deviennent instantanément célèbres, propulsés dans un tourbillon de fêtes effrénées entre Long Island, Paris et la Riviera française. Elle, c’est Zelda ; lui, c’est Scott : ils viennent d’entrer dans la légende.
Mais l’insouciance de la vie mondaine, les dépenses folles et les flots de champagne détruisent l’harmonie du couple. Tandis que Scott sombre dans l’alcoolisme, la délaisse et l’accuse de tous les maux, Zelda lutte corps et âme pour exister. Écriture, peinture, danse, elle cherchera éperdument son identité jusqu’à en perdre la raison, et disparaîtra de façon tragique dans l’incendie de son dernier asile. Toute sa vie, elle sera restée dans l’ombre de l’homme qu’elle a aimé à la folie. Ce roman lui rend enfin sa voix.

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Je suis en Première, et j'ai par conséquent droit aux réjouissances des TPE – rien que de vous en parler, cela me met dans tous mes états. Que de bonheur.
J'ai choisi de faire le mien sur le couple des Fitzgerald... et j'ai donc logiquement fini par lire quelques biographies ! Je tenais à vous parler de celle-ci, qui m'a énormément plu...

Tout d'abord, quelques petites précisions : Scott et Zelda Fitzgerald, au cas où vous ne les connaîtriez pas, ont été un couple d'écrivains légendaires lors des années folles, en Amérique comme en Europe. S'ils sont connus pour leurs œuvres, surtout Scott, avec Gatsby le Magnifique par exemple, ils ont également beaucoup fait parler d'eux pour leurs frasques et leur goût de la fête, de l'excès... Le couple était du genre passionné et sanguin, et rapidement... tout a dégénéré. Tous deux ont connu un destin tragique, l'une sombrant dans la folie, l'autre dans l'alcool. Il est mort d'un arrêt cardiaque prématuré, elle est décédée piégée dans un bâtiment en feu.
Ambiance.
Oui, on sent l'experte qui parle. En même temps, je commence à bien les connaître, ces deux petits, je me gave d'informations sur eux depuis trois mois.

J'ai rapidement porté mon choix sur cette biographie, en ayant entendu énormément de bien. Et je ne suis absolument pas déçue ! Je me suis totalement laissé embarquer, oubliant dès les premières pages qu'il s'agissait d'une lecture "pour le lycée", aspirée par le destin passionnant de Zelda. 

L'auteure a choisi de se placer du point de vue de Zelda, quitte à basculer de temps en temps dans la fiction — notamment pour les scènes dans l'intimité du couple, qui sont souvent inventées ou partiellement reconstituées à partir de la correspondance des Fitzgerald. J'ai apprécié Zelda dès les premiers chapitres, malgré ses défauts, et cette affection n'a fait que croître tout au long de ma lecture.
Les personnages sont tous très convaincants, et ils ne peuvent laisser indifférent. Scott est sans doute légèrement diabolisé, mais je trouve le rendu final assez juste et plausible. 
Z le roman de Zelda reste extrêmement efficace et prenant ! Les sentiments de Zelda sont bruts, explosifs, exprimés à la perfection. La plume de l'auteure est fluide, entraînante, on ne s'ennuie pas un seul instant. On est plongé dans l'ambiance de cette époque, et on vibre pour ce couple, redoutant leur descente aux enfers...

Enfin, j'ai énormément apprécié tous les petits détails que l'on peut trouver à propos de cette époque, les tendances, les façons de penser... Un vrai régal pour moi qui suis fascinée par ces "Roaring Twenties" ! J'ai été captivée par les descriptions de l'Amérique ou du Paris des années folles, de leurs habitants, et j'ai été assez hérissée par les opinions de certains  personnages qui estiment que le rôle de la femme est limité à cuisiner et à faire le ménage !

Note attribuée : 8,5/10 : une biographie intense, parfois dure, mais toujours touchante, qui se dévore en un rien de temps malgré son épaisseur, et que je vous conseille très vivement si vous appréciez la période des années 20 ! Une excellente occasion de découvrir un couple complexe et tumultueux, une expérience qui ne pourra que vous ravir – peut-être pas au point de faire un TPE sur eux, mais sait-on jamais...

lundi 14 décembre 2015

C'est Lundi, que lisez-vous ? [20]


C'est Lundi, que lisez-vous ?

Rendez-vous créé par Mallou qui s'est inspirée de It's Monday, what are you reading ? de One Person's Journey Through a World of Books. Le récapitulatif des liens se fait sur le blog de Galleane

Ce que j'ai lu la semaine dernière...

La semaine dernière a été beaucoup plus intense que prévu – comprendre : ça a été un cataclysme. J'ai malgré tout trouvé le temps de terminer deux romans, ce qui n'est plutôt pas mal du tout :
Z le Roman de Zelda de Therese Anne Fowler : une biographie de Zelda Fitzgerald, lue dans le cadre de mon TPE – ô joie –, que j'ai absolument adorée ! Je vous en reparle bientôt...
Magonia de Maria Dahvana Headley : un univers vraiment original, une écriture incroyablement poétique, des personnages attachants... Un petit bijou à découvrir absolument si vous lisez en VO ! 

Ce que je suis en train de lire...
Les Disparus du Clairdelune de Christelle Dabos : malgré mon amour pour ce roman, je n'ai pas pu beaucoup avancer en début de semaine... mais je me suis rattrapée ce week-end, et il ne me reste qu'une trentaine de pages. Le coup de cœur se confirme !
Titus n'aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulai : un livre dont on m'a beaucoup parlé et que j'apprécie beaucoup pour le moment ! Il s'agit d'une biographie très vivante et réussie de Racine, sur fond d'une réécriture de sa tragédie Bérénice – je sais, dans ma bouche, ça fait fouillis, mais c'est très intelligent en réalité.

Ce que je compte lire ensuite...
The Revolution of Ivy d'Amy Engel : j'ai voulu le lire cette semaine, mais je n'en ai pas trouvé le temps... alors j'ai remis ma lecture à plus tard – la procrastination est ma spécialité. 
Mais ce n'est pas l'envie de commencer cette suite qui manque !
Zodiaque de Romina Russell : je vous en ai déjà parlé la semaine dernière, mais je n'ai pas encore pu le commencer... Il me fait pourtant tellement envie, moi qui suis mordue d'astrologie – et qui l'assume. Presque.


Je vous souhaite une excellente semaine !

samedi 12 décembre 2015

Magonia de Maria Dahvana Headley— Chronique n°150

“I'm dark matter. The universe inside of me is full of something, and science can't even shine a light on it. I feel like I'm mostly made of mysteries.” 

“Looping. Some days are so dark I can't see anything but a miserable fog of number after number, word after word, clouds of verbs and nouns and none of them the ones that will make time go backward.” 

“I know everyone has dreams of flying, but this isn’t a dream of flying. It’s a dream of floating, and the ocean is not water but wind.
I call it a dream, but it feels realer than my life.” 

Titre : Magonia
Auteure : Maria Dahvana Headley
Genre : Fantasy | Fantastique | Contemporain
Éditions : HarperCollins
Résumé : Aza Ray is drowning in thin air. 

Since she was a baby, Aza has suffered from a mysterious lung disease that makes it ever harder for her to breathe, to speak—to live. 
So when Aza catches a glimpse of a ship in the sky, her family chalks it up to a cruel side effect of her medication. But Aza doesn't think this is a hallucination. She can hear someone on the ship calling her name.
Only her best friend, Jason, listens. Jason, who’s always been there. Jason, for whom she might have more-than-friendly feelings. But before Aza can consider that thrilling idea, something goes terribly wrong. Aza is lost to our world—and found, by another. Magonia. 
Above the clouds, in a land of trading ships, Aza is not the weak and dying thing she was. In Magonia, she can breathe for the first time. Better, she has immense power—and as she navigates her new life, she discovers that war is coming. Magonia and Earth are on the cusp of a reckoning. And in Aza’s hands lies the fate of the whole of humanity—including the boy who loves her. Where do her loyalties lie?


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Depuis toujours, Aza souffre d'une mystérieuse maladie des poumons, à cause de laquelle il lui est impossible de respirer normalement, de parler – de vivre.
Mais un jour, Aza commence à avoir des visions d'un bateau dans le ciel. Sa famille met cela sur le compte d'un effet secondaire de son traitement. Mais Aza ne pense pas qu'il s'agisse d'une hallucination. Elle entend véritablement quelqu'un sur ce bateau l'appeler par son nom.

Seul son meilleur ami, Jason, l'écoute. Jason, qui a toujours été là pour elle. Jason, pour qui il se pourrait qu'elle ressente autre chose que de l'amitié. Mais avant même qu'Aza puisse envisager cette idée si excitante, quelque chose déraille. Aza est arrachée à notre monde – et se retrouve dans un autre. Magonia.

Au-dessus des nuages, dans un univers de navires de commerce, Aza n'est plus la chose faible et mourant qu'elle avait l'habitude d'être auparavant. À Magonia, elle peut respirer, pour la première fois de sa vie. Mieux encore, elle dispose d'immenses pouvoirs – mais alors qu'elle s'habitue à sa nouvelle vie, elle découvre qu'une guerre se prépare. Magonia et la Terre sont sur le point de régler leurs comptes. Et le sort de l'humanité toute entière repose désormais entre les mains d'Aza – y compris celui du garçon qui l'aime. Où sa loyauté la conduira-t-elle ?

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Avant tout, je vous préviens. Magonia est un roman extrêmement original, à l'écriture et à l'intrigue vraiment particulières. Personnellement, comme je suis quelqu'un de très bizarre et que tout n'est pas parfaitement cohérent dans mon cerveau, je m'y suis parfaitement plu. Cependant, si vous ne lisez que des romans réalistes, si vous êtes du genre pragmatique, et que vous ne supportez pas les choses légèrement "marginales", disons, vous aurez sans doute un peu plus de mal. Pour savourer Magonia pleinement, il faut tout simplement se laisser porter.

Premièrement, prenons une minute de silence pour admirer cette couverture – qui, en plus, brille. S'il vous plaît. Comment ne pas succomber à tant de beauté ?

Ensuite, prêtez attention à ce résumé absolument alléchant. Une jeune fille atteinte d'une maladie incurable – mais sans mélodrame aucun – qui se retrouve catapultée dans un univers de fantasy complètement improbable mais pourtant vraiment fascinant ? Une histoire intelligente, portée par des personnages principaux merveilleux et des personnages secondaires à la psychologie souvent complexe et passionnante ? 
Sincèrement, que demande le peuple ?

J'avais peur d'une romance niaise, d'une description de la maladie d'Aza encore plus niaise, mais cela n'a absolument pas été le cas. Je pourrais éventuellement reprocher à ce roman deux ou trois scènes qui m'ont semblé plus confuses, mais je ne trouve pas grand-chose d'autre à redire !

J'ai eu notamment un gigantesque coup de cœur pour l'écriture de l'auteure, tout sauf conventionnelle, mais incroyablement convaincante. 
Je pense très sincèrement n'avoir jamais rien lu de pareil : cette plume déborde de poésie, d'inventivité, d'originalité. Les tournures de phrases sont assez uniques, les mots toujours touchants et justes, on a même droit à des calligrammes... 
Le tout est d'une justesse frappante, aborde des thématiques diverses et variées, et suscite de vives émotions chez son lecteur. J'ai rarement vu une telle concentration de réflexions aussi profondes dans un roman YA ! J'ai dû relever des dizaines de citations – d'ailleurs, les nombreuses personnes qui vivent dans mon cerveau se sont longtemps disputées pour n'en sélectionner  que trois. 

Il se peut que certains parmi vous soient déroutés, mais je vous garantis que l'expérience vaut le détour. Seul bémol, ce roman n'est pas traduit en français, et je ne le recommande pas si vous débutez en lecture VO, du fait justement de cette écriture si particulière. Après, je ne vous bride en rien, hein. Vivez vos rêves, faites vos choix. Je vous soutiens. Lisez-le même si vous avez peur de ne pas tout suivre – au pire, ce n'est pas grave, ce roman est tellement beau que même en comprenant un mot sur deux, vous serez envoûté. 

Note attribuée : 9,5/10 : Un roman prodigieux, débordant de créativité, que je suis vraiment heureuse d'avoir pu découvrir au fil de mes pérégrinations obscures sur Internet. Je vous le recommande chaudement, si vous êtes habitués à la lecture VO.
Faites-moi plaisir et allez lire ce livre, les enfants. J'ai besoin d'exprimer mon amour pour cet univers, ces personnages, cette plume. Allez, courez l'acheter, je ne vous retiens pas plus longtemps — j'ai déjà suffisamment déblatéré.